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Full text of "Pieces en patois bourguignon"

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PIÈCES 

EN PATOIS BOURGUIGNON 



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Justification du Tirage, 

100 exemplaires sur papier de Hollande. 
3o — — Whatman. 

20 — — Chine. 



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PIÈCES 

IN 

PATOIS BOURGUIGNON 

BXTRAITI8 

DES JOURNAUX PUBLIÉS A DIJON 

de 1801 à ce jour 

BTDONT IL N*J PAS ÉTÉ FAIT DB TIRAGB A PART 

^HÉCÉDÈBS d'un 

ÉVARTISSEMEN 

PAR 

SILDMAN 

VUtix Vt/rneron de la CéU 




JULES MARTIN, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

SUCCESSEUR d'auguste AUBRT 

iS, Rue Ségttier-S«ist-André-det-Arts, 18 

1880 



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é^hyéf 






SI.P261883 

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EVJlxnSSEV^E'H. 




NE seu qu'einprâye barôjai, ein égusou 
de paisséày ne queneussan pa gran 
chose,,, et pô vo saivé? ein mechô filôsôfle, Çà 
vo dire qu*i ne vée pa vo faire ein discor su 
l'antiquitai du patoi de Bregogne^ vo chantai 
que çà t-ein idiâme, vou bé ein diaîec : i ne le 
pourro, et laisse celai é saivan de lai Cai- 
demie. 

Ta ce qui pô vos essurai, ^a que mon peire, 
mon gran peire, mon virli gran peire on tôjo 
palai le patoi; quH le pale aitô ainsin que note 
fanne et no gaichenô, et que vrai! faimero 
meu teussai de Véà, mégé du talibô jeuqu'ai 
lai venonge, pu tôt que de me débarô^ai, Çà 
come i vo le di, 

Aipré ce qui, peu-je ti n'êtepa greigne quan 
i voi que ce langaige tan ta lé jor ai faire le 
cutemblô? On diro qu'ein chaicun ai maseîi 
honte dé le palai. 

Je me récode qu'ein aipelai Grégore, du tan 

I. 



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— 6 — 

de Robespière, vélo suprimai le patoi : aujedeU 
ça sera ben asie. 

Etpôy el a machurai po c'tu qu'écrive de tei 
maneire, que ça-Uein vrai jargon, 

L'aute dé jor, mai fanne an revenan de lai 
ville^ aipote de ché Vespicié ein vieu jonau vou 
ce qu'on palo borguignon. Jarnil qui fu ben 
éboui? cefu moi. Ce patoi lai, c'éto ein vrai 
égôton de quevéà, qu'airo fai regripai note 
bon Lai Monnoie corne si el aivo bu du jus de 
peumelle, 

Nonostan, i cueude faire plaisi es barâjai 
mes aimin en baillan tôt au Ion le patoi que se 
trâve éparpillai dan lé jonau de lai province, 
non pa depeu que le monde a monde, ma seu" 
leman depeu le disneuvieme sièque. Ma, écouté 
bel i ne recopie pa ta lé ché-d*euvre qu'on é 
déjà mi en livra. 

Ca du pignô et du gamajr, ein maulin-- 
maulâ ousque lé var freguille dan lai prose^ 
ma ce qui ne fai ran : et peu, corne di l'autre, 
vo le voiré bé. 

Le bon jor ai tôrtô, 

SILDMAN 

Vieu veigneron de lai côte. 



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CHANSON 

COMPÔséE AIN PECHÔ DEYAN LÉ VENONGK DE MIL 
VU ÇAN TRAIZB, AI l'OCASION d'UN TE DEOME 

qu'on chanti ai sain beraigne, le DAREI 
dimainche de septambre, par antoine chain* 

GENAY, VAIONERON, RUE SAIN FEULEBAR, AI 
DUON. 



Sur Tâir : Ik Ui t§mtiê€ w i$ lâigripêik. 



RETONNÉE 



fARNi 1 le bon vin bian 
De lai cornait' de lai cômaite, 
Jarni le bon vin bian 
D'iai cornait d'el y é deux an ! 




On n'on fi gar, ma c'éto bon 
L'année qu'on voyi lai cômaite 
On n'an pue pa boire ai fozon, 
Car çai fero mau ai lai tête. 
Jarni l 



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II 

No zan alon far d'ossi bon 
Quoiqu'on ne voi pa de cômaite, 
J'an boron ai moitté le cruchon 
Ta lé jor d'ôvrei et de fête. 
Jarni 1 

III 

L'hivar, an maingean dé maron, 
Je ne boron pu de piquai te, 
Le bon vin fa le bon pôusson 
Et ran moillouse lai meuraite. 
Jarni ! 

IV 

El a tan de se reposai, 
Porquei fare le diale ai quaitre ? 
Lé Russe ainsin que lé Français 
Ne son que trô sô de se baitre. 
Jarni ! 



Aipré venonge ai no fauré 
Ene poi qui sot étarnelle. 
Por céte foi on no voiré 
Su no fenêtre dé chandoille. 
Jarni ! 



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— 9 — 

VI 

On chaissero corne dé gueu 
Lé rai de caive et lo séquelle, 
Qui fouille jusqu'an no bareu 
De pô qu'in' fraudein lai gaibelle. 
Jarni ! 

VII 

On Yoiro anfin éboli 
Lés impô qui su lé veigne 
Antrée, antrepô et tranzi, 
Qui trô Ion tan no rande greigne. 
Jarni 1 

VIII 

Si tô lé Barôzai sairein 
Défandre lé droi de lai maille, 
Chécun d'iô se bôtro an train 
Po raicontai cet morvaille. 
Jarni 1 

IX 

On chantero po tô de bon 
Dé chanson éne quirielle 
An rhonneu de Naipôleon 
Qui no Tairo jar baillé belle. 
Jarni I 



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— 10 — 



Y voro bé que mai chanson 
Qui padei n'a pas mal hônaite, 
Feu gôtée come lé fliaicon 
Vou Ton é mi de lai cômaite. 

Jarni I le bon vin bian 
De lai cômaite, de Tai cômaite. 

Jarni ! le bon vin bian 
D*lai cômait' d'el y é deux an ! 



Cette chanson fut fûte à Toccasion du vin 4e la récolte de iSzi, 
dit de la Comète. Elle est de Bezard (François), prote de l'impri- 
merit de M. Defay, à Dijon. (Note de M. Duxin.) 



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AI MONSIEUR LE REDIGEU 

DE LAI GAZBTTE DE DIJON 

De Van toux, le 20 juin 1824. 

•'aivo lu dan vote Galette n* 44, que 
queicun demando si les ea de Suzon 
n'alein pas autrefois jusqu'ai Dijon : si 
el se padein dan ein gran crô dezô le melin 
d'Ahu : En quei tan celai éto ; quan et que- 
man le crô se sero fromai, po quei aiventure 
celai ai pu airivai : queman on ai pu faire an- 
nalai les ea qui covrein no chan et no prai, si 
el se son annalai to fuamman, vou si on ai fai 
des traivau, ene fosse po les emmeunai o 
chaitea de Dijon. 

Celai éto cepandan ben ai prôpo de nos en 
dire queiqjies choses. On les aivo demandai 
ez saivan du Chaitea de Dijon. Ai ne serein 
don pas b'en saivan pus qu'ai ne disent ran ? 
I croiro moi, qu'el i ai queiques choses ai nos 
épreinre. El on cepandan ben de Tesprit et de 
lai science, tô le monde le dit, ma quaque el 
i ai don qui les rebotro en arière? Ai ce qu'ai 
n'on pas trôvai celai dans lo livre? Qu'ai les 



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— 12 — 

lisein et qu'ai venein voa l'ai ? Quan el 

airon ben beuillé et épilogai ai pouron jaser, 
i le croi, i vai preinre patience, ai étendrai pen- 
dan troas an, ce quel en pouron dire : si ai ne 
disent ran du tô, i essemblerai mon aicaidémie 
d'Asneires, i me décorerai de mon béa ruchô 
et de mai belle mareneire, i no esseteron po lai 
jonée enteire, i mettrai lai maiteire en délibé- 
ration, i paleron san fointe et peu nos iron 
chez l'imprimeu potai le fon de note ôvraige 
aicaidémique : i airon du moins l'honneu 
d'évoa dit queique chose no, quan ce ne sero 
qu'ene bêtise vou ene ânerie. 

I va prie, monsieu, de botre ceci dan vos 
aivis. 

Vos obliger é vote serviteu. 

Le Présidan de l'aicaidémie d'Asneire. 



Extrait des P«tit4S Affidm de rarrondissement de Dijon du 
24 juia 1824. 



âttilfilà 



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AI MONSIEU L^IMPRIMEU 

DÉ PETIGNÔTES-AIFFICHES DE DIJON 

De Mirande, le 2 juillet 1824. 

^iN de mé drôlai revenant de lai ville ai 
épotoi lé ti9 5o et 5 1 de vo nôvelle ; et 
palein du tombéa du Druide Chindonea que 
lé virli gran peire de mon peire aivein dé- 
tàrrai, dans lai veigne dé Poussot quant ai de- 
meurein ez Argenteires. Cela m'ai b'en trai- 
caissé, i n'en ai pa pu sôpai, mes enfan on ben 
vu que j'éto greigne : i me seù couché, i n'ai 
pa dormi; i penso ai ce que Sarpillon mon 
peire m'aivo tan de foa raicontai de ce petignô 
barrô de varre et de lai piarre vou el êto ren- 
frômai; qu'an se gran peire les aivein tiré de 
tarre ai lai parfin, i me seù resovenu que mon 
peire diso quel aivo ein petignô livrô qui palo 
de celai, qu'ei caicho tojor, et qu'ai diso tenir 
de note raice de peire en fi, queman eine 
chose ben curieuse. Ai l'ai pic du jor, i me 
s'en levai de grant aprousse, i me s'en traînai 
vé le côfifre, voù on aivo jemoa vu e fon tant 
el éto rempgli de veilles cheuses qu'on n'aivo 

2 



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— 14 — 
pa remuai, depeù çant an. Ai foce de tonai et 
retonai j'ai trôvai au fin fon ein papié firomai 
aivô dé codon, el i aivo dessu, Varreire de 
Chindonea, de joa, y en ai fai ein si fort brû, 
que mes enfan an on sautai ai bas du lei, ai 
croyen que jeto fô ou possédai, ai s'on venu tô 
endormi, crian, sans ôvri l'euille. Pai, couse 
vô, i lor ai dit, i son d'antique raice ? veci no 
titres, ai se s'on piaquai contre les muraille de 
lai chambre, i me s'eù essetai dessu mon lei, 
et j'ai palai insi : 

De peu Adam ai mon peire, y on ben eu des 
gran peire, un de çeulai aivo deux gaceneu, 
ein bea jor de lai fête dé mor Tan 1 698, aiprè 
le sarvice divain, ai travaillein ai faire dé fosses 
dan lai veigne du médecin Guenebaud, è 
poussot, ai rencontrarent eine piarre taillée, 
ai sargotirent tant qu'ai Tairaichirent, croyan 
quel caicho un trésor; lai piarre s'ovrit an 
deux ai ni virent de dan qu'ene chopigne de 
varre voù ai ni aivo que des os et de carres, et 
autor- de lai piarre de l'anécrit don les laitres 
étein queman cel que le diâle baille ez sorcîé 
quant il aile au saibai ; lai po le prin, ai se 
sauvirent tô gruglian dire au moitre Guene- 
baud que le diâle êto dans sai veigne ; lu qui 
n'éto pas potron, ni épranti qui ne séponto 
pas, vint ben vite, ai fi aipotaie lai botoille et 
les piarres dan sai mâson, tô le monde airivé 



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— i5 — 

po voua lai dialerie, quan tô fu bin récuré ai 
trovi que cêto le tombea de Chindonea gran 
prête dé Druides. 

Le Roa, les^Princes, les Seigneu, les Saivans, 
velurent le voua aussi. Le moître Guenebaut 
fi ein béa livre sur Chindonea et lé Druides; 
d'autres saivans firent dé dialogues et dé chan- 
son en patoi borguignon (tel que ceu qui val 
vo dire dans le n" du jeono suivant) ai pâlirent 
de lai joa et de Tai pô de no gran peire, il lor 
on baillé ces ovraiges qui vin de vo retrovai, i 
vo prie de lé gadai autan de tan quon no les 
ai gadai po illustrai vos petignô enfan. 

De crainte que m'ai progéniture do négli- 
gence ne vin ai padre létonneman de Sarpillon 
et de Rossignet, i vo prie monsieu, de le forrai 
dans lé feuille de vo nôvelles. 

Vos obligeré V. S., 

Larrière petignô fi du Vaigneron 
Sarpillofty qui décôvri le tombea de 
Chindonea, 

Bitrait des Petites Affiches du 4 juillet 1834. 




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Dijon, 3 septembre i835. 

Monsieu le jornailisse, 

passoo Fautre dé jor au carre de lai rue 
Musette, droit vé Téglise Notre-Daime ; 
velai-ti pas qu'ai me sanne antandre ein gran 
bru. Come el y aivoo bé dé jan qui côrein su 
lai plaice, i cru d'aibor que c'étoo encor eine 
révolucion qui ailoo éclaité; i m'aipruchi 
potan d'aivantaige, tan-bé fit-i, car i eu béto 
requeugneussu que c'étoo lai faimille Jaique- 
mard qui se chaimailloo. 

I protai Foroille, et come i compran aissé bé 
lote langaige, i me seù aimusai ai grifonai ce 
qu'ai disein. I vos anvie ce grifonaige airaingé 
tôt an var, tan bé que mau. Vo pôrai, si vo 
volai, aipare au public le seujet de lote dis- 
pute. Aussi bé çai le tranquilizeroo, caar ai 
cuendoo que tô le manège ailoo jar dégrain- 
gôlai. 

Ça po moi eine bone aubaine, i ne voro ma 

fi pas lai laissé anvôlai. I seù bé ravi d'en 

profitai po vos ôfri mé civilitaî et vo dire qu'i 

seii bé. 

Vote sarviteu, 

Ein dé petio côsin du veil Chaingenai, 

L. DROUHIN. 



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DISCUSSION 

entre 

JAIQUEMARD, JAIQUÔTE SAI FANNE, ET 

JAIQUELINET l'ÔTE GAICENÔ. 



JAIQUELINET 

f A meire, i voro bé savoi 
Poquoi fare cette maichine 
Qu'on è mise ai lai tor voisine 
Et que bé dé jaa véne voi ? 
Passan po lai chaicun s'airête, 
Lève le née en rebeuillan, 
Peu s'en retone hôchan lai tète 
Aiveù Tar greigne et maucontan. 
Dans mai xaibôche i m'émagine 
Qu'au langaige de lai maichine, 
Ces monsieu n'y comprène ran, 
Et qu'ai son tô des ignoran. 
Ai me sanne que son manaige 
N'a pas fait po nos divartir, 
Ça bé po cela que j'enraige 
D'aiprare ai quoi çai peu sarvir. 

JAIQUÔTE 

Mon gaicenô su cette aifaire 
I ne sôro te satisfaire ; 

2. 



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— i8 — 

Depeù qu'i seù juchée ainsin 
I t'aissure bé mon aimin 
Qu'i n'ai pas vu chose paroille ; 
Jaiquemard d'eîne tei maryoille 
Pôro seul no dire le nom ; 
Jaiquemard l révaille te don. 

JAIQUEMARD 

Au diale fanne et gaicenô ! 
D'eu ven tô ce grand tintamare 
Paie, voyon, aivisé vô ? 

JAIQUÔTE 

Ai s'aigiro de nous aiprare 
Poquoi ce mocéà de bo 
Plaicé po lai dareire no, 
Qui tone, vire et se retone 
Et don bé du monde s'étone. 

JAIQUEMARD 

Maudi tai curiositai, 
Fanne ! si tu m'étène gare 
Qu'i ne m'ébranle po t'aiprare 
Ai veni tan me tormantai. 
Dise me voi quel aivantaige 
Vos an aire po le moman 
Quan VO sairé le nom, l'usaige 
De lai maichine ai mouveman ? 
San étodi le voisinaige 
Laissé lai se bôtre ai l'ôvraige, 
Se virai de tô les coûtai. 
Ça ne doit pas vos ocupai. 



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— 19 — 

Qu'aie ainonce par aivanture 
De lai cor lé gala bruyan ; 
Vou bé lai grande maufacture 
Dont i son encor tô tremblan, 
Ça son mètei, fezon le nôtre, 
Baiton lai cloche nuit et jor 
San nos interloquai si d'autre 
Reumine encor de mauvois tor. 
Jaiquelinet et toi Jaiquôte, 
Sôvené-vo de lai leçon, 
Et que le diale vo anpote 
Si vo négligé vote odon, 
Qu'i n'antande pu de dispute 
I vo le di, tené vo coi ; 
Si vo tadé d'eine ménute 
I ne vo répon pu de moi. 

Aipré cette menaice faite 
Jaiquôte aiveù son gaicenô 
N'ôsère pu tonai lai tête 
Ni débaillé le moinde mô. 
Depeù ce jor ai son tranquille, 
Ai baille l'heure come é fau, 
Si bé qu'on n'antan pu dan lai ville 
Que le bru de lote marteau. 



Extrait du SptcUUeur de Dijon du 4 septembre 183s. 



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ttttttttttttttttttttttttt tt 

TTTTTTTTTTTTTTT*rTTTTTTT*rT TT 



LETTRE 

AU RÉDACTEUR DE LA GAZETTE DE BOURGOGNE 
AU SUJET DE LA DISCUSSION ENTRE JAIQUE- 
MARD, JAIQUÔTE SA FANNE ET JAIQUELINET 
LOTS GAICENÔ, INSÉRÉE DANS LE SPECTATEUR 
DE DUON DU 4 SEPTEMBRE l835. 

Dijon, 9 saiptanbre i835. 



Monsieur le jornailisse, 

ai quelque chose su le ceu, ai fo qu'i 
me débonde. Vo me ferein bé plaisi si 
vos aivein lai conplaisance de bôtre dan ein 
carre de vote féille ce qu'i vai vo dire. 

Emaginé-vo, monsieu, que l'autre dé jor i 
me seù évisai de regadai ein de ce brinborion 
de paipié, ein dé jonau de lai ville de Dijon. I 
fû jar bé raivi de voi que ce drôlô de Jaique- 
mar (qui n'a pa de lai Bregogne), se bailloo le 
ton de palai tô queuman no.... Ce n'a pas 
l'anbara, i croi bé que çai ne so pa de son cru ; 
çat égal stui lai qu'ai bâclai çai n'a ma fi pa 
bête, c'étoo jôliman tapai.... Ai me sanne 
potan qu'ai né pa palai jusse.... Vêlai poquoi 
ai nos é prin l'idée de vos anvié eine rétonée 
que j'on fabriquai au carre de note feù. Ce 




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— 21 — 

n'a pa dé var^ i ne son pa si saivan. I ne no 

fason pas non pu vanitai de soti de la veille 

souche dé Chaingenai, i son tô boneman ein 

prôve barôzai. I piochon no vaigne corne 

Jaiquemar bai sai cloche. Ma çai anpoiche-ti 

de se récodai ? Neinny. El ai évu Tar de no 

ré)antai ; le tor n'a pas movois. Est-ce qu'el 

étoo payé po çai ? Chaicun son métei, qu'ai 

sanne dire ; stui-lai des autre ne vo regarde 

pal Ouai-dà, chaicun son métei; ma, faut-i 

ancor bé le fare.... Vo tô le premei, monsieu 

Jaiquemar, quan vos aite détraquai, que vo 

sônai midi ai quaitoze heure, si on ne venoo 

pa ai lai récôsse po vo raimenai dan le bon 

chemi, dise voo, ai quoi sarvioo-ti que vo 

feussein plantai lai hau aiveù tôte vote clique ? 

Faut-i don vo laissé baitre la breloque, ai tor 

ai traiva, po nos étèné mal ai prôpo? I ne 

some pa de ce calibre-lai, no.... I avon note 

tran-palai, i cuèudon bé an profitai, parce que, 

voyé-vo, monsieu Jaiquemar, ai ne s'aigi pa 

d'aitre bé hau plaicé, ansin que vo, ai fau 

ancor saivoi condure son odon. Si vo randé 

greigne lé jan qui vos on mettu lai, ai vo feron 

béto fare le cutimblô. Songé bé qu'aujodeu on 

ne se laisse pa marché su le pié... Ai fau que 

tô le monde seù contan po son arjan. I poyon 

bé, i vôlon aitre aitô be sarvi.... Vo vêlai ben 

évarti, monsieu Jaiquemar; baillé no l'heure 



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— 22 — 

queman ai fau, vou sinon Vo m'antandé, 

i ne vo di que çai.... Si vos é envi d'an aipare 
daivantaige^ vo vinré me trôvai.... 

Aivan la dareire révolucion, i m'étoo recô- 
gnai au fon de lai rue du Tillô, ma aujodeù 
que le peuple à sôverain, i mé seù bôté brai- 
veman au mîtan de lai rue Sain-Phelebar, ça 
lai qui vos aitan de pie farme. 

Le Barôzai. 



Extrait de la Gazette de Bourgogne du 14 septembre 18} $. 



* 



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LETTRE 

DE CHAINGENAY'AU RÉDACTEUR DU JOURNAL DE 
LA COTE-d'or, SUR l'aRRÊTÉ DU IfAIRE DE 
DIJON CONCERNANT l'ÉCHENILLAGE. 



A Mossieu le Rédactou. 

Dijon, yint-quaitre saiptambe i838. 

Mossieu, 

ARDi darei, m'an retonan de lai Pous- 
sônerie, mon heutte su le do, i voyi 
pHaquai conte lai muraille ein airétai du Mar 
qui, d'aipré lé odre du Porfai, ordono ein 
échenoillaige corne jaimoi de lai vie on an aivo 
vu ein pairoille. Pandan qui m'aubuso ai le 
déchifral, vequi Jan Goui, saichan déji Taifare, 
qui vin me f râpai su l'épaule. Ai me disi que 
do le maitin el aivo velu échenoillé quelque 
poiré dan son jadin, ma que lé chenoille 
(porce que le tan éto dou) étein tôte éparvôlée 
su lé feille et le Ion dé brainche ; ai me disi 
aitô que c'éto fare de lai bouyie po lé chai, et 
qu'au leu d'ein ni qu on alo ôtai, el alo an 
reveni troai, que lai moillouse dé saison por 
fare c'tôvraige lai, c'éto lé cœu de l'hivar, porce 




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— 24 — 

qu'on ne pa pô de lé voi core dan ce tan lai. 
Moi qui seu corne sain Thôma, i veli voi de 
mon coûtai si el an éto ainsin. I fu don prare 
mon crôque-chenoille, et m*an fu, dé fin pre- 
mei, côpei tô lé bou dé brainche d'ein gran 
poiré chargé de fru, vou ce daime étein sotie 
de lote foréa. Velaiti pa qu'ai mesure qui 
côpo , mé sain Gearmin degringôlein. Ma on 
di bé vrai, chaicun son métai, lé vaiche son 
bé gadée ; corne i n'aivo jaimoi fai paroil mé- 
tei devan lé venonge, i me seu éporçu que ce 
qu'i côpo resto an grante patie ante lé brainche 
et lé feille, et que dan ce qui cheuzo su tarre 
lé chenoille étein préque tôte defeu de lo ni, 
et quel étein raingée an bel odon su lé feille 
qu'ai finissein de dévourai, vou bé qu'ai fesein 
lai procession le Ion de lai brainche. J'dizo 
an mo-moime, ai vau meù poyé l'amande que 
de faire choi presque tô mé fru : potan i me 
raivizi, et me remi ai émazadé de pu belle tô 
mes aute abre, porce qu'on a moin graigne se 
baillan ein pechô de pone qu'an se laissant 
bôtre ein raiport de gade champéte qui côtero 
p'tétre pu de di fran. 

J'ôblio de vo fare ôbsarvai, mossieu le Re- 
dactou, ein poin aissanciel de mon artique : 
ça que le premei jor que j'échenoilli, i pri bé 
mé précaussion por ne pa laissé de ni, ma que, 
vu jor aipré, lé chenoille aivein fa de nôvelle 



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— 25 — 

moison pu aipré que devan, ce qui me fesi 
pansai que celai los éto ben aisille, vu qu'ai ne 
poyein poin de pote et fenêtre, et que celai ne 
lés empoicho pa di voi pu cliar que no. 

Vêlai, mossieu le Rédactou, lai pure véritai 
de tô ce qui vos ainonce su mon bou de paipié. 
Si vos le trôvé daigne d'être anvié ai vos 
aboinés, i gaige qu'ai diron tretô qui ne di 
poin de mante. 

Chaingbnay, 

Jadinié'Vaigneron, rue Sain^Feulebar. 



Extrait du J^muU iê U Cêk-é^Or da aé ttpttmbre i8)8. 






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LETTRE 

AU RÉDACTEUR DU COURRIER DE LA CÔTI-d'oR 

AU SUJET DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 

DU 26 OCTOBRE iS3g. 

Ai mossieu le Rédaiaou du Correi de lai 
Cueùte-d'O. 

Mossieu, 

Jn revenan de lai charue, i rancontri 
mon voizin Gliaudô, qui me dizi qu'on 
ailo requemançai lé élexion ; j'ii démandi de 
quo don ai s'aigisso ; ai me répondi que c'éto 
ein mossieu Tônoi qui veno d'aiceptai éne 
bêle pliaice, et que le minisse et le porfai se 
trémoussein for por qu'on renômisse ce mos- 
sieu Tônoi, vou bé que si on ne vélo pa 
seugre lote leçon, on an rebôtisse ein autre ai 
sai pliaice. J' dizi a mon veil caimairaide qu» 
de pô de me trompai, si j' saivo grifonai dé deu 
mangues, et si j'aivo lai valiçance de mette 
deu scrôtin dan le moime p6, j'an bôtro ein 
dan lai creuche po mossieu Tônoi, et ein autre 
po note bon mossieu Muteà. Potan i me santo 
puto potai po ce darrei, porce qu'ai s'éto deiji 
bé démenai por ôbteni bé dé chose ai note 




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— 27 — 

poyi, tandi qu'i me seu éporçu que le Tônoi 
n'aivo tojor que parmi ai la Seûne de côlai au 
bor de son poyi, et laissé poussai lé melon qui 
veune ampouzenai lai bone ville de Didjon et 
tô ses ailantor. I vo dire fignelle qu'on ne s'a 
pas trô balôté, et que le prôve Tônoi é été re- 
poussai de çan pique devan note veil députai, 
rhoneu de note Cueùte, et qu'el é été se 
meussai dan Fanfar ai coûtai de Lucifar. Pansai 
si an sôpan aivô tô lé électou de note bor, 
quant i fume au déssar, j'on bu dé razade et 
potai dé santai ai mossieu Muteà, ai vo, 
mossieu le Rédaictou, et ai tô ceu qui, ansin 
que vo, on prin par ai ène si bêle euvre. 

Prené, mossieu, s'ai vo pliai, quoqui n'o pa 
rhoneu* de vo bé quegneutre, vote par dé corn- 
pliman que j'ai grifonai au ba de ce paipié. 

Par ein prove laiborei, qui poye bé jeuste 
le çans po chôst ein bon députai, 

27 octobe au soi. 

Extrait da Comritr dt la CéU-d'Or du 29 octobre 1839. 



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LETTRES 

AU RiDACTEUR DU JOURNAL DE LA CÔTE-d'oR 

AU SUJET DE l'ouverture DE LA 

PORTE AU FERMEROT. 




Mossieu, 

[eu not' grand père, qu'éto qu'ment moi, 
ein bareuset de lai pote Frem'rot, nos 
avoi bé dit que Tsène, de grand-père li avoi 
contet qu'en diso d'son tems, qu'en avo passet 
po not' rue, po entret ai Dijon, et qu'cétoi 
ai c'te fin d'embarguinié leus enn' mins, qu'nos 
anciens l'aivint fremée, po repotet l'passaige 
devé lai rue Sain-Nicolas qu'éto un p'cheux 
écsctée» 

Nos anciens, qu'n'étint jar pas treu bétes, 
aivint don leus raison po n'iaissé entret dan 
lot' ville qu'po des ch'mis en manche de 
veste. 

Aujedeu, c'na pu qu'ment du tems d'jadis ; 
ché no, qu'en n'veut pu s'caiché daré lé mu- 
raille, en n's'ro entende palet que d'ch'mis 
droflg^jgacg^'bn dit qu'en pu et sont droits, 
en pu et ibnt cours, et en pu et sont qu'meudes, 
po lé gens qu'vont et qu'veunent. 



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— 29 — 

Pô dire lai vritiet, en n'sro guère en treuvet 
un pu fin droit que s'tu que vinro de la Mai- 
laidière ai lai Mair'rie, po not* rue, s'entend ; 
ma po çai et fau qu'le paissaige seu r'jabi 
qu'ment al éto d'ancien. Çai n's'ro pas l'diale 
et confessai, si nos mossieus d'iai commune 
Vlint s'y preutet un p'cheux. En dit bé qu'a 
ne sont pas po no ; qu'a ne veulent ni no voi 
ni nos entenre. I n's'ro jar l'penset; a s'ont 
p'téte bé dé z'eilles et dé z'airoilles, quand 
Tteunerre y s'ro ! 

Tout ce qui peut dire, ça qui s'ro bé ravi 
si l'passaige sVétablisso. I ne se pas riche; 
ma po çai i me trémoussero, i m'entenro bé 
vite aveu joaé voisins po donné quequ'cheuse, 
car et no tade dîalement ai teurteu d'été d'é- 
chairbeutet, et d'ne pu ailai courre au petit 
Champ de Mar et au quart des cinq rues, 
quan i sont ai trois gambades d'Iai pote Sain- 
Nicolas. Fau été d'bon compte ; et y ai treu et 
gigonié en passant po lai. 

Qui s'ro hairoux, dise don, quan i s'ro 
campet aveu not' marmaille, d'vant lai caissine 
(qui f ro bé vite raifisteulet), et quiverro passet 
l'régiment aveu se tambours et se fanfares ! 
Dieu! de Dieu !! 

Qu'ment i n'sro palet le mossieu qu'ment vo 
l'ferint, si vo Vlint chantet un p'tît brin po no 
dans tos jonaux, i s'r'int bé r'equ'naîssant, i 

3. 



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— 3o — 

vo rjure. Çai f ro p'téte dTefiFet su nos mossieus 
d'ia mair'rie; a n's'laisserint p'téte pu tant 
enjeulai po ce z'enraîgés d'iai rue Sain-Nicolas, 
qu'ont bé Ttoupet de no dire qu'en ne d'ro, 
qu'en n's'ro passet que d'vant ché lo ! Farceux l 
I vo demande bé padon d'Iai poine qu'vos 
aivez prinse ai m'déchififrogner ; ma vos êtes 
si qu'mai faut, qu'vos excuserez vot' sarviteur 
ben hiunble. 



I vo r'marcie bé, m'ssieu Simmoneu, d'aivoi 
enco, dan vot* Carion d'iaute dé jo, j'aibeutet 
i p'cheux, po c'te preuv* pof Frem'rot. Ai foce 
d'ié z'éténet, i pens' qu'no gros b'nneu n'f rant 
pu tant lai sodé airoille, et qu'ai lai fin dé fin, 
ai s'débondeun'rant po no, qu'ment ai s'san 
débond'net po ceux d'Iai rue Sain-Nic'las. 

C'étoi, pardine, bé n'aissez qu'po lot* nez, 
d'zeux, lai meude seu t'été renvossée; qu'Jé 
dâré airrivet au m'iin, sessint Vnu engrennet 
lé premeilles, po no r'jetet, no, ai lai queu leu 
leu. Çai s'ro bé in diale, si, qùan ai s'aigi d'no 
z'autes, el étoi teujo treu to o treu ta po mourre. 
Ai y ai jar cpnscience !! 

Ma dise don, san goaille, a c'qua n'paiint 



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— 3i — 

pas, no mossieu d'iai mair'rîe, d'réparmet ai 
c'fheu, et d'sarret, po teu de d'bon, lé codons 
d'Iai goyeute; qu'ment si ce codons n'd'Arint 
s'déloyet qu'po no far boi d'iéa quiaire, o po 
peinturluret et étifTet ce gran chamb\ ous 
c'quai z'alle dégoiset lot chaip'leu. I m'ébouis 
si ai z'ouseront bé firemet Tborsiqueu, juste l'jo 
qui n'rest'ro mazeu ai far qu'in potu d'ran, po 
no dépriseuniet. Neuté bé qu'po lo z'adiet, i 
son teu pro ai lo craichet no quibus. 

En y'ritiet, quan en voi tan d'mic-mac po 
si p'cheu, n'senlero ti pas, qui n'sint po lo 
qu'dé répreuvet, dou ai n'se s'vinrint, qu'lé jo 
o ai fau montet lai gade, héborget lai treupe 
que s'airrête, o poyer lai gaibelle que n'sairréte 
jaimoi, Teille. 

I on po tan bé dé brav* gens po no, et dan 
to lé quateilF, i peuvon Tdire. Nu n'no con- 
trecarre mazeu dans lé jonau, ai c'qu'an mé 
répotet; et pô ceux lai moime, quVépontint 
Tpu d'voi potuset not* rue.... Motus (i) ! Çai 
s'ro bé d'in bon seigne, si j'navlnt pa teujo ai 
no méfiet d'quéqu'angueille so roiche. 

L'preuvarbe Tdit, Tbon droit s'treuv* bé d'in 
queu d'épaôle ; vo zé bé qu'mencet, M'ssieu 
Simmoneu ; n'vo r'butiez pas. Ai foce d'no 

(i) Cha fêÈ rembArr^, çai n*iro guér* bé, ai ceux que r1)orge et 
qu'ian fin grâ, de 8*piaind* qu*an baille lai pitance é z'autes. Ça bé 
Tmoin qu'a s'côdnt. 



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— 3a — 

crampi, i finîron p'téte po et* trompct d'iai 
bonn' tromp'rie; en n'étendant çai, i se bé 
aimicabieument, yot* sanriteu. 

C. Chainc.t. 
Dlai pot* Fremrot, le i5 d'mai. 



Extrait du Jmimâi de U Côti^Or des 7 atril et ai mai 1841. 



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DISCOURS 

DB J. CHAINGBNAY, VEIGNERON DB LAI CÔTB 

AI SE FRAIRE DB LA BRBGOGNE 

SUR l'élection du président DB LA 

RÉPUBLIQUE. 



^ANS cinq vou six jor, le deuxième di- 
manche de Taivan, je croi, i'aillon 
nomai note borgei. Ç'at ai no de bé no reco- 
dai, de bé faire étantion d'an choisi ein bon po 
no défandre dé loups. El a bé tôt tam d'am- 
poiché qu'on ne no maige pu lai laine su le 
do. 

On répote qu'il y ai troi gâ su lé ran. 

C'a Ledru-Rollin. 

Coivagnac. 

Et peu le jeune Bonaparte. 

Aipré aivoi bé ruminié, aipré m'étre bén 
étonrai, an me sanne que le premei a le 
moillou dé troi po nos autre bone jan du pôple. 
Ç'at ein brave home qui ai bé de l'élôquance 
po défandre les ôvrei contre lé richar. Si el a 
nomai, je son sur que lé droi réuni choiron. 
Ç'ai feré que je pourron vandre note vin et 
note éâ de vie pu facilleman et peu ai moillou 



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-34- 

marché, de sote que tô le monde an profiterai. 
D'ein aôutre coûtai, lé débitan ne crainron pu 
de vol lé gabelou veni fourrai lote nez dan los 
omaire et los dreussoi. Queman le sel seroo 
déminué, je pourrein sailai note soupe et no 
couchon ai bon marché. Lai patante dé peti 
marchan et des ôvrei seroo rayée. Nos anfan 
pourrein allai ai Técôle gratis et épanre tôte 
autre chose que dé patenôtre. 

An di que Coivagnac at ein bon solda^ ma.... 
po gouvarnaiy an ne fau pu seuleman saivoi se 
sarvi du sabre. De peu qu'el ai pri le foi po no 
menai, ça tô queman du tam de mossieu Louis- 
Flippe. Ran 'n'a chaingé. C'a tôjor lai moime 
turlutaine. An voi tôjor lé gamissaire et lé 
serjan ai lai pote du prôve monde po faire 
payé lé gro traiteman ai ein tas de graipignan 
qui pourrein bé se passai de nos écu qui no 
coûte tan de cambôle. 

An di ancor que Coivagnac n'ai pas lai tête 
aissey bén organisée po faire marché nos aif- 
faire. Ai ne seroo bon qu'ai gouvarné dé beu- 
. douin. Ça ce qu'el ai fait au mois de jun darré, 
quant ai peuvoi épargnai bé du sang... je n'an 
di pa pu. 

Po Louis-Bonaparte, ç'at ène autre chanson. 
Cetu qui, ç'at ein anviou, ein fiôlan. El y ai 
diji bé lontam qu'ai vire auto de lai marmite, 
queman an dit dé fois. Ai n'ai po su faire vailloi 



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— 35 — 

que lai raiputation de son uncle. Ma Tuncle 
peuvoi bé être ein home d'espri, et le neveu 
n'être qu'ein âne. Tô ce qu'el ai fait jeusqu'ai 
ceteure ne di pa le contraire. 

Si el a nomai, ai vourré faire tô queman son 
uncle, lai guarre, tôjor lai guarre. Ai no panré 
tô no pu beâ garçon, et peu an vinré ein tam 
que dan tô lé poys, an ne voirré pu que dé 
beussu, dé bâne et dé gambi. Qu'ace que de- 
vinron no veigne et no champ, quan je man« 
queron de brai po lé maillé vou lé reviré ? Et 
peu no fille qu'ace qu'ai feron, ai bailleron. 

El y ai sutô ène chôs qui me trotte dans lai 
tête. Je vourroo bé saivoi poquoi le jeune 
Bonaparte a tant sôtenu oujeudeu dé prêtre et 
dé noble, lo qu'airein, el y ai 40 ans fusillé 
l'uncle tô queman ein chien mailaide. Tô le 
monde sai queman ai Ton remarcié de ce qu'ai 
lés aivoi remi su lo roue. 

Tenez, je croi qu'ai fau no méfié dé prêtre 
et de lo marillei, dé noble et de lo fermié, de 
tô lé royalisse anfin, car y pourroo bé y avoi 
ein cô de gabegie au bou de tô celai. 

Du reste, vo, pas pu que moi, je n'on envie 
de revoi messieu le Cosaque veni pieumai no 
poule et maigé note lar tô cru. 

Ça poquoi, je vo le di ancor ein cô, ai fau 
bé faire étantion aivan de choisi vote présidan. 
N'écouté pa ceu qui vo diron du mau de 



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J 



— 36 — 

Ledru-Rollin, car c'a! ne pourroo être que dés 
ennemi du pôple. Vo n'airé ran qu'ai lo ré- 
pondre : Connu... et vive lai République 1 

J. Chaingenai. 

( GoQUBT, Jules-Isidore.) 



Extrait du Ciieym du 8 décembre xM* 



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JEAN CHAINGENAY 

VSIGNBRON DE LAI CÔTE Al SIMON PEULSON 

Du 26 janvier 1849. 



Mon cher Simon, 

^E voudroo bé saivoi poquoi vo ne m'ai 
pas anvié de vo nôvelle depeù que vos 
été venu faire Tantoreman de note mossieu ? 
Tôte-foi, j'espeire que vos été gain, et que vo 
n'ai pu mâu ai lai panse bé que vo velein sô- 
teni merdicus que vos aivein étraipai le colera. 
En vo vian parsisté dans vote idée, je rioo dan 
mai barbe, parce que j'aivoo remarquai, et celai 
san repruche, bén antandu, que vo n'aivein 
pas le gousié todu po évaulai mon peti vin 
bian an juan au cascaral. Tené, francheman, 
ai fau bé que vo convenein aiveu moi que vos 
étein ein mechô anbarlificotai, car vos aivein 
le bai aussi rouge que lai figure d'ein codinde 
qui fai lai reue. Ç'ai n'a pa que je veule vo 
faire ein crime d'ène pairoille peccadille, pusque 
j'ai tôjo antandu dire ai ein professeu, dés an- 
viron de Cocelle-lés-Ane, que lai facultié de 

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— 38 — 

maidecigne, d'ein poys qu'an épele Saleme, 
aivoo écri dan ses ordonnance qu'el étoo bon 
de s'ébrié, c'at-ai-dire de se grisé ène foi par 
mois, parce que çai rinse lai futaille. Vo re- 
marquerez mon vieu Simon, que je di qu'on 
peu se grisé et non pa s'annivré, car je n'ai 
jaimoi ri d'ein home mor-ivre. Je n'aime pa 
voi l'humanité se dégradai et se mette au ran 
dés annimàu en paidan lai rason. 

Passon ai lai poulitique. 

Ne fau-ti pa rire de pidié quant an voi lé 
jonau du gouvarneman veni no chantai prais- 
que tô lé jor que le présidian de lai république 
ai diniai tantô ché le mignistre de l'instruction, 
tantô ché le mignistre de lai marine ; que tôte 
lé veille parruque poulitique et lé gro mache- 
dru du buget étein au repâ? Je vouroo bé 
saivoi ce que lai France peu gangné ai épranre 
de pairoille billevesée, si ce n'a po baillé lé 
gence ai ceu qui on le vantre creu? D'ailleurs, 
ce vanterie lavoii an ne manque pu que le 
menu du repâ po saivoi combé an y aivoi de 
dindon, d'oie, debécaisse, etc., faise dire qu'el 
y ai loin de celai es bulletin de lai grande 
armée. Le vieu Napoléon n'étoo pa ein vantru, 
lu, car aussitôt qu'el aivo maigé son poulô 
ai lai Marengo et cassai ène pome vou ein 
calô, et tô celai prenoo ein quar d'heur, ai 
se levoo de table an disan ai son secrétaire : 



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-39- 

ailon Bourienney ailon pîoiché dan no pape- 
rasse. 

Du reste, i ne voi pa poquoi an se vante tan 
d'aivoi diniai ché le sieur de Fallou, Tun dé 
jésuite lé pu feurnatique du jo d'aujeudeu ? 
Poquoi an no cône si sôvan es airoille : 

Le présidian ai ein aumonié, le présidian ai 
antandu lai maisse aiveu recueillement, etc. 

Est-ce qu'an airoo troquai l'aigle de Bou« 
lougne contre ène choue ? 

Voir lé jésuite, lé firocar teni lai chaissoure 
en tan de république, ma ça pei qu'ène déri- 
sion, ç'at ène honte po lé françai. Poui ! Je 
vouroo être indien. Et vo, messieu de l'uni- 
varsité, ne dessareré-vo lé dan que po panre 
lai bride ? 

L'autre jor, an raclan mé peussiâ, je pansoo 
que si, queman an le di, L. Bonaparte se dé- 
cide ai antrepanre quéque procession, quéque 
promenade ai la tartare, po se Êdre voi dan lé 
province, ai devroo bé veni faire ène tornée 
dan lai Côte po goûtai note vin et an échetai 
ène bonne cavée, pandan qu'el a ai bon mar- 
ché. Celai no débarrasseroo d'autan et no feroo 
prôfitié dé 33 million qu'ai devoo évanci au 
pôple. Ma, i crain bé ène chose, c'a qu'an ran- 
tran en France ai n'oo passai po lai Gascogne, 
et que se 33 million ne sein piaicé su lé 
brouillar de lai Garonne. Vo me dire qu'ai 



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— 40 — 

compte peut-être lés anvié queri dan lai Cali- 
foumie, ïavoù lai tarre n'a que de For. Etan- 
don voi ancor. 

Je vo dirai qu'ici j'on criai bravo an recevan 
lé pétition po maintenir Tessembiée et po 
répelai le milliar dé émigré. An lé signe au 
galo. Ç'ai feré voi é bian que lai bataille du 
10 décembre n'étoo pa po lo, et qu'ai ne fau 
j'aimoi révaillé le chai qui do. Praisque tô le 
monde di que c'a justice de faire randre le 
milliar, paceque, ç'at ein vol qu'an ai fait au 
pôple. 

En effet, qui don ai émenai lé Cosaque en 
France ? Lés émigré. 

Qui don ai vandu lai patrie an trahissan 
dan plusieurs bataille, et sutô ai Vaterlo, cete 
grande boucherie lavoù no vieu grognar se 
faisein tuai an crian : La garde meurt et ne se 
rend pas? Lés émigré. 

Qui don ai trahi, vandu et livrai Napoléon ? 
Tôjo lés émigré, et ça lu que lés aivoo 
amnistiés 

D'ein autre coûtai, qui don, pandan l'inva- 
sion, ai paidu se récolte, fourni dé réquisition 
énorme, reçu lai chelague, dé cô de crosse de 
fusi ? Le pôple. 

Et potan, tandi qu'an no bailloo lai chelague 
et dé cô de piai de sabre, qu'on viôloi no 
fenne et no fille, qu'an breloi no meuble et no 



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— 41 — 
moison, no grande daime blanche dansein dé 
gninbonde et dé sauteuse aiveu lé Cosaque, 
lo chers amis, queman ai lés épeleinl!! 

-Qu'an demande es ancien si je ne di pa 
vrai ? 

Et bé, ai me sanne que si quéqu'un deyoo 
être édemnisé, c'étoo le pôple. Ma bén au con- 
traire, c'a lu, prôve Jobar, qui ai étai ancor 
obligé de poyé eîn milliar es émigré et ein 
milliar 5oo mille fran es allié. £1 a vrai que 
ran n'étoo pu facille en 1825 que de votai lai 
loi de Tédamnîté. Lés émigré, le roi, lé prince 
et lé mignistre en tête, étein en majorité ai lai 
chambre ; c'étoo lés émigré que prôposein et 
lo que recevein. Le tour ai étai bétot Éd. 

Ça tô queman si le conseil municipal d'ène 
commune disoo voiqui eine somme de 20 ou 
3o mille firan an caisse, ai fau lai patégé entre 
no. Est-ce que vos épelerein çai de lai justice ? 

Tené, je brise lai dessu, pace que ç'ai me 
Êû dreussé lé cheveu de lai tête. 

Dite me don, Simon, ma si le tan dou con- 
tinue ancor eia mechô, tô vai poussé de bonne 
heure cete année. Gare no borjon, lai leine 
rousse aire bétot fai de lai fricaissé. 

En palan de lai leine rousse, çai me fai ré- 
pelai qu'an di que note préfai a parti queman 
el étoo venu, sans tambor ni trompette. Vrai- 
man je ne voi pa poquoi lé royaux li on baillé 

4. 



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— 4» — 
son sai, car ai n'ai de rouge que lé poi. Et peii, 
j'ai oui dire qu'ai pousse lai cagôterie jusqu'au 
confessionnal. Si el ai étai rasé, ça qu'el étoo 
jugé lai au dessu. Vo saivé qu'el ai fai ranvié ce 
brave commissaire qui n'aivoo contre lu que 
de bé faire son métei et de potai tô son bé au 
bou de son bâton queman Bias. Or, je croi 
que lés écriture dise quéque part : Que celui 
qui frappera de l'épée, périra par Fépée. Ça san 
dote po celai qu'el ai reçu le cô de remaisse. 

Ç'at égal, ai me parai qu'el aivoo ancor 
envie de tatai de no fru, car el aivoo pri que- 
san de nos âbre et de nos bousson, en faisan 
éfiché son arrêté su Téchenillaige ai coûtai de 
ses adieux à ses chers concitoyens. En celai, 
je croi qu'il ai bé rason, car vu le tan dou, 
j'airon ène fîère besogne cette année po bén 
écheligné. 

Lai dessu je vo di : 

Ai lai revoyure. 

J. Chaingenai. 
(Coquet.) 

Extrait du CiUr/m du 28 janvier 1849. 



^^ 



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REMONTRANCE 

DE JEAN CHAINGENAI, YEIGNERON DE LAI CÔTE, 

ES REPRÉSANTAN RÉPUBLICAIN PEUSSIF, 

DITS MODÉRÉS. 

Citoyens modérés, 

|o ne pa vo pranre an traître, je que- 
mance po vo déclarai que si j'aîvoo ai 
maidisposition ein millié de chantre-musicien 
fot-an-gueule et armai de bons instruman tei 
que tambor, chaudron, clamecin, tuyo de 
poile, bai de clérinette, sullô et cône de vachei, 
je partiroo droi demain, aiveu mai bande, po 
vo régalai pandan ène vutienne de jor, au 
moin, non pa d'ène guillerette aubade, ni 
d'ène moileuse sénérade, ma bé d'ein bon cha- 
rivari cent fois pu ronfîan et pu neurri qu'ein 
galo-monstre de l'orcaistre Muzard. Celai suffi, 
j'espeire, po vo faire praissanti que je ne vein 
pa, queman ein câlin, vo tiré dé révérance [ni 
vo dire que vos ai bé méritai de lai patrie. Je 
vein, au contraire, en home libre, en fran 
barôzai, vo dire tôte vo véritai, vo jeté ai lai 
face tôte vo lâchetai, vo iAiquitai. 



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— 44 — 

Quand, au mois d'aivri, le pôple vous ai 
nommai, ai comptoo qu'an bons peires de fa- 
mille, an mandataires fîdailes, vo songerein ai 
le sôlaigé ein mechô dan sai miseire, dan se 
sôfrance, an démunian son fadeâ. Ainsi, el 
espeiroo que d'aicor aiveù lai Montagne, 
pusque montagne ai nom, vo supprimerein 
lai patante dés ôvrei et dé peti marchan, pace 
qu'ai na pa juste de poyé po aivo le droi de 
gangné sai vai, san saivOi tan seulemant si an 
pourrai lai gangné. 

El espeiroo que vos aimoindrirein lai con- 
tribution dé prôve et dé peti propriétaire tei 
que nos autre qui ne vivon qu'an cultivan 
aiveu bé de lai pone, no veigne et no champ 
don, parfois, lai récolte a gellée, grailée, 
inondée, orvalée, etc. 

Que, dé droi réuni, vo ferein bonne justice, 
po baillé es un éne pu grande facilité de vandre 
lo danrée, et faire prôfitié lés autre du moillou 
marché possible, de tei sote que tô le monde 
seù contan. 

Que vo déminurein lé gro traiteman po 
augmentai ceu qui sont insuffisan, car el a ré- 
dicule de voi lé gro mâchedru du budjai se 
gonfîai lai bedaine de treuffe et de pistache, 
quan lé peti fonctionnaire peuvent ai pone, 
en vivan bé chicheman, rejoinre lé deu bou 
de l'année. 



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-45- 

Et qu'anfin, vo basan su Téquitai, vo pan- 
rein su le superflu po épargné le nécessaire. 

Ma, au leîi de celai, renian vote origine, 
vos ai fait chambrée et mannége aiveù lé réac- 
tionnaire, aiveù lé royalisse qui vo on jeté de 
lai poudre es euille. 

Pu lâches que Tapôtre Pierre, vos ai renié 
par trois fois trois fois au moin, le pôple vote 
moître, que vo flagorné tan, que vo cajolé 
tan au moman dés élection. 

En vos essocian es Juda, es ca&r, es cor- 
rompus du peire Grippe-Sou qu'an ai chaissé, 
vos ai demandai, dan ène neù de dévargon- 
daige, l'ostracisme, c'at-ai-dire le banisseman 
de plusieurs de vo colleigue don le seul crime 
peut-être étoo d'avoi poussé ai lai roue de lai 
révolution de feuvrei. 

Vos ai passai vote tam ai démoli, pièce ai 
pièce, le peu i de chose que le gouvarneman 
provisoire aivoo fait de bon; ma tôtefois, vo 
vos été bé gadai de touché au décrai dé qua- 
rante cinq centime que le traitre Garnier- Pages 
no ai flanquai su le dos po payé lé dette, i veu 
dire lé bassaisse du susdit peire Grippe-Sou. 

Vo ai fait paiste et raige po aivoi ein prési- 
dian qui aujeudeù vo grigne lé dan queman 
ène dogue qui ronge ein os. 

De maime que dés écolié vo vos été jugé 
et déjugé du jor au landemain, au sujet de lai 



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-46- 
proposition du compeire Râteau, et de lai mise 
en accusation dé mignistre dé prétandan et 
non de lai République. 

Anfin, vos ai tant et si bé fait que je n'en 
pu que l'ombre de lai République que vos ai 
livrée ai lai meute dé monarchien qui, le 
roquet Thiers en tête, l'ont ébimée, dépecée 
dévourée ai belles dan, de tei sote que çai n'a 
pu qu'ein fantôme, qu'ein raiste de cadavre. 

Et quan vos ai demandai vote pa de lai 
curée, an vos ai ri au nez en vos fouaîllan dan 
lai paissonne de Coivagnac, l'home sabre, ai 
vue basse, et en vo signifian d'aivoi ai décampai 
au pu vite chécun ché vo. Lai dessu, queman 
dé rena qui on lai qoue côpée, vos ai tandu le 
dos et boissé l'airoille san aivoi seuleman le 
couraige de dire non. 

Et bé, tô celai fait dire que vo n'été que dé 
bœu-chévre, dé mulai, voubé dés unuque en 
tarme borgeoi, ce qui signifie que queman lé 
fanne braîme, vos été incapable de ran pro- 
dure. 

Ai celai, citoyens modérés, an aijoute que 
vo ressanné parfaiteman ai dé girouette, ce 
qui mé baillé Tidée de quémandai chez ein 
ferblanquetié le portrait du citoyen Lamartine 
po mettre au dessu de mon écurie neuve. Je 
croi que jaimoi an n'airé vu pairoille girouette 
po viré aussi facilleman ai tô lé vent. Et peu, 



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— 47 — 
dé fois an ne sai pa ce qui peu érivai, si mai 
girouette, par ein bon vent frais, se mettoo ai 
sullié dé rime, ma çai me feroo ène usine ai 
vers^ ène fabrique de chanson. An ai vu dé 
chose si extraourdinairelll 

Revenon au lancé. 

Ai fau potan vo teni compte de ce que vos 
ai forcé nature an votan aiveù lé brave Mon- 
tagnar po faire le budjai aivan votre dépar. Ma 
airé-vo le couraige de sôteni, contre vent et 
marée, vote décision ? Airé-vo aissez de cœur 
au vantre po faire tête ai Touvraige que lé 
roué et lé jouife de lai grosse banque ne man- 
queron pas de sôlevai po faire tonnai en éâ de 
boudin le vote don ai s'agi ? 

Cepandan, vo pourrein, aiveu lai question 
de budjai réchetai ein mechô vo faute. Vo 
pourrein, en rédusan lé dépanse, rédure lé 
recette, ç'at ai dire lé sarge dé prolétaire, des 
travailleur. En rémenan ledit budjai ai ein 
milliar au leù de 1700 million, çai seroo ancor, 
)e croi, ein joli dénié, éne somme aissez ronde. 
Po faire dé économie, ne seroo-t-i pa ai 
prôpoo de démunie note armée qui a de 
5oo mille home, coûtan au moin 400 million 
par an ? Par example lé brave solda de l'armée 
dite des Alpes qu'an fait aillai et veni le dos 
sargé de fer bian, queman dé chaudronnié, 
coûtent gro ai la république, pusqu'ai son su 



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-48- 
le pîé de guerre, et poquoi faire ? Çai na que 
po geinai lés habitian qui sont obligé de lé 
ébôrgé : ça po jeté parfois lai zizanie dan lé 
cantonneman la voù an n'a pa hébitué d'aivoi 
garnison. 

Ainsi, on répote que lé jan d'éne commune 
voisine de Dijon son venu, lé autorité en tête, 
po déclarai au préfet Pages, l'invanteu brevetai 
du fameu complo dragono-socialisse, qu'ai ne 
velein pa logé de solda, san quoi ai s'insur- 
gerein. D'ein autre coûtai lo Êinne, tôte an 
larme, pétitionnent, dit-on, po demandai 
garnison nôvelle. Ai parai que no galan mili- 
taire lés on passableman gâtée en lo i^isan 
passai de dou quar d'heure es écragne, an lo 
poyan lai goûte et l'anisette sucrée, an viran 
le devudiei et lai bôbigne, an tillan lo meneviâ, 
et tô celai aiveu essaisonneman de quéque 
drôlerie, de quéque raitonnée de cor de gade. 
An prétan que ce daime ayan pri goût ai lai 
chose, ne demande ran moin qu'éne compa- 
gnie de canne-major. De lai grande dispôte 
dans lé mannége. Et bé ce qui se passe dan 
cete commune peut se représantai ailleurs. 

En résumai, messieu, et por tô lé motif ci- 
devant établi, je conclu : 

Premeirement. — Ai ce que peumant exam- 
ple su le couraige et lai farmeté dé représantan 
de lai Montagne, vo ne lâchein pa pié aivan 



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— 49 — 
d'aÎYûi votai, ç'at ai dire démunie le budjai 
don el a tam de rogné lés ungles, maugré lé 
trépigneman dé corsaire qui depeù prés de 
20 an gaspille no fignance. 

Deuxièmement. — Ai ce que vo peumein 
en considération mon observation tandante ai 
rédure convenableman note armée, trô nom- 
breuse en tam de paix, soi po randre dé brai 
ai l'aigriculture, soit po faire quéque épargne 
don lai République ai gran besoin. 

Troisièmement. — Ai ce que, en admettan 
tôte lé conclusion contenue es pétition su le 
rappel du milliar baillé en édamnité es émigré, 
vo fesein randre gorge ésdits émigré d'aibor 
po restitué au pôple lé 45 centime qu'el ai 
indûman poyée, et an seùte po requitié, jeus- 
qu'ai due cohcurrance, note dette nationale don 
l' édamnité en question a l'origine premeire. 

Vo déclaran que faute par vo d'ostampéré 
ai mon réquisitoire, je demanderoo ai ce qu'ai 
piaise au gran tribunal de lai nation, ç'at-ai- 
dire au pôple, vo condamnai : 

lo Ai lai restitution dé 25 fran que, cheique 
jor vo palpé et ampoché ai trô bon marché, 
au détriman de lai République qui vo poye et 
que potant vo ne sarvé pa ; 

2^ Au payéman de tô dépan, domaige et in- 
térai, le tô taxé et fixé à dire d'espar autre que 
lé roué du reigne passai. 

5 



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— 5o — 

30 Et en outre ai l'insertion dan Tistoire 
française, de tôte yo fredaine, faibiaisse et tur- 
pitinde, ainsi que de vote incapacité bé notoire, 
ai celle fin que du tô lé descendan de no des- 
cendan n'en ignore. 

En étandan, Messieu, recevé ein cô de bonei, 
vou si vo l'aimé mieu, ein cô de chaipéâ de 
Jean Changbnais. 
(Coquet.) 

Ce 22 fevrié 1849. 

RÉFLEXION 

Cet évangille nos épran qu'ai faut tôjo teni 
son peùce dans sai main, et que quan j'on lai 
République en poche, je ne devon pas no 
laissé fouillé. 

Celai nos épran ancor qu'ai l'aivenir quan 
je nommeron no représantan, je devron pranre 
gade de choisi dé poule mouillée, vou bé dés 
home anfibie qui, neigean tôjor entre deux éâ, 
maneige lai cheivre et le chou. Or tô celai ne 
peu faire que gâchis et méchante besogne, 
ainsi que j'en on lai preuve vivante devan lés 
èuille. 

Extrait du Cilcym àa a ma» 1849. 
•^^^^ 



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LÉ ROUGE ET LÉ BIAN 

▼OU 

SIMPLE DISCOUR DE JEAN CHAINGENAY, AI s£ 
FRAIRE YEIGNERON ET LABOUREI. 

Citoyen, mé fraire, 

Jo sôvené-vo qu'au bon tam de note 
jeunaisse, lé jo de no fête patronale, je 
monlëin, moyennan deu sou, su lé chevaù de 
boo po no faire valsé queman dé treubi, ce 
qui aissez sôvan no bailloo le virô et dé far- 
fouilleman dans le garguillô jusqu'ai no faire 
mettre ceur sur câdro? Vo sôvené-vo qu'au 
moman que je visein lai bague le moître de 
lai mécanique no crioo de tôte se foce : Atteft" 
tîon à la couleur? Ce cri d'évartisseman no 
faisoo dreussé Tairoille queman ai de jeune 
baudet dan lai prairie, au printam, ôvri l'euil 
de maime qu'ein tiercelai qui porchaisse ène 
ailoueutte, et tôte note idée étan au jeu, j'étein 
praisque sur d'anfillé lai bieuque ai tô cô. 

Et bé, moi, ai Tépruche de lai grande ba- 
taille poulitique qui se prépare, ç'at ai-dire ai 
Tépruche dés élection, de maime que l'home 
es chevaù de boo, je ne décesserai pa de vo 
criai : Citoyens attention à la couleur!!! Oui, 



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— 5a — 

faison bén étantion, car je vo le prédi hardi- 
man, jaimoi de note vie je n'on jué ni peut- 
être je ne jueron lai vaillissance de Tenjeù qui 
serai su table dan lés élection du 1 3 mai. 

En effet, j'airon ai jué lai République contre 
lai royauté, lai sôveraineté du pôple contre le 
despotisme, ç'at ai dire que j'airon ai décidé 
si je resteron libre aiveu lai jouissance de no 
droi civique, vou bé si je devinron esclave 
aiveù privation du soufifrage univarsel. Ainsi 
vo vie qu*ai s'agi de tôte autre chose que d'ène 
bagatelle. 

Réflaichissé. Celai an vaù lai pone. 

Quan je vo di qu'ai fau bé faire étantion ai 
lai couleur, ça que vo saivé vou vo devé saivoi 
que lai France, aujeudeù, a divisée en deu gran 
parti. Le parti dé rouge et le parti dé bian. Le 
premei compran lés home qui aime francheman 
et loyaleman le pôple. Le deuxième compran 
lé royau, vou, si vo l'aimé mieu lés aristo. 

Po vo baillé quéque idée lai dessu et vo am- 
poiché d'agi ai vue de nez, queman lé chein 
prenne lé puce, el a utile, aivan de votai de 
saivoi ce que sont et veule lés uns, ce que sont 
et veule lés autre. C'a ce que je vai essoyé de 
vos espliquai iqui, tant bé que maù. 

Quemançon po lé rouge. 

Lé rouge son dé républicain sincère qui, 
come Jésu et ses apôtre, vont proichan lai 



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— 53 — 

liberté et lai fraternité po érivai ai l'émanci- 
pation de lai grande famille humaine. 

LÉ ROUGE YEULB : 

1^ Lai vrai république démocratique et non 
ène république royale, impériale et jésuitico^ 
cléricale ; 

2» L'extinction de tô lés abu et privilège don 
lai révolution de feuvrei devoo faire table rase ; 

30 Combaittre l'ignorance et lai miseire, tôt 
en respectan lai famille et lai propriété. Iqui 
je doi dire en passan, que ceu qui laise croire 
que lé rouge veule patégé no veigne et no 
champ sont dé grigou, et que ceu qui lé croye 
son dé bétasine. Lé royau n'ont invantai ce 
moyen lai que po no ésorfantai queman du 
tam de Philippe an veloo no faire âfre aiveu le 
mô de République ; 

40 Faire ramboursé le milliar dés émigré po 

randre au pôple lé 4S centime et dessargé de lai 

contribution lé petite cote, pendan 3 ou 4 an ; 

50 Aboli lé droi réuni, lés octroi et lé petite 

patante ; 

6® Organisé le crédi public po faire lés am- 
prunt pu facilleman et au moillou marché 
possible ; 

7® Réduire l'armée et déminué de moitié le 
tam du sarvice militaire, aifin que le solda re- 
venan au foyé paternel, aiveù tôte lai vigueur 
de l'âge se remette facilleman ai lai maille 

5. 



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-54- 

Tou ai lai chamie et retrouve libre sai bonne 
aimie d'enfance po s'établi ; 

8<> Favorisé Taigriculture en baillan le droi 
de parcour dans lé tailli aussitô qu'ai son 
defifansabie, au leù de laissé peuri de lai bonne 
harbe pandan que no prôve béte tire quéque 
fois lai langue dan lés année de disaite ; 

9<> Sangé le mode d'exploitation de nos 
aiffouage de sote que cheique habitian peuve 
aivoi lai facultié de côpai sai patie ; 

100 Etabli l'éducation gratuite et amélioré le 
sort dés instituteur po lés éfranchi, autan que 
possible, de bé dé tracasserie, et sutô des au- 
quelle de lai sacristie, etc. 

Lés BUN. 

Lé bian son lé monarchein de tôte espaîce, 
lé jésuite, lé cafar, lé loutre et lé requin de 
lai fîgnance, lé pille-miche de lai grosse 
banque, et tôte lai kyrielle dé corrompu du 
vieu ioutre, du vieu flibustié qui, aiveù sai 
bande ai Mandrin, ai pandan 19 an, sucé le 
moillou de no venonge et de no moisson. 

Lé bian, non cantan d'aivoi réjabi éne es- 
paice de république san républicain, veule : 

Rebâti an France lai monarchie, par tô lé 
moyen possible, quant ai devrein no remenai 
lé Cosaque et lés Oulan qui, vo le saivé, ne son 
pu guère loin de ché no ; car si ai velein seu- 



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— 55 — 

leman se levai su lote gros ateil po tandre le 
nez po dessu le Mon-bian, ma ai pourrein diji 
fiairé note brandevine et no sailou ; 

Rétabli lé titre de nôblaisse qui son abouli, 
pace que lés ex-marqui, comte et baron, tô ce 
vieu carcan ai boyaux ressoudés, trépigne de 
côlaire an pansan que le premei gâ de lai po- 
pulace, queman ai nos épeule, peut lo dire : 
CitoyenSyje suis votre égal et vaux autant que 
vous, si plus ne passe; 

Supprimai le souffrage universel, ç'at ai dire 
retiré au pôple le droi de votai ; 

Tuai lai liberté de lai presse et nos empoi- 
ché de lire lé jonaù note seule distraction aipré 
rôvraige de lai jonée ; 

En ein mô, lé bian vourein que le pôple 
marche ai quate paittes queman aivan 89, et 
qu'ai broute Fharbe vade queman Nabucodo- 
noso aipré qu'ai fu sangé en béte don l'Ecri- 
ture sainte ne no di pas le nom; mai ai fau 
croire que c'étoo en âne voubé en béte ai cône, 
qui, ai fau le dire, ne date pa d'aujeudeù, pusque 
su les imaige de lai Bible an voi le roi Babylo- 
nien ai table dan ène prairie, aiveu dé beu. 

Tei sont, ai peu prée, citoyen, lé tandance 
dé deu gran parti qui divise lai France. El y 
ai bé ancor lé modéré et lé bonapartisse ; ma, 
étendu que ce parti lai n'on poin de principe 
et qu'ai rantre dan lé deu premei, je n'en par- 



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— Sa- 
lerai pa. De ce qu'ai son san principe, ce n'a 
que dé cor san âme, dé veille futaille défoncée, 
dé veille tige de botte ai revers jaune qu'ai 
ÙLUt jeté au fratras su le gueurnei. D'ailleur, 
j'ai dit, dan mai remontrance du 22 feuvrei 
darré, ce que je pansoo dé modeiré. 

Tôtefois, répelé-vo que c'a lé bian qui en 
18 14 et 181 5 nos on rémenai lé Cosaques en 
trahissan le vieu Napoléon don le neveu, qui 
a le présidian muai de lai République devroo 
chaissé ai cô de fîâ, tô ce traitre-Judas qui 
venne grouillé et gueumouillé dan sai basse- 
cor. 

Répelé vo d'ein autre coûtai que c'a lé rouge 
qui on fait lai révolution de 89 et qui, an faisan 
vende lé bé nationau sont cause que chécun 
de vo ai son care de champ, vou son care de 
veigne. San celai je serein ancor teurtei lé serf 
dé noble étan sujet ai la dîme, es taille, ai lai 
corvée, san comptai lés autre droit du seigneu, 
tei que droi de vie et de mor, droit de jam- 
bage, etc. 

Et maintenan que vo peuvé jugé lé chose, 
ç'at ai vo de bé choisi vo représentan. Ma 
aivan de jeté vote dévolu, n'ôbié pa que po 
aivoi ène bonne veigne vou ein bon biai, vo 
sarché ai vo procuré de bon piant vou de bon 
seman, de maime, po aivoi ène bonne répu- 
blique ai fau panre de bon républicain. 



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-57- 

Dan lai république dé mouche, vo saivé 
que ç'ai n'a pas lé gros bondon qui ramplisse 
de mié lai reuche, et que lés euvreire s'en dé- 
barrasse aivan lai saison mote, po retranché 
dé gueule énutile ; et quan dan vote veigne, 
vou vote champ, vos ai ein gran âbre qui ne 
produ ran, vo Téraiché aifîn que se branche 
ne pote pu d'ombraige su vote récolte et que 
se raicenne ne pompe pu le moillou suc de lai 
tarre. De maime, pô laissé érivai jeusqu'ai no 
lé vivre et lai chaleu vivifiante de lai démo- 
cratie, ai vo fau retranché de ressemblée na- 
tionale lé gro monsieu qui ène foi lai s'occupe 
de los aiffaire et non dé notre. 

Ainsi donc, quant an vo présenterai dé liste 
vou dé bulletin autre que ceu dé vrai républi- 
cain, ç'at ai dire dé rouge qui seul, quoi 
qu'on dise, sont lés àimis du pôple, peurné-lé 
et jeté-lé bé vite dan l'hôte aiveù lés aigusoure 
vou lé tandon. Celai vo sarviré ai élemai le 
feu. Enfin, croyé-me, voton bé teurtei et je 
vo garanti que ç'ai no vauré mieu que le 
moillou de tô lé kirié dé Rogation — ai lai 
revoyure. 

Jean Chaingenai. 
(Coquet.) 

7 avril 1849. 

Extrait da Citoyen da 13 tytÛ 1849. 



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LAI TRINITÉ INFERNALE 



SIMPLE DISCOURS DK JEAN CHAINGENAI 

Citoyens et fraires, 

Jkviré-vo du coûtai du sôlei couchan. 
Jeté lai vue bé loin, bé loin, su eîn 
poin du globe qu'en épeule les Ile-Britannique, 
et qui, praisque tôjo, a enveloppai de bruyenne 
et de femeire noirâtre, de tei sote qu'an pour- 
roo croire que lai se treuve le trou de Tenfai, 
quoi qu'ai n'y fasse pa chaù. Regadé bé dan 
ène salle sombre d'ein vieu chétéâ, situé non 
loin de lai capitale de l'Angleterre, et vo voiré 
trois home, trois procrit ai lai figure telleman 
sinistre qu'an diroo dé fau monnoyeur. 

Que faise don ce trois personnaige mis- 
térieu ? 

Raiverein-t-i ai lai délivrance de lote patrie 
queman ce trois paysan suisse qui, s'étan 
baillé rend-vou, ai méneù, su ène montagne 
fire sarman ai lai face du ciel et de lai leine 
qui aivoo élemai son gaze esprai, de randre lai 
liberté ai lote poys ? 

Sarcherein-t-i le remeide po gairî lai grande 



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-59- 

plaie sociale qui ronge lé population déshé- 
ritées ? 

Non. Ces home conspire'contre le janre hu- 
main. Ai sarche tôte lé rouerie possible po 
poussé lé masse ai s'entrégorgé dan de grande 
boucherie fratricide. 

Qui sont-i-donc? 

Le premei, ç'à TOtrichien Mettemic, ce vieu 
roué qui aiveù sai parruque ai quoue de sarsifî, 
sai figure figée et sai peumelle mote, ressanne 
ai ein fossile d'ène autre époque de lai forma- 
tion du globe. Le crocodil a moin ai crainre, 
le chacal moin féroce que lu. 

Le deuxième, ç'à le pritchardiste Guizot, 
Thome de lai coalition, le chef de lai corrup- 
tion. Le parchemin jaunâtre qui li recouvre 
lai face prouve qu'el ai lai freussure gonfiée de 
bille. Queman le Corse, l'idée de lai vendetta 
le ronge. 

Le troisième, c'a le compeire Lui-Philippe, 
note bon roi-citoyen Robert-Macaire, que le 
pôple sôverain ai mis en retraire ai cause de 
se gueurdoderie. Sai figure plissée en gras 
double, sai large houpelande ein mechô râpée, 
son gro chaipéâ crasseu et sai cullieute gar- 
gouiUouse, le font ressannai ai ein vieu char- 
latan, ai ein vieu maquignon runié. 
Tô lé troi son voué au diale 
Ç'à lai Trinité infernale. 



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— 60-. 

Je dis que çà lai trinité infernale pace qu'ai 
sont rame de lai grande conspiration dé tête 
couronnée contre lai démocratie, ç'at ai dire 
dé sôverain contre lé pôple. C'a tôjo lote sis- 
taime crapuleu qui gouvarne TUrope. Los idée 
d'égolsme, de pharisaïsme et de corruption ont 
si bé ampousenai lai société tôte enteire qu'el 
a aussi difîcille de lés estirpai que le grimon 
dan ein terrain en friche. En ein mô, c'a dé 
paistiféré qui nos ont laissé en partan le fléau 
morbifîque. 

D'ailleur regadé ce qui se passe ai l'intérieur, 
vous ai Textérieur. 

Est-ce que Guizot et Tex roi-citoyen ne 
s'entende pa aiveu no Cosaques de lai rue de 
Poitié, queman s'entende dé larron en foire ? 
Est-ce que vo croyé qu'ai sont étrange ai tôte 
lés injustice, lé tracasserie, lés infamie que lé 
cuistre Fauché, Baro et Fallou manigance 
contre lé républicain ? 

Est-ce que le vampire Metternic n'ai pa 
trempai dan lé massacre de Vienne et de lai 
Hongrie ? 

Est-ce que no troi croque-mort, po se vengé 
de ce qu'on los ai baillé de lai pelle es fesses, 
ne préside pas es atrocité, es lâcheté du 
Piémont, es boucherie de l'Italie, note sœur, 
note alliée naturelle ? 

Ah I tené, quan je voi, dan lai contrée qui 



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— 6i — 

fil le brei de la civilisation) dé ville enteire 
pillée, mitraillée, brelée, saccajée queman du 
tam dé Vandale, pace qu'ai veule recouvrai lai 
liberté, et celai san que lé Français proteste 
énergiqueman, je me sens veni lé larme es 
èuil, et je vo déclare qu'au leù de vo contai dé 
calanbeurdaine, j'airoo putot anvie de répétai 
lé lamantation que chantoo le prophète Jéré- 
mie su lé ruine de Jérusalem : Sedit Jeremias 
propheta flens et planxit lamentatione in 
Jérusalem. 

Et po mettre le comble ai l'infamie ai ne 
manquoo pu que la France venue se joinre es 
Croate, es Pandour du vieu Radezki,po saccagé 
l'Italie i £1 a vraiman digne du neveu du 
guerrié Napoléon de faire de note brave armée 
dé solda du pape i Quel honneur po no jeune 
militaire d'ailai queman dé capucin, baisé lai 
mule cretée du Saint-Pontife lll Vieu grogniar 
de 92 et de Vaterlo, sôlevé lai terre qui vo 
recouvre et dreussé-vo l'arme au brai, an in- 
sulte lai France i 

Non, citoyen, je ne devon pu doutai que le 
plan bén érétai dé roué, dé réactionnaire, a 
d'écrasai lé démocrate de l'Italie, de l'Alle- 
magne, de lai Hongrie ; d'envelôppai, de ressarai 
de pu en pu le mouveman révolutionnaire, ç'at 
ai dire les idée de progrès et d'éfranchisseman. 
Et quand l'Italie, l'Allemagne et lai Hongrie 

6 



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— 62 — 

seron bâillonnée, garôttée, noyée dan le san, 
an lanceré contre no lai nuée dé Barbare que 
lé bian, en haibit de fête, recevron en crian : 
Vivent nos amis! 

Ç'at ailors que lai prophétie de feu Napoléon 
s'aicomplirai : Dans cinquante ans, a-t^il dity 
la France sera républicaine ou cosaque. 

Et bé, citoyen, si j'on ein mechô de cœur 
au vantre, si le nom de Français n'a pa tôt ai 
fait dégénéré en no, je devon faire en sote que 
)e ne devenein pa Cosaque. Ai fau donc sarrai 
no rang et répondre ai l'audace par de l'au- 
dace. Devant lai constitution, ç'à no qui sont 
dan note droî, dan lai légalité, et c'a lés aimis 
de Vordrey lé mignistre qui, par lo provocation, 
sont dan l'arbitraire j'eusqu'au cô, de tei sote 
qu'an diroo qu'el ont le vartingo. 

Je devon sutei nos antandre et marché que- 
man ein seul home po lés élection. Point de 
transaction, point de mésalliance. Sôvené-vo 
que le chein et le rena ne peuve chaissé en- 
sanne. Sauvons lai République en restan 
inébranlable su lé principe démocratique, et 
en ne choisissan po représentan que dés homes 
dévoués, fermes, actifs, éclairés, car je vo le 
di en ventiai, lai lutte serai chaude. 

Je vo l'ai diji dit, ai n'y ai pu que deu parti : 
lé rouge et lé bian. Lé premei sont vo fraire ; 
lé deuxième se croient vo moître. Aiveù les 



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— 63 — 

uns vo pourrai mettre lai poule au pô le diman- 
che; aiveù lés autre vo seré loin d'être ai lai noce. 

Choisissez. 

Vo ai lé quatre maître d'atou en main, el a 
bé facille de gangné lai patie. 

Vo devé en outre repoussé, queman dé chein 
dan ein jeu de quille, lé modéré, véritables pail- 
lasses, qui, en votan su lé question de principe 
aiveù lé ro3ralisse, nos ont mis dan Tomière. 

El a d'ailleur tam de marché caréman, de 
piantai son drapeau et de proclamai l'émanci- 
pation de note parti. Je n'on pu besoin de tu- 
teurs ni de curateurs san foi ni vergogne, 
vivant ai no dépen, politiqueman palan, que- 
man le liarre parasite vit de châgne. 

Tei doit être ai peu prés vote régie de con- 
duite. Si vo vos en écarté, si vo n'ai pa le 
couraige de vote opinion, et que vo faisein dé 
concession, lé royau prôfiteron de vo faute 
po no rémenai ène troisième restauration, et 
ène fois que vo seré dan lai nasse de lai Trinité 
infernale, vou dan lé filet de lai Sainte- Alliance, 
vos aire béâ ai vo retonnai, ai vo reviré, vos 
aire tôjo le dos dâré. 

Ai lai revoyure. 

Jean Chaingenai. 
(Coquet.) 

24 avril 1849. 

Extrait du Citoyen du 6 mai 1849. 



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JEAN CHAINGENAI 

is CITOYENNES FANNES ET FILLES 

Mé trée chère seure, 

|u moman que tôte lé tête s'occupe des 
aifaire publique, au moman que tô le 
monde, homes et faunes, jeunes et vîeu, se 
maùle de lai poulitique, parmaité me de vo 
glissé deu mô au potu de Fairoille. Tô d'aibor, 
)Q doi vo dire que je ne vein pa vo faire dé 
calinerie, ni vo palai de lai bagatelle, en vo 
caressan le manton, queman û le sarpan du 
pairaidi terrestre, po décidé note granmeire 
Eve ai évaulai lai pome rainette^ qur aiprée tô 
ne fîi qu'éne bonne carotte que lai béte du 
diable li tiri po lai perdition du janre humain. 
Nanni, je vein, au conraire, chaipéâ en main, 
vo demandai amicableman lai parmission de 
vo baillé quéque conseil fraternel dans Tinterai 
de l'umanitai tôte enteire. 

Voiqui ce dont ai s'agi : 

Vo saivé que si j'on lai république, ce n'a ni 
lai vrai ni lai bonne, pusqu*il a entre lé main 
dé royalisse, dé jésuite, ç'at ai dire dé bian 
qui, ai fau bé vo le fourrai dan lai tête, son lés 
ennemi naturel de lai liberté et de l'émanci- 



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— 65 — 

pation dé pôple. — Vo saivé que si j'aivein lai 
bonne république, celai vauroo mieu po nos 
autre, pusque ceu qui n'on que le nécessaire 
po vivre ne poirein poin d'impo, que lé droi 
réuni serein abouli, lé petite patante sup- 
primée, etc. 

Or, si lés habitian dé campagne velein bé 
voi lai chose et lai panre du bon coûtai, Taifaire 
seroo bétot bâclée. Ai ne tein qu'ai lo de randre 
lote position moillouse. 

Et bé ! citoyenne, vo qui ne manqué ni de 
fignesse, ni dène certaine inâuance dan lés 
aifaire, pusque bé sôvan ce n'a pa Thome qui 
pote lai culieute dan le mannège, et que le 
prôvarbe di que ce que fanne veu. Dieu le 
veu, vo porrein si vo le velein faire bé du bé 
ai tô le monde, san qu'ai vos en coûte ran. Ai 
suffîroo de faire de lai propagande, tôt en 
taillan quéque baivette. 

Ainsi, queman dimanche prochain, c'a le jo 
dé grande élection, ç'at-ai-dire le jo de lai 
grande lutte entre lé royalisse et lé républi- 
cain, entre lé bian qui son lé cosaque, et lé 
rouge qui son lé français, dites bé ei vos home, 
ai vo gaçon, ai tô vos pairan, ai tô vos aimi, 
de pranre gade de se laissé entortillé, de se 
laissé trompai su le choix de no représentan. 

Dite lo de choisi dé home qui s'occupe de- 
peù lontam dés aifaire du pôple; — dés homes 

6. 



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— 66 — 

de cœur et de couraige qui seron tôjo su le 
quivive po dé£uidre lai république, et qui ne 
fairon pa dan lo guêtre quant ai s'agiré de votai 
lé réforme sociale que j'étandon depeù si 
lontam ; — des homes qui ne crainron pa de 
baillé le cô de remaîsse es gabelou qui fon pu 
de maù ai no veigne que lés écrivain et lai 
graîle ; — dés homes qui diminueron le tam du 
sarvice militaire, et ranviron dan lo foyé ène 
bonne patie dé solda, vos enfan, don lé brai vo 
faise faute, tandis que pendan lé huit an qu'ai 
son retenu ai Tairmée de lai guerre, ai resté 
lai majeure patie du tam ai s'étendre, ai baillé 
queman dé cola, san ran faire, dan lé caserne ; 
— dés homes enfin qui feron restitué le milliar 
dés émigré, po no randre lé quarante-cinq cen- 
time, ce qui sarviroo, es uns, ai échetai ène 
fillette de vin po passai lai saison dé gros 
ôvraige, es autre, ai échetai ène mesure de 
graine, vou ai se procuré ein neurein qu'el 
engraisseron san s'en baillé gade. 

Dite lo bé de ne pu se fié ai ces home faible 
qui n'ose panre aucun parti po manégé lai bique 
et le chou ; ai ces home qui n'on ni couraige ni 
boyau dan le vantre, qu'an épeule lés modérés 
et qui, queman lés sailéi vou lé mécanique aï 
voiture, ne sarve qu'ai enrayé lai république 
qu'el on gâtée en votan aiveù lé aristocrô. 

Ma dite lo sutei de rebutié san pidié, lé can- 



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-67- 

dida qui lo paraîtron aivoi le foie bian et le 
cœur regrigné, de maime que su ein chan de 
foire an rebute lés animaù mailaide de lai 
pousse, de lai morve, de lai cocote et autre 
vice rédibatoire. 

Dite lo de se méfié de ces espaice de char- 
latan qui von colportan lote tête d'âne, de ce 
gro soudar vantadou qui pale bé fo de lo sar- 
vice militaire et civique et de lote ^u patrio- 
tisme, queman Jean-Marie Farina débite son 
baume et vante son éâ de Cologne aiveù le 
branlebâ de sai musique enraigée. 

Je ne finirai pa, citoyennes, san vo reque- 
mandai de ne pa trô ôvri l'airoille es pairôle 
sucrée de vote curé. Quant ai dire ai qué- 
quenne de vo : Ma chère sœur, faites en sorte 
que votre mari vote pour M, le marquis ou 
pour M. un tel, ce sont des hommes bien 
sages, bienpensans; ne l'écouté pas et ranvié 
lu ai se môton en li disan : M. le curé, que 
chécun £ûse son métei et lé vache seron bé 
gadée. 

Lai dessu, mé chère seure, recevé tô ce que 
peut vos ôfri de pu agréable lai galanterie 
champaitre de 

Jean Chaingenai. 
(Coquet.) 

Extrait da Citoyen du 13 mai 1849. 



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I llllll l l l llllllll * ^ 



JEAN CHAINGENAI 

VEIGNIRON DE LAI CÔTE, AU PÈRE MARCILLET, 
CHARRETON AI CHAMBOLLE. 

^oiNTENAN que no cuverie et no pressoi 
son remaissé et laissent encor dan le 
nez êin fumet cent fois pu agriable, po nos 
autre barôzai, que tôte lé pomade du chameau, 
lé huile antique et les éâ de senteur d^ène 
veille coquette; mointenan que no cave son 
pienne et que chéquenne se treuve meublée 
pu confortableuman que le salon d'ein ci- 
devan ; mointenan anfîn que lé borjon que- 
mançan ai s'endormi, no laisse le loisi de no 
reviré et de redreussé ein mechô Téchenée du 
dos; je vein, mon vieu Marcillet, queman i 
vo Taivoi prômi, causai ein moman aiveù vo, 
de tôt ein mechô. Dimanche donc, ]o de lai 
Sain-Matin, aipré aivoi, en compagnie d'ein 
aimi, dévourai ein bou de cooti et bu ène 
pinte de 46, en Thonneu de note vieu patron, 
j'ai taillé mai charrue aussi grâveman qu'ein 
Robin, j'ai ranfraichi mon écritoire qui étoo 
aussi soiche que lai gueule d'ein présidian, vou 
d'ein avoca piaidan, et peu je me seù mi ai vo 



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-69- 

anligné quéque mô su le paipîé, queman en 
anligne dé pianson dan ein bandéâ. 

Ma je vo dirai francheman que j'aimeroo 
mieu teni lai maille que lai pleume, car el y 
ai si lontam que céqui ne m'ai érivai que lai 
main me grulle queman si je commettoo dé 
noirceur. Potan je ne griffonne ni l'arrêt de 
lai cour de Versaille ni aucun jugeman con- 
damnan quéque pairôle sôvan échaippée ben 
ignôçamman et que nos farisien du jo d'au- 
jeudeù taxe de séditieuse. 

Oh ! oui, el y ai bé lontam que je n'ai tenu 
pieume. La dareire foi c'étoo, je croi peu de 
)0 aivan lés élection du i3 mai, ailors que je 
baillien quéque avi ai no fraire dé campagne, 
ai l'occasion de lai nomination dé représentan. 
Ma de maime que Cassandre su lé muraille de 
Troie, j'on proiché en l'air. Note voi, queman 
cetée de l'airondelle de lai fable ai été mé- 
prisée. Aussi nos ouséâ cabochar se son-t-i 
laissé panre dan lé raquette dé réac. Aujeudeù 
ai se repante, ma ai n'a pu tam. 

Si lé représentan démocrate aivein étai en 
majorité, vo n'airein pa vu lai jonée du 
i3 juin don an sai sarvi po mettre en prison 
et proscrire lai moitié dé Montagnar. Chose 
étrainge 1 ce qui se passe aujeudeù no repré- 
sante lai maime chanson que l'istoire dé 
Graque et lai passion de Jésu. Ce son tôjo lé 



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— 70 — 
sénateur condamnan lé tribun du pôple pace 
qu'ai demandein Tamélioration du sort dé pro- 
létaire. Ce son tôjo lé farisien crucifîan le 
Christ, pace qu'el aivoo di que tô lés home 
son égal. Et potan vo vie tôjo le pôple, parfois 
éveugle vou ingrat, abandonnan béteman se 
défanseur. 

Vo n'airein pa vu, dan lai ville étamelle, lé 
citoyen de lai république française égorgé lé 
citoyen de lai république romaine ; et celai po 
rémenai an triomphe ein vieu fantôme aiveù 
tôte sai kirielle de moines et de capucins pu 
dissolus lés un que lés autre. Ma qu'airein don 
ai dire no matador hypocrite, si lés Anglais, lé 
Croate et Cosaque venein, canon en tête, 
brelai Paris po no rémenai ce viçu sacar de 
Louis-Philippe qui a tôjo altéré, non pa de 
vin de Champagne, ma d'or et d'arjan, que- 
man ein chef de brigan de lai Calabre ? Ran, 
car an lô feroo ce qu'el on fait. 

Vo n'airein pa ai poyé lé troi cent mille fran 
par an po faire polqué et rebôté lai citoyenne 
d'Orléan et sai séquelle, tandis que le prôve 
pôple aire quéque fois bé de lai pone ai se 
mettre du pain deseu lé dan. J'ai di citoyenne 
d'Orléan, parce qu'ai fau bé se fourrai dan 
lai tête que lé titre de noblesse son rasé que- 
man ène qoue de bique. 

Vo n'airein pa non pu ai poyé lé huit 



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— 71 — 
million cinquante mille fran po lai fameuse 
expédition papale. Dite donc, Marcillet, lavoù 
an panré po poyé tô celai, si ce n'a su no 
moisson et no yenonge ? 

Vo n'airein pu ai crainre le rétablisseman 
de lai gabelle don lé royau se garderon bé de 
teni quitte le pôple. Compeumez-vo no élec- 
teur champaitre qui demande ai tue tête Ta- 
boulition dé droit réuni et qui nomme dé 
chenapan de monarchein qui veule consarvai 
ce droi ai tô prix ? Décidéman ce jan lai de- 
vrein boissé lai tête et marché ancor ai quate 
patte, côte ai côte aiveù ce prôve béte ai 
longue airoille qu'an menne au melin le dos 
sargé. 

Anfin, je n'airein peut-être pa ai pleurai lai 
mo malhureuse d'ein fraire, d'ein aimi, bé 
cher ai lai démocratie, et dont vo, Marcillet, 
mieu que tôt autre, vo queneussein le bon 
cœur et lai franchise.... 

Aivé-vo vu, père Marcillet, queman le ci- 
toyen Présidian de lai république ai palai dan 
son message et dan son discor es grosse robe 
rouge? Décidéman je quemance ai croire que 
le gaillar ai du savoir ai de la capacité pu que 
mai grande cuve de 25 pièce. Ma je vouroo 
bé savoi lavoù el en veu veni en choisissan po 
mignistre dé particulié queman le vieu gé- 
néral royalisse lai grande poule vou lai haute 



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— 7» — 
poule je ne me répeule pa au juste; tou bé 
queman le ioutre Fould? 

Ene chose qui me parai curieuse ç'à lai 
nomination du sieur Carlié ai lai préfecture 
de police. Dan sai proclamation es parisien ai 
ne badine que tô juste. Ai parait qu'ai veut 
égandillé tô lé socialisse et qu'an ne pourrai 
maime pu lâché le mô, et celai po rémenai lai 
confiance! Vo répelé-vo que du tam du vieu 
gouja el étoo défandu de débaillé le mô répu- 
blique et qu'an s'en sarvoo po faire po es 
ébécille. Vo saivé aitô ce qu'el ai advenu. Et 
bé el en serai de maime du socialisme, car le 
socialisme n'a pa autre chose que lai vrai, lai 
bonne république, c'a révangile mis en action, 
ç'at-ai-dire que c'a l'application dé réforme 
sociale possible, comprenan lai diminution dés 
impo en faveur dé prôve et dé petit proprié- 
taire, Taboulition dés impo indirect, l'organi- 
sation du crédi public et du travail, etc., etc., 
tôte chose favorable es poysan. 

Et bé, potan el y ai ancor dé barrai qui 
croyent que lé socialisse veule patégé lo bé. 
Aussi, quant je panse ai tô celai, je ne peu 
m'ampoiché de m'écriai : Prôve France! Oh! 
voui, prôve France ! car il ai ancor bé besoin 
de lemeire. Vo ferein bé, peire Marcillet, de 
charrié tôt au travai vote grosse lantenne qui 
resanne ai ein garde-mangé de no vautrée, et 



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-73- 

que tô lé an, le soi dé venonge, je voi prome- 
nai po lé me de Chambolle quant vote fanne, 
lai meire Garnafa, queman vo Tépelé, vai vo 
queri ailleur qu'ai l'église. Si aiveu vote gaze 
vo parvenein ai faire voi clar es éveugle, c'a 
moi qui vo le di, vo mériterein bé de lai 
patrie. 

Ai lai revoyure. 

Jean Chaingenai. 
(Coquet.) 

Le 16 novembre 1849. 

Extrait du journal Le Travail du i8 novembre 1849. 






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DE LAI 

LOI DES ÉCREVISSES 



La confiscation des biens ne pourra jamais 
être réublie. 

(Art. 12 de la Constitution.) 

^AN la révolution de feuvrei, le pôple 

français étoo divisé en deux classes. 

Lai classe dé privilégié, et lai classe dé paria 
vou prolétaire. Lai premeire classe, composée 
d'ai peu prée 2S0 mille individu seuleman, 
formoo le poys légal^ queman an disoo. Ce 
25o mille individu s'étein résarvai le monopole 
dés élection de tôte espaice, le droit de jugé 
dan lé jury, lai facultié de faire lé loi, etc., etc. 
Lai deuxième classe, comprenan presque 
l'universalité dé citoyen actif, ç'at ai dire en- 
viron neuf million d'home, étoo composée de 
lai vile multitude^ queman le petit arlequin de 
Thiers nos épeule. Ce citoyen, comparé ai dés 
animau, es serf du moyen âge, n'aivein pas le 
droi de fourrai le nez dan lés aififaire publique. 
Je me trompe, el aivein le droi de poyé lés 
impô, de faire dé corvée vou prestation et de 
fourni dé solda po gadai lés autre. 
Lai République, en émancipan, au moyen 



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-75- 
du souffrage univarsel, lé paria vou si vo vêlé 
lé deshéritié, aivoo passai le nivo su lé deu 
classe de lai société, de tei sote que le grand 
principe de l'égalité étoo proclamai en faveur 
de tô lé citoyen, san exception. J'étein en 
celai rentrai dan note droi naturel, car, en 
créan lés home ai son imaige, le bon Dieu n'ai 
entendu créé ni caste ni distinction entre lo. 
Et je penson bé que lai bande noire, lai bande 
dé jésuite, ne veu pa no contredire sur ce 
poin lai. 

Depeù pu de deux ans, lai nation tôte en- 
teire en exerçan le souffrage univarsel, jouissoo 
de ce droi naturel, inhérent ai lai qualité de 
citoyen, et celai d'ène manière paisible, non 
équivoque et non interrompue queman dit le 
grimoire dés homes de loi. J'aivein don la 
possession de fait et de droit po établi note 
jouissance, et po titre lai Constitution fran- 
çaise, lai Constitution française discutée, votée 
et proclamée par Tessambiée constituante, 
acceptée et jurée formellement par le présidian 
de lai République. Aiveu dé titre aussi sacré et 
aussi solennel, jaimoi an ai vu lé droit si bé 
établi et moin susceptible d'être entrepris en 
procès. 

Et potan, chose inouïe, ne velai-t-i pa que 
17 roué en poulitique, 17 jésuite au cœur 
jaune et refrogné queman ein vieu parchemin 



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-76- 
féodal, n'écoutan que lai voix de lai rancune et 
lote instinct de domination, se son fourrai 
dan lai caiboiche de confisquai, au détriman 
de lai majeure patie dé citoyen que lai Répu- 
blique ai émancipai, ce droi si bén établi, si 
bén acqui ! 

Ne velai-t-i pa que ce 17 aristo, ce 17 bur- 
grave, s'entendan aiveu ce qu'an épeule lai 
majorité de lai Législative, se mettein ai no 
chaiffaudai, eu pas de course, ène loi électo- 
rale qui rétabli deu catégorie, deu classe rivale 
dan lai société, et tôjo prête ai se dévourai, 
ai s'entrégorgeai ; ène loi qui, en violan for- 
melleman lai sôveraineté du pôple, rétabli ein 
cens électoral, et no fait; recueulé, queman lé 
écrevisses, dan Tornière du tam passai 1 

Ai fau le dire, ce gan lai sont bén éveugle 
vou bén imprudent, car en créant dés esclu- 
sion, en divisan lai nation en deu camp, ça 
pourroo no pousseai ai ène révolution nôvelle ; 
ça pourroo no menai tô droi ai lai guerre 
civile en permanence. 

Que répondron-ti quand ceu qu'el airon 
esclu de lai grande famille politique lo diron : 

« Vo, majorité, vo n'aivein pa le droit 
d'attaquai le principe de lai sôveraineté du 
pôple, pace que lai sôveraineté du pôple 
at ein droi antérieur et bén au-dessu de vote 
mandat. Je prétendon d*ailleur que vo ne 



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— 11 — 

représenté pu Topinion actuelle de lai France, 
et ça préciséman pace que vo sente que vo 
n'ai pu l'assentiment du pays que vo vo dépoi- 
ché de faire vote loi incendiaire qui ne doit 
aivoi vie que dan deux ans. Au surplus, en 
vote simple qualité de mandataire, vo n'aivein 
pa lai faculté de no dépouillai de note pro- 
priété, de note droit de sôveraineté, droit 
sacré et imprescriptible, telleman imprescrip- 
tible que je n'on pa le pouvoir d'y renoncé 
no maime. En celai vo rétablisse lai confisca- 
tion dé bé et potan lai constitution, dan 
l'article 12, le défend d'ène manière formelle! 
Peurnez gade, vo créé dé précédent qui peuve 
vo deveni funeste 1 » 

En jurisprudence queman qualifîeroo-t-on 
ein fondé de pouvoir, qui abusant de son man- 
dat, céderoo ou confisqueroo, ai son profit, lé 
droit de son mandant ? Répondez. Et si vos no 
retranché nos droits de citoyen, no tinré-vo 
quitte de tôte lé sarge qui peuse su no, quoique 
non inscrit su vote rôle dé taille? No dis- 
penseré-vo de poyé tôte espaice d'impô de 
consommation, de fourni dé conscrit po vo 
gadai et vo faire dormi tranquille, de pranre 
lés arme dan lé rang de lai gade nationale en 
cas d'invasion ? Non ; et bé ! convenez donc 
que vos été loin d'être juste vis-ai-vis de no. 

Ai ein paroille langaige el n'y ai pa grand 

7- 



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-78- 

chose de bon ai répondre. C'a poquoi je vion 
lés avoca fot-en-gueule de lai droite ne dire 
que dé bêtise et dé sôtise dan lai discussion de 
lai loi de lai réaction. 

De ce que lé bian on pri lai détarmination 
si grave de jué lote va-tout, queman an dit, 
ai faut conclure qu'ai se manigance quéque 
noirceur, quéque diablerie dan Tombre. Ai 
fau croire que \è taupe travaille viveman ai no 
miné le terrein deseù lé pié. 

Ainsi, an di que lé légitimisse et lés orléanisse 
se sont mi d'aicor ensanne, au moyen de ce 
que le citoyen Gambi Dieu^donné^ qui que- 
man lé mulai, se treuve incapable de contunié 
sai noble race^ jouiroo, sai vie duran, du 
Trône de France, sauf ai le laissai aiprée sai 
mo au citoyen comte de Paris, petit-fils d'illus- 
trissime, grandissime, avarissime papa Ludo- 
vicus-Philippus, darrei roi de France par lai 
grâce de Dieu. 

An dit qu'an veut contunié lé pouvoir du 
présidian pendan dix an, en augmentan se 
gaîge de quéque million de franc po le mettre 
ai maime de faire pu de bé qu'ai n'en fait. 

An dit que le duc de Richemont, Louis 17, 
se met aitô su lé rang po réclamai l'héritiage 
et lai position de son défunt père Louis 16. 

Anfin an dit ancor bé d'autre chose, ma 

Vai-t-en-voi si ai veune^ Jean, 



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— 79 — 

Tené, messieu lés aristo, ai fau pranre.vote 
parti, car vos aire biâ ai vo remuai, ai vo to- 
devillai queman dé diabe dan ein bénitiée, vo 
ne no rémeunerai pa le passai, le tam dé 
ténèbre et dé momerie. Tôte vo guillevesée du 
droi divin, de légitimitai, ça n'a que du vieu 
riblon, de lai veille monnaie qui ne passe pu, 
car tô celai ne vau pa maime ein assigna de 
cinq sols fabriqué en g3. Ce sont de veille cate 
dont an ne jue pu et dont an ne juerai pu, pa 
pu que de lai Sainte-Ampoule. 

Amen. 

Jean Chaingenai. 
(Coquet.) 

Extrait du Peupl* du $ juin 1850. 



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tttttttttttttttttttttttt 



LETTRE 

DE MIMI CREUPIA AI JEAN CHAINGENAI 

Esbarrçs, le i6 juillet i85o. 

Citoyen Jean Chaingenai, 

met lai main ai lai plieume po me 
baillé lai satisfaction de m'entreteni un 
moment d'aiveù vo, ai Toccasion dés tribula- 
tion et dés misère poublique que no bâillon 
ai tire-Larigot lés citoyen que j'on chargé de 
no gouvarnai. Quant an ai du guignon, quant 
an â turlupigné et quan an i peu ran, an char- 
che ai confié ses ponne et ses tribulation ai 
quéqu'un qui no pliainré et qui charcheré ai 
no reconseulai. Ah ! j'en on bé besoin de 
reconseulation et d'encorrégeman dan ce mo- 
ment-ci ! Dire que no vlai ai lai veille d'eine 
belle récolte que no-z-airai tan réjoui dan le 
tam, et peu qu'au jo d'aujedeu sai ne no sent 
ran ! Queman vlié vo qu'an se réjouisse quant 
an pense que du bliai qu'an ferait vendre trois 
livres quinze sou au moin po pouvoi teuché 
lés deu bout, qu'an a-t-obligé de baillé po 



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— 8i — 

quarante sous, et peut-être qu'an feré le baillé 
ai moins c' tannée 1 Ça bé fichant ; ma ai qui 
lai faute si le comerce ne vai pa ? Ai qui lai 
faute si lés négocia n ne faisont lés aifaires 
qu'an rechignant ? Est-ce que c'nà pa lai faute 
du gouvarneman que ne cesse pa de tormantai 
le monde d'aiveù ses allure de Croquemitaine ? 
Est-ce que vo croyé que ceu qu'on de l'argent 
se seucisse bé de le mettre dan le comerce, 
quant an s'étend teu lé jo ai ein boulvarse- 
man ? Ai l'on ma foi bé raison de le gardai 
dan lo cueufre, car ai ne serai pa étonant, de 
lai manière qu'an no gouvarne, qu'un jo ai 
veni i sint obligé de no sauvai po échaippai es 
Cosaque. Lai république dépliait ai nos gou- 
varnan : ai ne no le caichont pa, pusqu'ai le 
disont publiquement ; ai ne lai souffriront pa 
long-tam ; ai tâchont de lai démoli p'tit ai 
p'tit, ma sai vai trèu doucement, i croit qu'ai 
n'airont pa lai patience d'allai jusqu'au bout 
d'aiveu ce moyen lai ; un bon jo ai se décidront 
ai empruntai quéque milliers de Cosaque po 
aivoi pu to fini. Ah l preuve paysan, qui vo 
voi pneu 1 Echigniez vo don de travaillé, 
évantrouillez vo don depeu le maitin jus- 
qu'au soi ; ai peu, quant vo vo z'airé préparai 
eine jeulie récolte, lés cosaque vo lai fairont 
fauché en harbe po lai baillé ai lo chevau. Çà 
teu de même bé déseulan de pensé que pa- 



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^ 8a — 

reille cheuse peut no-z-érivai. Que le bon 
Dieu no-z-en présarve l 

Ah ! mon preuve Jean, que lai diférance a 
grande entre ce qu'ai faisont et ce que Taivint 
preumi de faire ; quant i me repasse dans l'es- 
prit tcu ce qu'ai no-z-on dit, teu ce qu'ai Ion 
projetai, i se étonnai que le bon Dieu ne les 
punisse pa, po lo z'éprandre ai no-z-entortillé 
d'eine manière si déloyale. Oh 1 j'espère bé 
que lai bonne providence ne s'en tinrai pa 
lai ; et que pu tard ai s'en modront lés doigts. 
Disez me voie si ç'na pas l'diaile que lo baille 
dés conseil ? I croyint, queman ai no l'aivint 
preumi, qu'ai s'airangerint de manière et de 
faiçon que teu le monde serai contan, que le 
comerce irait bé, que lés impo serint diminué, 
que lés emploi inutille serint suprimai, que teu 
le monde s'écoderai queman dé frère, et ce- 
tera, et cetera; et peu de teu celai ai n'en a ran, 
ma ran du teu ! Ben au contraire çà ancor pei 1 

Ah ! mon cher Jean, j'aimerint mieu Louis- 
Philippe, oui cent fois mieux Louis-Philippe, 
que teu se barbare qui no-z-entende épelai 
vile multitude, ai qu'épliaudissont de pa- 
reille malhonnêteté, au lieu de répelai ai stu 
qui se parmi sté grossierté lai, que san no 
sai serai pcheu de cheuse que lo. Ai peu snâ 
pa ran que dans lotte sinagogue qu'ai se meu- 
quon de no, ai venon ai notte nez, ai notte 



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— 83 — 

barbe se maulai de no-z-aifaire , de ce qui 
dison, de ce qui penson et de ce qui faison. 

Figuré vo, mon cher Jean, que dimanche 
passé, pa pu loin, M. le juge de paix ai pu un 
gendarme sont venu dans notte pays faire eine 
parquisition dans lé conscience de i5o de 
no-2-habitan; oui, i5o de no brave républi- 
cain que ne demandon ran autre cheuse au 
bon Dieu que de meigé tranquillement du 
pain ai queique fois de lai viande lé jo que 
c'na pa défendu, ont été mandai devant M. le 
juge de paix et M. le gendarme, que vélo savoi 
poquoi ai se sont parmi de signai lai pétition 
contre lai réforme. électorale. Mettez-vo dans 
lai position de se brave paysan qui ne con- 
naissent pa lai loi, ai qui ne saivent ce que 
lo-z-â défendu que pasque lai naiture lo fait 
distinguai le bé du mau. Se preuve gen qui ne 
s'étendint ai ran, ont gruillé de teu lo membre 
quand en lo-zé dit quai Tétint coupable d'aivoi 
signé dé pétition. Ai ne pouvint pa en reveni 
quand le juge de paix ai ajoutai en faisant dé 
gros euille qu'ai s'étint mis dan ein mauvais 
cas. Jugé voi,,mon preuve Jean, queman se 
bonne gens peuvint s'étandre ai se voi tor- 
mentai po aivoi fait ce que lai Constitution lo 
baille le droit de faire. 

Vlai portant dé gens qui sont ben innocent 
qui ne dormiront pu ran ni jo ni nu et qu« 



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-84- 
n*eusont pa se pliainre pasqu'on lo répond 
quand ai se pliaignons que ça le gouvarneman 
de lotte choix que s'érange queman celai. 
Quoi répondre ? ai baissont lai tête et peu ai 
s'envont chécun ché lo en disant : Ah ! si c'éto 
ai refaire... oui ! mais ai n'a pu tam ! ce qu'a 
fait â fait, en étandant, qui que l'ai gobbe ? 

Çà teujo bé fichant, mon preuve Jean, de 
voi allai lé z-aifaire queman ai vont. Vlai por- 
tant dé gouvamant que disent ai teu ceux que 
veliont lé-z-entendre quai sont lé défenseur 
de l'ordre, de lai religion, de lai propriété ai 
peu de lai famille, et qui ne s'occupont qu'ai 
faire endauvai le monde. Regadé voi si ce n'a 
pa malheureux que se preuve gens d'Esbarre, 
que ne vlions ni mau malice ai qui que sai 
soit, se trouvint chagrignai ai propo de ran : 
car ai faut bé en conveni, ai n'ont point fait 
de mau; poquoi donc qu'an ne lé laissé pa 
tranquillement rémossai lo foin, sacliai lo 
torquai et faire lotte moisson? Ai-ce que ce 
n'a pa offenser le bon Dieu que d'allai lo 
baillé du seuci, lo qu'an ont déji tant ? Quoi 
que sai répottré ai Tordre, ai lai religion ai 
peu ai lai famille quant an aire bé tormantai 
se preuves gens? Ai-ce quai se ficherint bé dan 
lai tête que teute se tormantation lai feront 
deveni bian ceux qui sont rouge l Ai se trom- 
pent jeuUman si ai comptent lai dessus. Qui 



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.— 85 — 

serai le diaile qui vrai faire bande aiveù dé 
gueuriâ queman ces bian ? Ai ferai aivoi tuai 
père ai mère, vou bé padu lai tête. Ai Ion biâ 
faire, ceux que trouvent lotte conduite mau- 
vaise aujedeu ne lai trouveront pa moillou 
demain. Chen échaudai craint Tiâ froide. 

Ç'at égal, i vivont dan ein mauvais moment ; 
on dirai que toute lés pliaies de lai société se 
serint boillé rendé-vous dan nos campagne po 
no faire lai vie dure. Samedi passai, lai voille 
de lai visite du juge de paix et de M. le gen- 
darme, un incendie ai consumai deux maisons 
de notte poys; c'étoo quéque chose de bé 
triste que de voie ses preuves gens regadai 
cliairé lo preuve maison et lo preuve meubles. 
Teu le monde étai dan lé cham, lé secours 
sont venu treu tat; lé gens dés pays voisin 
sont venu tant vite qu'ai l'on peuvu, chacun 
faisai son devoî, jusqu'ai M. notte juge de 
paix qu'étai venu ai chevau, que se parmenai 
d'aiveu dé mossieu de lai ville, qu'étint venu 
voie, eux. Ah ! ce mossieu le juge de paix ne 
fait pas queman faisint ceux que l'étint devant 
lu, ai l'entend tout ai fait bé son affaire, ai fait 
parfaitement lai paulice. Quand l'iâ ai man- 
quai po faire marché lé pompe, dés individus 
qu'étint venu de loin teujo courant et qu'étint 
essuffliai, se sont parmi de se repeusai pendan 
qu'ai n'aivint ran ai faire ; ma mossieu le juge 

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de paix ne lo-2-aivai pa parmi de se repeusai ; ai 
lai dit ai un dé lo qu'était bé Êitigai : c'a vrai, ma 
$ai ne fÎEdt rao, vene^ avec moi. L'individu ai 
qui ai s*édrossai se parmi de U répondre qu'an 
ne pouvai pu travaillé, faute d'ià. Ma M. le 
)uge 4e paix n'ai pa treuvai la réponse bonne, 
ai U ai décliairai procès-verbal. L'individu 
n'étai pa content, ai se disai : ma pouquoi 
donc qu'ai ne fait pa travaillé se mossîeu lai 
qu'ai se promenont d'aiveu lu? Ai faut être bé 
bornai po faire eine pareille observation; 
queman» ce jean béte lai ne voyait i pa que si 
se mossieu s'étint mis dan lai çhaine queman 
dé paysaot, dé malotru, qu'ai l'airiat teu- 
t-ébimé» ^eu froissé lo cuillette biancfie et peu 
lo soulié ciré l ç^i serai bé fait po lu si an 
pouvai le condamnai ai lai prison po le resce 
de ses jo. 

I se po 1^ Yi^ votte îeu dévoué 

MiMi Crbupia. 

Battrait dt Ftiipk àû U )mllet X850. 

m 



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LÉBIAN 

CHANSON PATRIOTIQUE 
Sur r«r : Its Gwtux, kt Gutiu (4c Bériiiftt> 



i. biail, lé bian 
Son dé bon enfan 
Vive lé bian i (bis,) 



Teu ce bian que Ton crétiqu« 
Son bé moillou que Ton di; 
J'an gaderon dé relique^ 
Si ai Yon vite an pairaicli. 
Lé bian, lé bian, etc. 



Po no gouvarnaî, el émeune 
Ein prince qu'à curassié ; 
Allon, que lé quièche seune 
An rhonneu de ce gairié. 
Lé bian, lé bian, etc. 



£1 à béâ queman ein ange ; 
Si el at ein pecheu billa, 
El 9i le bonheu an revange 
D'eitre rouge et d'eitre gra. 
Lé bian, lé iHan, etc. 



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— 88 — 

Teu queman ceu de sai raice, 
Ai guaîri san pare eîn sou, 
Ran qu'an an teuchan lai piaice, 
Le peut mau de Sain-Marcou. 
Lé bian, lé bian, etc. 



Aussitôt son airivée 
Oh ! quei gran bonheu po no ! 
I von raivoi lé corvée : 
J'airon gangné le grô lo. 
Lé bian, lé bian, etc. 



I seron si ben ansanne 
Aivu le seigneur du leù. 
Qu'ai posséderé no fanne, 
Brâman, lai premeire neù. 
Lé bian, lé bian, etc. 



Ai moin d'eitre dé Gribouille, 
Quan not seigneu dormiré, 
I chaisseron lé renouille 
Que peurein le révaillé. 
Lé bian, lé bian, etc. 



Si lai poiche, si lai chaisse 
No réjouissein quelque foi, 
Ai baillein de lai paresse. 
On nos euteré ce droi. 
Lé bian, lé bian, etc. 



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-89- 

Lé bon curé que nos ainme 
Von vite, po no sauvai, 
Rétabli gaiman lé dinme ; 
Çk vraiman treu de bontaî. 
Lé bian, lé bian, etc. 



Vêlai lé moindre largesse 
Que le billa no feré, 
Quant an France son ailtesse 
Tranquilleman raigneré. 
Lé bian, lé bian, etc. 



Por eîn prince de lai sote 
Qu'a ce qui devon soitai ? 
Que du ciel ai voi lé pote 
Aivan de no gouvarnai. 
Lé bian, lé bian, etc. 

Dodo, 
Cabaretié dan le canton de Genlei. 



Extrait du PtufU du 31 juillet i8$o. 




8. 



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UÈCUEULIÉ ET LAI CANCOIRE 




FABLE 



^TODi, queman ai son âge 
Ein jeuae êcueulié, au moi de mai 
Dan ein jadin treutai, corai 

Et suteù faisai du taipage. 

Qu'à ce don ? Vêlai qu'ai s'éréte. 

Ai vein de remarquai, veulan 

Teut auto de lu, an bordonnan 

Ene peute petite béte. 

L'ècueulié, lu, lai croi jeulie. 

Elle veule, ç'ât ein ousià 

Que vinré gro, que seré bià. 

Po Taivoi, ai baillerai sa vie. 

Lai béte, aiprés queique tonée, 

Se peuse, ai lai pran. Quei bonheu ! 

Jaimai on ai vu anfan si joyeu; 

On ne peu s'en faire ène idée. 

Ai veu relevai. Queman faire ! 

Celai devein ambaraissan. 

Po le guidai, ai core en chantan, 

Demandai ein aivi ai son fraire. 

Cetu-ci aivai pu d'espériance 

Que not êcueulié, son cadai, 

Et lai bète qu'on li potai 

Etai bé de sai quenneussance ; 

Ai ne peu s'ampoiché de rire, 



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— 91 — 

Quan l'enfan ne se santan pa 
Li crie ; voi donc le geuli ousia ? 
Et teut aussutoo de li dire : 
Peuvre aimi ! ce que fai tai gloire 
N'a qu'ein animau dégueutan, 
Feignan, libartin et gorman, 
Ton ousià n'a qu'éne cancoire ! 

Ne non pa treù, i vo prie, 
De ce peuvre dreulai, 
Car i no son trompai 
Queman lu an note vie, 
Et san comparaison, 
Dan pu d'ène élection 
J'on pri, vo peuvez me croire, 
Po dés ousià dé cancoire. 

Dodo 

(Coquet] 



Extrait du Pm^ du 9 août x8$o. 



«îê<^«^ 



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VIVH LE PRÉSroiAN! 



Sur V$s : Dzim hoitm, Uc. 



ziM, boum, rentanpian, f . . 

Vive ai jaimoi le présidian ! 



El at élu ; quei bonheu po lai France ? 
An n'y airai pu, po no ravi no droi, 
Des esploitou. Ça lai not espérance. 
Ai lai preumi l çà paireule de roi. 
Dzim, boum, etc. 



Si teu de suite, an antran dan sai place, 
Ai n'ai ran fai conçarnan nos impo, 
Çà par bontai, vou putoo par saigesse ; 
Ai se seré di : ai vau mieu ta que too. 
Dzim, boum, etc. 

J'aivein dé club l'avou y peuvein teu dire 
Su nos aififaire et su no gouvarnan; 
An bon chrétien, empoichan de médire, 
Ai n'an veu pu, j'an son requeunneussan. 
Dzim, boum, etc. 



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-93- 

Quelque jonau no répeteîn san ceisse : 
Ma, bon Françai, teu vo droi son paidu ! 
Vite ai preupeuse ène loi su lai preisse. 
Elle à votée, ç'at ein béfai de pu. 
Dzim, boum, etc. 

De son aimour, ai baille treu de gaige ; 
Ran ne l'éréte. Ai no traite an sujai. 
El à si bon qu'ai prive du sufifreige 
Lé mauvai ga qu'aivein pu le nomai. 
Dzîm, boum, etc. 

Teu lé milion qu'ai demande ai lai France, . 
Seron po no, i peu le çartifié. 
Dé labourei, comprenan lai seuffrance. 
Ai fait sai bourse, aifîn de lés aidé. 
Dzim, boum, etc. 

Si lé Cosaque aivein jaimoi l'idée 
De nos attaquai, ai sairé lé puni. 
Po les chaissé, sans quittai l'Elysée, 
De son brave uncle ai mettrai les haibi • 
Dzim, boum, etc. 

Et ma j'y panse ; ai n'ai pu deux année 
Ai présidai. Qu'alon no deveni I 
I n'an sai ran. Lai France déseulée 
Devré potan, an pare son parti. 

Dzim, boum, rentanpian. 

Vive ai jaimoi le pre'sidian ! 

(Coquet.) 

Extnût do Pênik do 14 août i8so. 



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m^R'^R^i^&^^&^iè^i^^ 



JEAN CHAINGENAI 

VBIGNERON DE LAI COTE AU CITOYEN 

DODO MARaLLET 

CHAKRBTOIf AI CHAMBOLLE 



Mon vieu Marcillet, 

I'ai praîsque anvîe de vo chantai Tan- 
I tienne qu'Henri IV écrivi ai son brave 
Grillon, aiprée lai bataille d'Arqués : Pends- 
toi y brave Marcillet , nous avons combattu 
sans toi. En effet, effectivement, mon vieu 
cousin, vo nos ai manquai, vou bé putot vote 
grosse voix de lutrin nos ai fait faute dan lai 
grande, l'immense sérénade populaire qui, 
pendant troi jor, ai réjoui, régaudi, \e n'en 
dote pas, l'airoille du citoyen présidian, 
L. Bonaparte, lor de son passaige ai Di)on. Au 
lieu de restai ai boiché mai veigne, vou ai 
moissenai mon champ queman vo l'ai fait, 
ainsi que bé dé camarade dés environ, j'ai 
quitté ein môman lai maille, et lundi, doo le 
maitin, j'ai graissé mé soulié de fête et pri mon 
chevaù de caneulei po veni poyé mai dette de 
citoyen ai lai République. 



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^95- 

h vo dirai san ûr que tos ai p^idu gros en 
restan ce jor lai prée de vote marmite, car vos 
qireia vu dé chose bé drôle et bé curieuse 
qai, boagré maugré, vos airein dessarai lé 
babeigne et fait regrigné vo grande dents que* 
man ein jeii de domino, en maime tam que 
yp3 airein joui de Tun de ce spectacle sérieux, 
saisissant, qui vo baille lé frémi dan tote lai 
piâ, qui vo remuç Tame et lai charpente du 
eorps, depeù le bout dés atei jusqu'ai lai 
pointe dé cheveu, tôqueman quand vo crôli 
vote peurnei de pr^une fourouse. 

Ainsi, lundi, dan lai $oirée, vos airein tu 
passai dan lai rue de lai Liberté éne bande de 
cillante ai soixante individus, es lèvre noire, 
drapeau en tête, criant de tems en tems : Vive 
Napoléon ! po se faire aivoi soi, étandu qu'an 
los aivoo baillé, dit-on troi franc ai chécun po 
figuré dan lai pièce de comédie. Vos airein vu 
qu'aussitôt qu'ai faisein migne de criai, el étein 
aussitôt abasourdi, épiaifi par le m de Viv$ 
lai Bépukliquet poussé d'ène &i(oa fbrmi« 
dable su tôte lai ligne. 

Vos airein vu lai bande, rédute de moitié en 
sotant de lai préfecture, se sauvant au pas de 
courir devant ié huée et lai ricanerie de lai 
vile multitude, ûa réppte maime que ce brftve 
g^ ont étai prî en chaîsse, devant l'église 
Notre-Dame, par ein certain nombre de 



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-96- 
citoyen, et qu'ai nont eu que le tanv de frômai 
ènc grande pote po évitié ène éverrée. 

D'ein autre coûtai, ai rériyée du présidian, 
vos airein.vu depeu lé Chatreu jusqu'à! lai 
pote de lai Liberté, et depeu lai pote de la 
Liberté jusqu'ai lai préfecture, vos airein viu 
presque tô le monde, homes, i^ne et anfan 
criant : Vive lai République! et celai d'eine 
^Diiçon si unanime, si formidable, qu'an se 
sentoo grulié et frisonne de saisisseman. Je vo 
le déclare, j'aimoi je n'aivoo antandu le pople 
protesté si énargiqueman de son amour et de 
son dévouement po lai République. 

Ceu qui n'ont ni vu ni antandu ne peuve 
se faire qu'ène faible idée d'ène paroille ma- 
nifestation. Croyé-me, Marcillet, lai Répu- 
blique n'ai pu de sang bian dan lé veine et ne 
meurerai pas de consomption. 

Le mardi maitin, vos airein vu tô les fonc- 
tionnaires publics obéissant au décret du 
24 messidor an XII, veni ai lai préfecture 
randre foi et homaige au chef du pouvoirexé- 
cutifle. Lai vos airein vu dé gro jugeurs en 
robe rouge, d'autres en robe noire, dé grands 
juge de paix de lai campaigne espérant mieu, 
dé grands trainou de sabre, dé notable, dé sou- 
tane, dé tricorne, dé campeune aiveu lo couifife 
de melin ai vent, et enfin tôte lai kyrielle dé 
gens qui ont piaice au ratelei du budget. 



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— 97 — 

Ai lai revue, là yoù j'ai pu sarrai la main ai 
note camarade Mimi Creupiâ, vos airein vu 
premièreman ein vieu général ayant lai caisse 
de l'armée des Alpe su le dos, le devant de 
l'estômach garni de couvre-piai et de tôte 
pièce queman ein chaudronnier ambulant, 
faisant caracolai son chevau po devan, po 
darrei, par coûtai, virant son grand sabre 
queman ène franbôle et tô celai po se faire 
remarquai, po faire le dameret, le jeime home. 
Que pidié 1 

Deuxiémeman, vos airein vu dé fermié man- 
dai exprès par lo borgeois, dés marillei et dés 
églisié de tôte sote émenai par dé curé lo 
chef de file, tô celai po salué le présidian et 
non lai république. Vo airein vu de ce fermié 
Embrigadé qui, po braillé Vive Napoléon! 
ôvrein lai gueule tô queman dés ânes qui 
santé lai bourrique ai dix pas de lo. 

Et maugré tô celai, le pôple, lai vile multi- 
tude queman nos épeule le roquet Thiers, ai 
aivu lés honneurs de lai jonée. Le cri de vive 
lai République, vive lai Constitution couvroo 
tôte lé voix réactionnaire. Lé bian ont étai 
confondu , quoi qu'en dise tô lo jonau qui, 
quant ai celai, no chante dé manterie aiveu 
ène effronterie que je ne pourroo qualifié. 

Je ne vo paierai pas de lai réception du 
présidian ai Montbard, ai Vitteaux, ai Som- 

9 



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-98- 
beraon, ai Velars, ai Plombières, ai Nuits, ai 
Baune, car vo saivé déji que lai, queman ai 
Dijon lai réception ai étai bonne po lai 
République. 

En résumai, les trois jonée ont été bonne, 
et si note présidian a républicain, ai doit être 
bé contan. Moi je le seroo daivantaige, si vos 
aivein étai aiveu no, mon vieu Marcillet. Ma 
ç'ai serai po éne autre fois. 
Ai la revoyure. 

Jean Chaingenai. 
(Coquet.) 



Extrait du PeupU «lu i8 «oût iSjo. 






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LÉ LUMÉRO 

DÉ MASON DE BÉASNE 

Planteligone, le 3o d'aivri i865. 

Mossieu rCaousou d'iai Publicité, 

^ssE qui n'no zaivaîn pa mi dan lai tête 
laote dé jo, d'no zalai promenai ai 
B^asnê, no troi le Dodo d'iai Gueuleute, ai pu 
TBinbin Tordbotte ? Allon, çâ bé, no v'iai 
d'aivô chaiquin nof billet d'3«°»», ai étende le 
train du maitin; ma, harrié, tos lé vagon 
(l'3eme étain piain ; gniaivoo pu d'piaice dan lé 
2Miie . y'iai ti pa qu'M. Duclos no fai montai 
dan lé preumeire. Jamoi d'iai vie y ne no 
z'étain trôyai en té saoce l Ça domaige, quan 
on s'trôve charrié qu'man çai, de n'pa arrivai 
ein p'cho pu ta qu'les aotre ! UDodo disoo en 
s'roûtenan su lé coussin qu'étain aussi dou 
qu'si c'étoo d'iai pieume d*ouiôtte : 

— Di dan, Tordbotte, tu n'trôve pa qu'on a 
ici aussi bé qu'en voiture ? 

— Y pense be ; ça enco bé pei. 

Ai pu y n'o z'étôffein d'rire. Arrivé ai 
Béasne, y déjeunon ma foi bé au Chevreuil, y 



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— lOO — 

prenon l'café, ène bonne gueutte po lai d'su. 
— ce n'a pa tô lé jo fête — et pu j'allon voi bé 
dé chose. J'en paleré pu ta. 

En sotan d'ché M. Courtot, l'crâne pa- 
tissiai v'iai l'Binbin q'no di : Tienl ma r'gadé 
don I tôs lé chiffre au d'su dé mason d'ici ont 
d'van lo ène N, é pu ein p*tiognieu » ai coûtai. 

— Ç'ai m'parai, qu'li di Tordbotte, qu'sû- 
reman lé gens d'ici n'airain pa su c'queirain 
velu dire lé chiffre 1,2, 3, si ai gnaivoo pa eu 
dVan No, po lo faire bé companre qu'çaitoo 
n® i,no 2, d9 3. 

Ai Dijon, ce n'a pu çai, ma ai Béasne, qua 
que vo vêlé l Y no son di, ça qu'man le fameu 
Pontl ai parai quai son tôjo aussi rustique, lé 
Béasnois. Ma c*qui vo di a vrai. Si vo zy 
passé, r*gadé bé au d'su dé pote. 

En r'tonan ai la gare, j'on vu é charlatan 
qu'vendoo dé drogue. Si vo zaivain vu les 
Béasnois l el étain tô turoille po écoutai lé 
mante qu'ai lo débitoo. Ai gôbain çai. Voi!!! 

Y n'on poin vu d'mascarade, ma çai n'em- 
poiche pa qu'd'aiprée ce que no zon répondu 
quéque gens ai qui j'on palai, qu'ai gnié enco 
tô po lai bé dé carmantran. 

Enfin, j'aivain vu dan lai jonao de Béasne, 
nié troi mois, qu'èhe veille fanne aivoo paidu 
é chaie tô noi, tô noi, tête jaone, pette biain- 
che. Y regadain su tô lé couver dé mason 



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— lOI — 

ai n®, si y n'ie voierain pas. Esse qui n'on pa 
retrôvai Tchaie i seuleman c'nétoo pa le 
mainme. 

L'train quVenoo se mi ai subiai, j'on retonai 
ché no, ma ce côci an troisième. J'y revenron 
enco ai Béasne. E Béasnois 111 (ai m*ùd tôjo 
rire! 

Friquet. 
(Rougit.) 



Extrait de U PtMicUi du 4 mât 186$. 



TFT 



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%mmmmmmmm^. 



Cx^ Cfi Ct^ Ct^ Ct^ ci^ Ct^ wf^ Ct^ Cf^ 



AU 



MATE DU JOURNAU DE BIANE 



WNA/S/WA> 



Mossieu, 




|b venon de voi dan un pépier qu'arrive 
tôt contan qui s'eppeule Lé Publicité^ 
q\?â^ évot troa tignoux de Dijon qu'étînt 
venu é Biàne po Tchemi de fer, qu'ai avint 
déné au Chevreu , qu'ai avint bevu dé petit 
varre a peu éprée qu'a s'éteint abuillés é 
s'gausser dé gens de Biàne, d'ieux maïons, 
d'ieux ponts, etc. Le sieur Friquet, houme de 
laites distinguai, dit combin qu'aleùrent de 
plaï en viant des N avou dé petits zéros juchés 
à fin dessu des pôtes. Ces mélins diant que 
sans ce que les rustiques de Biàne n'aurint 
pas sévu ce qui velot dire i, 2, 3, 4 qu'a ne 
counassint pas les luméros, qu'on ne viot ce 
qui que Biàne, ma que Dijon, le pays des 
fortes têtes, on n'étot pa si simple. 

Poves innocens qu'a ne fiaint donc pas tant 
lé mélins, a sévant portant ben qu'a ne l'sont 
guère ; duvint don qu'a l'ont mettu des D su 



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— io3 — 

leux bournes fontaines, c'étot don pou qu'on 
ne les peurneusse pa pou ce qui de Biàne, ou 
bin si ce qui veut dire Dadais \\\ 

Qu'ai appeumint don eumecho le patois 
borguignon évant de tant jasé et peu qu'a 
chongint à père Monge qui connassot ben 
mieux lés chiffes que zeux et qui n'étot por- 
tant pas de leux pays.... 

Métenant quant à revînront é Biàne regarder 
a dessu de nos portes, qu'à voyient don umcho 
à dessu de c'téqui d'nos couchons à recon- 
nasseront mieux le luméro de leu logement. 

A diant étô qu'a yévo d'vé lé gare un char- 
lattan qu'attrappo le monde et qui diot des 
menteries qu'lés biànés dressint leux éroilles, 
été qui, a ne Tant pa éventé. Piron qui lé fiît, 
évot de l'asprit, zeux é n'en ont point : Piron 
ça Sain-Antône et zeux ça l'animau qui le 
suvot. 

E propo v'sévez ben l'chet nouère qu'lé 
fomme évot pardu, et qu'à diant qu'on évo 
retrové, a s'étint trompa, a le mingirent po du 
lépin éveu l'Dodo de la Gueleute, l'Binbin 
Tordbotte, M. Friquetet le sévant M. Lepeur- 
nellé 1 

On nous émeune à mutan des champs un 
bout de pépier, qui fait à sévaire que lé pauvre 
béte crevée d'un uiot écafouillé dan lé maison 
du père Pié-Farré à Corcelles-les-Monts, étot 



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— 104 — 

un malheureux nommé Frtquet, dont Tasprit 
ec les conoassances ben sévues des gens de 
Biàne, avint condu é son entarrement eune 
foule considérable et sympathique, qui sera 
enco pu grande é c'tu du spiritueux Le- 
peumellé !Ii 

fiiàne, le lo mai i865, écrit d'ié min d'not 
fieu évou eune pleme d'nos ouées. 

Ben le bon jor, sauf vot* raspect, 

Jbân le Boigrou, 
(Edmond Naiceon). 



Extrait de U PuUiéUi du 1 8 oui 186$. 



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LETTRE 

DK FRIQUST AU CAOUSOU DK LA PUBLICITÉ 

Pianteligone, le 6 mai i865. 

Mossieu rCaousou, 

MAMOi! Taccidan de c'te prôve âne ai 
quate pette de M. Piedferré é fai 
^tté pu d'iarme quVo ne pansé. Lai 
Bouzaize a dan l'ca d'soti d'son lei. Ai fau 
qu'yo sein bé cruiel po répelai dé chose aussi 
tragicle. 

.... infandum, Regina, etc. 

Y m'treuvoo justeman en ch'mi d'fer d'aivô 
lai foule sympaticle que s'en retonoo. Ai bé, 
mossieu, ç'ai faisoo pidié et compassion. To 
ty récouignoo ! que train! mainme que j'eus- 
qu'ai Gevreï-Chambatin, j'étain deu po em- 
poiché es Béasnois d'séréché tô les poi d'iai 
tête ; ai Vloo s'pieumai tô tanteï, d'iai quelire 
quel étoo conte ceu qu'naivain pa pu garanti 
lai béte; ai lo débitoo dé sôtise en maneire 



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— io6 — 

d^njure. Hailàl quai disoo! Prôye béte! 
qu'man quai ton gaonai ! gniaivoo ran qu'ein 
remaide, ran qu'ein : ai Êdlloo qu'lartisse de 
Dijon r'equeumande bé au vainqueur du parc 
de s'frôttai l'euille modu d'aîvô son coutre. El 
étoo sauvai I Ma ce Dijonnais, ç'ai n'queuneu 
ran dan c'que r'gade l'ânerie I De c'coutai lai, 
ai no Tpompon 1 Ai n'peuron jamai no Trôtai 
c'tu lai l Et peu bé mieu, n'y ai ran qu'ché no 
qu'on trôveré ai rempiaicé c'tu qu'a mo. J'on 
décendu ai GevreY aîprée quai no zai eu bé 
promi de n'séréché pu ran du tô de c'que 
f zoo l'omeman d'sai tête. 

J'aivain besoin po no r'mettre, d'pranre 
quéque chose, ce que j'on fai vée lai gare, 
ché M. Burgiard, traiteur. En Vlai éne 
mason san n^ qu'a bé piaicée, au mitan 
d'ââbres fieuris, rempi d'ousià qu'iton, qu'su- 
bion d'tôte sote : lé quinson, lé mîale, lé va- 
deire, tô ty vole. Ai coûtai s'y trôve ène piaice 
d'éâ piaine de r*nuzelle, qu'ségueuzillon tôte 
lai jonée. Po été joli, ç*ââ joli 1 ma, entré dan 
lai salle, vo voieré au d'su d'iai diaice tô ce 
quai ny ai d'pu chouette au monde, vo zan- 
tandé bé, tô c'quai n'y ai d'pu chouette, ça 
moi qui vo l'di; y pale po lé zétrangé que 
n'son pa du paï. 

Ai fau bé qui lé renseigne vu qu'ai son prié 
d'veni ai CevreY-Chambatin 1*14 courant, po 



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— 107 — 
voie éne cérémonie qu's'rai diâlement belle; 
ai n'y aire inoguration dé ieutenant ai peu dé 
sou ieu tenant d'pampié, ai peu enco érection 
d'troi sapeur, bel home, d'aivo dé zache bé 
régusée, et qu'airon dé barbe longue qu'man 
lai langue de Nono d'iai Pampène. Lai xpu- 
sique jueré, Ftambo battre, lé fille et pu lé 
gasson triquôteron dé queusse su Tpiancheï 
tôte lai soirée ; tô lé zàbre d'iai promenade 
s'ron étiairai Tsoi. 

Ma potan ai fo dignai devan. Baillé vo lai 
pone d'allai vée lé zhalle, ché M. Maret, é fin 
cusenei que r'vain tô frais d'Paris. Ça ché lu 
qu'on digne bel Ai mettre c'jo lai Tcoutiâ dan 
Tgarguillô d'une foultitude de poule, de bouri ; 
ai vo feré mégé dé zescargô ai lai sauce Para- 
faragaramus, po laiqueille el ai é breuvai d'sai 
proéminence M. Mégelée, le roi dé gorman. 
Ai son si bon quVo vo zen loicheré lé bôbigne 
pendan vu jo. Po fini (ma entre no soo di), y 
vai vo bailli Fsecrai. Ai s'en ai étai, é bià jo, bé 
loin, bé loin, jeusqu'ai Tonnerre, qu'ri dé 
z'étalon d'escargô, é pu ei ai fait dan né petîo 
quar de son jadin é phalanstère de ce béte lai, 
quai neuri d'aîveù d'iai fairaine d'orge, d'iai 
raiçaine de plantain et pu du vin d'quïnquine 
po qu'ai n'écrôchain pa lé fièvre. Ai lo côpe 
lé cône, ç'ai fai qu'ai son fin gras qu'man dé 
moine, gros qu'man é gamay et peu tanre 



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— io8 — 

qu'man lé pousse du mois de mai. L'^ m'en 
vée ai lai bouche ran qu'dan palai. Allé l'y, yo 
man barré dé neuvelle. Aussi el a bé sur 
d'airoi Fpremé prix d'escargô ai lai premeire 
exposition d'volaille. 
Vo Toiré \ 

Friquet. 
(Rouget,) 



EstMttd* U PuhMii du ii mai i86$. 






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LETTRE 

d'ein 
PLBUMEROU AI MONSIEU DE LAI PRBUNELLB 



Monsieu de lai Preunelle, 

[o aîvé, Dei me padone, le diale au cor I 
L'utie d'aivô se piqua n, ça du velor 
aupre de vos épeigne, et vote grain de sei fai 
lai nique ai cetu de no peire gran. Jadi, aipré 
lai jaulée, lé preunelle se fezain douçôte; 
ai cete heur, vai-t-an voi s'ai vène, Jan l 

D'aivô lote écoce, Messeu de lai Sarbonne 
côpein lai fièvre, et je vêlai que vos an baillé 
ène tei ai çeu de Béâne et de Selongei, de 
Viler, de Tailan et de Pichainge, qu'ai grulle 
lé set sau ! Si pechô que vo tenein ai vote peà, 
i vo senonge de n'aillai le demandai dé nô- 
velle de vote médicaman. 

Lai tisaine de vote fleur mettroo an ein vire- 
main lai bile an derôte ; et je vêlai que vos an 
faibriquai dé benaton ran qu'an lo fezan 
reniflai vote bôquai. 

Vote fru ressarroo pu raide que dé eu de 
chein riache, et m'a-t-aivi que lé docteu que 

lO 



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— IIO — 

dirain ce qui aujedeu, serain mantou queman 
ci airaichou de dan. 

Ai Dei vo queman. Ma si d'auquéne dé foi 
i nos airive d'éparre qu'on vos ai botté por 
iqui, vo por ilai de lai forche au.... nazou, 
diron-je que ce n'a pa po dé preunelle ? 
EiN Plbumerou. 
(Lersuil.) 



EKtndt de U PmhlicHi d« i8 mai iSé;. 



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LETTRE 

DE FIQUET AU CAÔSOU DE LAI PUBLICITÉ 

Pianteligone, 22 mai i865. 

Ai Caôsou d'iai Publicité, 

50^1 prôpo dTAicension, j'on velu en faire 
^pB ène éteu, ai peu passai dan Tchemi dé 
zouziâ' po voi d'pu loin. M. Greinpézaitre é 
bé v'iu s'sarjai d'no baïé dé piaice dan son 
bailon qu'éto tô pro ai sanvôlai. L'Binbin 
craindo d'egambai Fbarquô qu'a d'zeu lai cri- 
noline d'cé maringôle ci; ai gruïo dan sai 
piâ; ma potan qant ai lé vu que jalain déma- 
rai, ai pu que TchevaG n'sanne pa devoi 
pranre lai mo é dan, ai se estai vé no. Tô po 
é queu, note voitureï â'mai ai criai : En nao I 
Y non pa pri Ttan de j'tai éne aivone. No 
Vlai ampotai o fin d'su du tan, ma si vite, 
qu'on n'voio pô nue su lai Cote. Y vôlein 
d*éne té aprousse qu'çai no queupo Tsubiô. 
D'chaique coûtai de no j'étein foçai d'détonai 



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— lia — 

daiveu no main dé zétoile que n'bougeîn pa, 
ce que prouve bé que c'néto pas dés zétoile 
fiante. L'Dodo d'iai Gueuleute an naivo 
étraipai éne po lai queue; mai lei se mi ai 
fondre dan se min : lia queulo teu tento de 
no, c'quai baïé pa mao d'pieuge é p*tiote raive 
dud'sudu Mon Bian, qu'an n'aivain bé b'soin. 
Binbin n'craindo ran qu'éne chose, céto que 
Tbarquô ranvorse po li feir piquai é piongeon 
lai tête lai preumére. 

Dit* dan, M. Grimpézastre, quai di, ma si 
jalain ai chère ai peu fair lai parche, qu'man 
qui conterain don lé zétape quai no fodroo po 
rentrai ché no ? 

C'a bé nâsie, Binbin, toi que qu'neu lé lu- 
mairo san quai gnio dé z'N devan. Ça é savan 
que qu'neusso bé lé chifre qu'mé épri çai. An 
dégrîngueulan, nipote bé va qu'tu so, tu tire 
ton canepin, tu tesséte su c*que tu treuve su 
ton ch'mi, tu t'crampi bé, tu divise lai route 
que tié fait po c'tée quai t'réste ai fair, tu pran 
lai moïenne du restan d'aipré le nombre dé 
z'étoile que fseugon, moin lé 25 mïon d'pu 
reluzante, ai peu si tun' chée pa juste en 
airivan ai taire, c'que tu seré ai mainme de 
santi, ça que l'baraime du M. que qu'neusso 
bé lé chiJ&e s'ré aussi fao qu'éne poma sq- 
veige. 

Ma voici bé aute chose. M. Grimpezaitre 



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— ii3 — 

no dî qui son ai dé mïon d'dégrei en ao. Si on 
fait dans c'te comune lai du tripôli de Chenôve 
ossi fo en d'grei, jaimeroo ostan qu'on m'for- 
gono le gouseï daiveu éne remesse de bo tôte 
neuve: 

Y no maiton ai déçanre bride ai baitue : on 
nairo dit quai gniaivo du pion d'zeu Fbarquô. 

J'on chu dan nène jolie capital de lai 
Chigne, épelée Hin-Hi-Hang. Si vo saivein îé 
drôle d'idée qu'ai Ion dan ce contrée lai. Lé 
gen dise que quan lai n'son pas mailaide, ai 
s'pote ossi bé qu'lé zaotre. Y von su ène pro- 
menade teu tan nanto d'iaiquei s'dreusso é 
p'tio mur. Y aivo écri d'su : Parapai. D'sutô 
lé ban, on lizo en laitre bieuve : Ban po 
sestai. On Vno d'creuzai bé prôfon po fair le 
d'zeu d'éne mason d'caibôtin; on n'saivo pa 
vou maître lai taire ni lé piare quan d'sôtain. 
Ma l'pu évisé dit : 

Si y faisein é gran trou po y fourai tô çai ! 

On a an train d'creusai l'trou. 

Nof bu éto d'no procurai éne paire daibi- 
tan : y Ion répotée. L'male a dan d'iai sao 
biainche de ché M. P'tiojan et lai fumèle dan 
né bocao de vigniaigre d'ché M. Artaud. Vo 
peuré voi l'tô au Jadin dé piante de Côrgôloin, 
lé jo quai l'a ouvri. 

J'on revenu ossi vite po Tmainihe chemi, 
aipré ène demie jonée dapsance. An v'Iai éne 



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— 114 — 
d'aicensîoa qu'a vite £ûte aiveu M. Grimpée 
sastre I On n'mai paéne an po r^veni corne lai 
Câu an question.. 

Friquit. 
(Rouget4 



iunjt <k U PvUèMlc 4a n "ù «tfi^. 



4^ 



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9^1^9^9^9^1^f^P^9^ 



LETTRE 

tœ C'qUS TO YSRÉ AI MOSSIIU l'ÉCRIVAIN 
DE LAI PUBLICITÉ 



Fiaivigncrô, dî Tpo (fsu du monde, 
6 jain i865. 

Mossieu rEcrivain^ 

|u$QtJE MM. UPreunelleï, Nono d'iai 
Pampéne, Friquet, Piâ du Chaie n'dé- 
goisbn pa éoe pairôle, surman vu lai pépie qu'lé 
tonnante de c'te fote chaleur ci^ i )an prôûte po 
vo dire que d'vaot lai beutique de note mate 
de poste, on s'fianque dé crâne pignée teu lé 
vanredi matin po aivoi vot* jonao. Ça ç'tu lai 
qu'peu dire : On s'mérécl^ ! si vo nan fouré 
pa émecheu pu dan vote peneï, i son paidu : i 
n'airoQ béto pu ran su lai tignaice, vu que teu- 
tin chaiquin veu aivoi vote paipié Tpreumei 
On s'bai au tire poi^ mainme que Lai carnas- 
sière du pieuton a teute dévourée : i vo répon 




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— Iib — 

qu'on s'pieume daipion. Ma, poquoi quVo zéte 
si drôle ? Vo frain bé rire é queufre ! 

Ene chose qui vo r'quemande bé, ça d'dire 
ai ceu lai qu'vo lison, d'épranre ai déchifrai 
l'paitoi. Ai voudrain que c'iaingaïge lai so fait 
po teu lé zandroi ai lai foi. Ma, ai Pon 
dTaigneT, on n'pale pu corne ai St Pheulba, 
ni ai Chanbôle corne ché lé Biba dTalmay, 
ni lai qu'man lé Baivou de Renève. L'aote je, 
ai Coucheï, é M. Boum crio éne vante daise- 
man : aipré, ai se mi ai dire, en palan dVo 
qu'teu çai néto pa du paito. I lé ranvié ai sai 
croix d'pardieu. Lou vairou ! que voie quai lé! 
Dé zélecteur de ce gouseï lai devrain aivoi 
droi ai deux voie, qu'man lé gran ch'mi d'fer. 

I n'vo éténéré pas ojeudeu ; ç'na ran qu'po 
vo dire qu'o fin d'su dé tiocheï, jon u, Tcadai 
Courjambon ai pu moi, é nantretin daiveu 
Tpaire Jaiquema et pu sai fane Jaiquette. Ça lu 
qu'caose bé aiteu ! Ai braquo son pince né su 
Noaron d'zeu Béze, justeman vô qui su étai 
seuvan. Ça mé fai piaisi. Voici c'quainozé 
raicontai an tuan Tverre : 

Lé proverbe son lai saigesse dé nation, vo 
Tsaivé teurteu. V*lai c'tu d'iandroi qui r*gade. 
Quan ton pale d'éne gen qu'na pa igneuçan, 
on di : Ai n'a pa béte, c'tu lai, ai lé dé pairan 
ai Noaron ! Potan, lé gen d'Noaron non ran 
d'bé dreule, ai son ai lai mode dé zaotre, lé 



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^ 117 — 

deu zuroille ai coûtai d'iai tête, qu'man lé 
chaie mouceri. Ma.... 
I Yo soite bé leure qtiai la. 

Signé if que vo ttré. 
(Rouget.) 



Estnil dt U f «Mkâli <fa& « {nia iSés. 



I# 



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C^ C^ C^ C^ C^ C^ C£^ C^ C£^ C£^ C£^ C£^ 

^^9 ^^9, ^^9 ^^9 ^^9 ^^9 ^^9 ^^9 ^^9 ^^9 ^^9 ^^9 

LETTRE 

d'aRARIUS au CAOUSOa DE LA PUBLICITÉ 

Seùre le i3 juin i865. 

M oc, toc, m'ssieu le Caousou; est-ce que 
vo zétes ché vo ? I v'ro bé vo dire deu 
meù. Faisé m'don voai, si vou piait, eune p'tiote 
pièce dan vot jonao. Si vo saivain, i j'arrive 
de loin jeusque de Seùre, i seu teut esseufîet. 
Vo ne qu'naissé p'téte pa ce béo paillis, ço 
deumége ; ma betoo vo ne .dire pu çai. Dabor 
i vai vo dire teut de sute ce que mémeune 
ché vo. 

Vo n'saivé po, pusqu'aucun jonao n'en é 
palai que j'ons évu ein biau qu'mice en nié 
quinze jo. I ne veut po vo zentret'ni de teutes 
lé bétes qui étaient. En nien aivet é faire 
trembiet. Lé bétes é counnes surtout étaint 
pétissantes. En nien aivet , en nien aivet l 
D'abord, j'y étoo moi, m'sieu le Caousou, i 
peu vo zen palet saivaiment. En niaivet des 
bœus qu'vo zaivaint eune paire de quilleutes 
qu'çai vo baillet envie de dignet dedan. Loup 
vairou, les belles bétes ! 

Ma, çô du soué qu'i veut vo palet. 



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— 119 — 

Aipré qu'lé gros ont éyu bé dignet le soupe 
du p'tiot Foumier, d'zeu lai hole au biait, si 
bé dignet qu'é s'en loéchaint teurteus les doés, 
ai zon potet des quiosques qu'ment qu'en 
diret qu'ai zon bu ai lé santet de teutes sotes 
d'aifaires. Mâtin, ai palaint bé l I ne v'ro 
potant po vo dire des paireules biessantes, ma 
ai palaint présqu'aussi bé que vo. On voyet 
bé qu'cétet des saivants. 

Ma voîqui ce qu'é m'é mis lai puce ai l'ai- 
rouaille. Le doreï qu'é palet é bu ai lai santé 
du ch'mi de fer po d'ssus lé saoûne : Ço tet 
dire qu'é v'ret qu'lé ch'mi de fer posse po 
d'ssus not' rivéïre. Qu'ment diel qu'et von 
faire ? Ço ti en long, ço ti en travo, v'iai ce 
qui n'pouvont po comprore. Si ço ten travo, 
en f ré boret l'iau, et peu aipré laou diel qu'é 
lé front posset. I Vrain bé aivoé le ch'mi de 
fer, ço vrai, ma potant, i n'vrain po qu'en no 
prennent not' rivéïre. M'sieu le Caousou, vo 
qu'êtes un saivant, tiré no don voé d'emboros, 
et dizé no don qu'ment qu'ai si proront. Lé 
gros boneus saivent c'qui mieux qu'no, i l'sai 
bé, ma potant si j'aivain le ch'mi de fer, çai 
no fret bé piaisi éteu ; çai no réprecheret de 
Dijon. En dit qu'en nié bé de l'esprit ché vo. 
No zaoutres i ne sont po bé saivants. J'en 
irains cri un m'cheù. Mai quoiqu'cet ço p*enco 
bé aisille de no zétraipet. Laissé faire le ch'mi 



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— 120 — 

de fer, le dielaipré si ai noprenont lai Saoûne. 
Aile o f habituée ai posset devant ché no, quand 
le temps li dureré, aile o bé sûre de r'veni. 

Et j'aurons de cette façon le ch'mi de fer et 
not' belle riveïre. 

Ma devant qu'ai n'iai boraint, écouté qu'i 
vo dise 1 

Le premeï dimanche du mois qu'vint, i vont 
évoet eune belle fête ai Seure. I vo zinvite vo, 
et teu vos palous en patoi, ai v'ni m*faire 
pailler let soupe ce jo let. Vovouerrez des belles 
joutes su l'iau. Vo né p'téte jamais vu çai su 
vot' rivéire de Dijon. I vo f ré teut voé, les jou- 
tes, les canards, les anguille, teut çai, c'ai s*fait 
suriau;les lampions, le feu d'artifice, lai belle 
musique d'iqui, le bal, i voêront teu ; et peu 
aipré vo raconterai çai et vo lisou bé mieu 
qu'moé. Ceux qui qu'ni seront po venus s'en 
modront les doés; ma tant pei po lo. 

D'vant d'no quittet i vo f ré boire eune bou- 
teille de Lébergement du crû du p'tiot Tony 
Farget, quVo m'en bailleré des nouvelles. 
Faisé bé lai qu'mission po moé ai vo caousous 
en patoi. Teut c'qui no f ré faire connaissance. 

Et rVoé, m'ssieu le Caousou, poté vo bé, et 
peu le bonjo ché vo. 

Ararius. 

Extrait de la PubîicHé du i s juin 1865. 



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LETTRE 

DE c'QUE VO v'rÉ au CAOSOU 
DE LAI PUBLICITÉ 



Fiaivignerô, di l'pod'su du inonde, 
disevute de jain i865. 

Lai Trinité se passe, 
Friquet ne rêvé pa ! 

^AC ai lai poule 1 mossieu l'Caosou 1 on 
n'devignero jaimai d'sai raice de vie, 
va qu'éto fourai TPriquet, si c'gro catron 
d'cadai Courjambon, an r'beuïan Ttélégrafe 
ai vapeur vé ché no, ié a soi, n'aivo pa vu 
passai lai dépoiche quai lanvio au Binbin 
Torbotte. Que d'honneur que jon don qui 
Taivo éduqué aivan zier, c'Cadai lai. Ai maivo 
d'mandai vanredi daré : 

Ma va qua don Ttélégrafe élétrique, d'peu 
rtan qui vro l'saivoi ? I voi bé lé trique, ma 
pa rtélégrafe. 

Couise-te, igneuçan d'Beire, qui H di, l'té- 
légrafe ça lé bou d'fi qu'son o d'su, ai pu lé 

II 




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— 122 — 

trique ça lé parche piantée; Tteu sépeule 
Ttélégrafe ailétrique. 

Ai mé di an pieuran qu'man ai viao : Vo 
méritrain d'aivoi dé pairan ai Noaron ! 

Po an r'veni ai Friquet, çai dépoiche di quai 
la po Fquar deure dan Tirôquoiserie va qu'lé 
chin jaipon du daré. Ai la diantre po n'ran 
crainre ! Ai lé aipri que M. Girao, quon li di 
rPeuton, gigono enco po r'queuneutre que 
c'que vo dise en lètre moulée so du bon paitoi ; 
ai bé, ai veu li baie béto deuve troi mo en ni- 
rôquoi. Ai fo bé heulai daiveu lé lou. Sur, 
quai compranré. I n'sai pa bé si ai n'sro pa 
d'I'Ain, c'M. lai, qu'man Tdéputé ; ma po sur, 
si sai graine s'tone jaimai an fairaine, sucre 
bian ! M. TCaosou, que catapiame ! 

Alon, M. Jaiquema, no voici; élemé vot' 
pipe ai pu r'tonon voi ai Noaron d'zeu Béze. 

Çai s'treuve bé, mé zaimi, ai vai s'passai ilai 
ène grante aifaire ojedeu. Ma d'van, érôsé vo 
l'gouseï d'aiveu é verre de bon gamay d'Jouise. 

Erété ! ma qua qui voi ! A, ji su aisteure. 
Regadé don, ça c'te gran parche dTilliaire 
qu'poicho é meuteule, ai pu an nétandan 
qu'çai mode, el dévouro du talibô dé prai ; 
ma foi, ai sanneto quan méjan, el se déman- 
gonai lai mâchoire. Voua !!! c'te bouche quel 
lébâne, on diro éne gueule de fo ! V'iai lai 
Bôrbeliniade qu'lai mène ai Mirebiâ, ché 



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— 123 — 

M. Sauvéjô lartisse, po li r'tiaqueutai lai 
mantigueule. Cte preuve fanne, el aivo ostan 
b'soîn d*çai qu'lé lou on besoin d'campène I 

Vé landroi va qu'çai se passé, vo voie bé lai 
riveïre d'iai Bèze, TCreu-Virô, ai pu teu tai 
coûtai Fgué va qu'ce futur de dépieumai 
d'Galas é fai passé ce suavre po alai charché 
noise é Mossieu d'Mirbel. Ai coûtai du bo, 
vé rterrao, ai son vut homme, rainjai an ron, 
qu'von fni éne aissembiée. Nan Vlai dé zaotre 
qu'se meusson daré dé bouisson po écoutai. 
L'Quiquiche, Tprésidan, é découvri Tmeuve- 
man perpétuel qu'ai vai lo zespliquai ; ai s'sar- 
geré enco d'dreussai an lair Tpon d'Seure 
qu'tormante si fo M. Ararius. Ça é nancien du 
ch'mi d'fer; ç'ai s'ro bé Tdiale, lu quéto po 
érenjai lé lampe, si ai n'queuneusso pa lé 
machine que monton et pu qu'déçandon; ai 
pu ai létiairo lé zaotre 1 Ça l'cadai Jousai d'Iai 
Babote qu'a l'sucretaire. 

V'iai l'Quiquiche que di : teu lé saivan ça 
dé béte ? Gnié é tiers en sus quai charchon 
Tmeuveman perpétuel, teu qu'man si ai s'foio 
bé creusai lai tête po l'treuvai. Es que d'su 
lai taire teu l'monde do en mainme tan ? Bé 
sur que non. Quant ai la midi au chaudô ai 
Paris, ai la midi ai lai chandel ai Pékin. Gnié 
don teujo lai mitan du monde dan lé drai, ma 
ossi teujo laote mitan su bou. Lin ou Taotre 



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— 124 — 

de c'monde se r'mue teujo, s'baille du mouve- 
man en teu tan ai son to, c'meuveman n'dé- 
cesse pa, v'iai don Tmeuveman perpétuel. 
Céto potan bé naisie ai treuvai ! Ai peu dire 
quai gnié é Mossieu que qu'neusso bé lé 
chifre qu'né pa été fichu d'treuvai çail Ma 
d'qué paï quel éto don ? 

Lé v'iai teurteu, TGoni, TNono Carie, 
LTiotiore, l'Mége-Galette, TMarcassin, TTieno 
Lambara, l'Cadai Jousai qu'saoton daise, ai 
pu quampoton rQuiquiche d*su éne ceveïre, 
ché Marseille , va que von évaolai quéque 
vairée. Ai r'véron béto po laifaire du pon 
vôlan. Lôte quemité na quérétai, ma ai na pa 
qu'man lé pièce de saicante centime, i veu dire 
dissou. 

Quon dise don esteure que Tprôverbe na 
pa vrai ! Ai na pa béte, c'tu lai, ai lé dé pairan 
ai Noaron l 

Bé r'queuneussan , M. Jaiquema, ai r'voi 
don. Ma v'iai Friquet qu'a r'venu : i li baille 
mai piaice. 

Ce que vo v'ré. 
(Rouget.) 

Pianteligone, disevutede jain i865. 

[o zéte bé nonaite, M. Ararius, d'no in- 
vitai ai rechigné daivô vo Tdeusse de 
)uïaiT ma po moi, mai soupe a teute dreussée 




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— 125 — 

c'jo lai. Pensé don qui su potai su lai lisse dé 
tirou du Parc, ma ran qu'po é pri : c'tu du 
p'neï de Vougeot. I viseré si bé, que Tdiale 
San moléré si i n'iécreuche pa. Voi 1 Ai me 
r'iu déjà dan quéque cheuse : i vo zan fré 
tatai. R'metté don vot* jeu d'bouri po é naote 
jo ; on né bé r'mi lai fête de Gevreï ; va qui 
su aitô invitai. Si on vo zécouto teurteu, vo 
voie bé quai fodro s'gouizadai an mieute. 

Dieu vo b'nisse, Mossieu l'Caosou. 

Friquet. 
(Rouget.) 

Extrait de U PuMiciié du 22 juin 186$. 



t 



II. 



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LETTRE 

d'ararius au caousou de lai publicité 

Seùre, le 20 de juin i865. 

M'sieu le Caousou, 

se enco obligé d'vo demândet lai par- 
mission de dire deu mett dan vof ho- 
noret jonao. Vordi posset , j'ai eubiet qué- 
qu'cheuse dan mai caouserie. Ço mon cousin 
Tgrand Jacquin que j'ai rencontret d'ssu le 
pont qu'men é fait baillé gade. Arar, qu'et 
m'dit qu'ment çai (é m'épelont ainsi teut co), 
tié eubiet quéqu'cheuse dan tai lette de 
Taout' jo. r- Vrai, ma quoi don ? — Tu n'é 
po dit é lisou qui qu'tiétoo. — Ço vrai, po- 
tant, ma en m'qu'nait bé. Tu sai bé toé, qui 
sont cousins de loin d'aiveu Danubius que lai 
Fontaine d'i n'sai pu d'qué paillis (du temps 
qu'lé Fontaine palaint), ép'let paillisan du 
Danuble. Not vir'li grand'mère étet une Jac- 
queline qu'aivet po grand-père un bonhomme 
qu'en épelet Jacqueu. En Vlet un qu'é baillé 
du fille et r'tode é gros de son temps qu'ne 



y Google 



viaint^ran qu*dé ch'mis de fer que po lo. — 
Vlai c'que tiairo du dire laouf jo. Ma ç'no 
po enco teu. Tié eubiet de conquiure. — 
D'conquiure l qu'men çai ? — Et bé ouf, pai 
dié, les gens de lai ville et disont qu'et n^saî<- 
vont po que qu'tié vlu dire et peu que ton 
patoi n*o po le lotre. — Tu sai bé, Jacquin, 
qui n'peu po palet qu'ment les gens de lai 
ville, moé, ço des malin; et peu i n*pale po ran 
qu*po lo. I paloo un m'cheu po no zaoutres. — 
Oui, ma tes conquiusions ? Tes conquiusions, 
tes conquiusions, diret ton po qu'tié lai berltte 
éteu, toi, en faut don te mette le poing d'seu 
le nez po te faire comprore. — Tié to de te 
fochet, Arar, i m'en vai t'ié dire moé tes con- 
quiusions, et peu tu voiré si ce n'o po lai c*qué 
tié viu dire. 

Tié palai du qu'mice paç'que nun de ché 
no n'é cUset. Et vivont au jo Tjo. Et n'saivont 
po profitet des bonnes cheuses, des belles 
bétes , des belles machines , du biau mié, 
des belles occosions que Tbon Dieu lo 
zenvie po faire gognet le paillis. Et n's'en 
maoulont po pu qu'et n'se sont maoulet du 
ch'mi d'fer de lai Bresse, que lo zi fait un 
pied de nez; po pu qu'et n*se maoulon de c*tu 
qui. Et vivont po lo sans s'oceupet de ce 
preuve pays de Seùre '^qu'et laisseront m'ri 
fisique, quoi l Ço ti vrai, çai, Arar, ço ti çai 



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— 128 — 

qu'tié viu dire ? Loup vairou, cousin Jacquin, 
tu dégoèses bé ; tiairoo bé du pore lai pieume 
en mai piaice ! — Et peu enco eu ne cheUse 
que tu n*lo zié po dit ; tié ti de lai rive drette, 
tié ti d'iai rive gaouche ? Ah ! ah ! tir*te de lai 
qu'ment tu pouré, Arar. — Que diel que tu 
m'dis lai, cousin, rive drette, rive gaouche, 
qu'é qu'çai veut dire ? I mi emberiificotte. — 
I vai te désemberiificotet, moi. Tu vois bé lai 
riveïre ? — Pardié, i sont dessus. — Tu vois be 
que coutet qu'aile qellele ? — Ah ! mai, di 

don, Jacquin, i croi qu'tié Tair — N'te 

foche po, réponds me tout co. — Et bé, oui, 
i IVoit bé ; aipré ? — Quand tié les d'moiselles 
de Charnay d'vant le nez, et bé, le coutet de 

lai riveïre qu'o tet tai gaouche — I j'y se, 

cousin, ço ç'que tiépeule lai rive drette. — 
Ma, non, ma, non, tu nié po. — Et bé ço lai 
rive gaouche, alors. — Tié dVinet. — I com- 
prend, et c*theure ; qu'ment çai no zaoutes 
Seuroi i sont gaouches ? — Teut juste ! — I 
m*en doutoo bé, cousin Jacquin, ma que qu'tu 
veux, i né po eûsé lo dégoisai çai Faut' jo. — 
Ço potant po lai qu'tiairoo du qu*mençai. — 

Marci, tié roson Ma tu t'en vai.... tu 

m'iaisse qu'men çai dis don, i croi bé qu'tu 

ne conquiu po non pu, toé Tu m'caiche 

quéqu'chetise. — Arar, tu sai bé qu'not* grand- 
père Jacques ne cooUsait po treli, c'n'étet po 



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— 129 — 

un blagou, c'tulet. Faisons qu'ment lu ; palons 
guère et peu travaillons bé ! Et r'voé Arar. 
— Bonsoir Jacquin, bonsoir mon vieu ! 

En v'iet un queï qui vo r'quemande, 
M'sieu le Caousou, si jamo et vo zécrit c'tulet, 
faisé li eune pièce dans vot* jonao. En Tépeule 
iqui l'avocat dé prelives. 

Po finitre, en faut qui vo dise qu'en tra- 
vaille aipré Tare de triomphle d*seU l'quei vo 
posseré detveti vot' bettiau ai vaipeur. Ço le 
p*tiot Bianchot qu*é planté les parches éveli 
des draipiau dans le bout : ço lu quVo ziré au 
dVant d'aiveli sai forquette canonneïre et deux 
roues. Ço lu qu'tireré Tcanon po vo recevoé ; 
ma vo pore gade, et s*ret dans le cas d*vo tiret 
teu po les euilles. DepeU qu'en sait qu'vo devé 
v'ni, teut l'monde o content, teut le monde o 
dans lai jubilotion. En nien é qu'font fleuri 
des relises dans lo jadin teut exprès po vo les 
j'tet d'seli les pieds quand vo posseré. 

Et r'voé, M'sieu le Caousou ; poquoi don 
qu'vo n'ém'né po d'aiveu vo M. Nono de lai 
Campenne ? 

ÂRARIUS. 
• Extrait de U Publicité du 29 juin 186$. 



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LETTRE 

DE FRIQUET AI M. l'cAOSOU 
DE LAI PUBLICITÉ 

Lai neuvel que j'épote 
Vo bia zeUi von pieurai. 

Parc é tirou, dimanche ai soi, 5 h. 

Ji fo bé, M. rCaosou, qui vo dise teu 
c'que c-te fête dé tirou mé fai figé 
détéTïeman su lai raite gaoche. Primo, i su 
enco teu dogne dé quéu d'coutre qu'jé étrai- 
pai. Ségondo, v'iai qui rôtain not* veste, 
TBinbin, TNono ai pu moi po mieu tiré d'ai- 
veu note gitioure ai piare, j'étain d*jà débillé 
quan ti vian su Taifiche : Prix pour la cara^ 
bine. Prix pour le fusil de chasse. Prix pour 
V oiseau, I charchon bé dan teu lé car VPri po/e 
tirou^ ma poin 1 Pa dadmiration. I son fiambai, 
qui di, r*braton chemi, alon mégé ène quais- 
serôle d'faiviôle ché TVallo, ai pu : Po fille ai 
gaoche, arche ! Lé zouzia on pu d'chance que 
no, sa surman pasquai vôlon. L'Dodo no di.: 
Ma gnié enco lé jeu, si i jalain no champoié 
an nanto. Ma voite : 
I Jeu de Voiseau, Laisson çai é serin. 



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- i3i - 

2 Mât de cocagne renversé. Si el a renvossé, 
quai se r'dreusse. 

3 Jeu de la poêle, I n'veulons pa li t'ni lai 
quoue, i son déjà aissé ambairessé. 

4 Courses en sac. Que bêtise de dire quon 
cour an sac. On saote. Quon ni foure voi Glo^ 
dlateUy si ain gaingneré TDeurbaï. 

5 La cuve californienne, Gnié point d'gamay 
i lai, don point d'cuve. Ça éne lonerie. 

6 Jeu de la bricole, I nan metton poin ai no 
zescarpin an cuir de brouieute. 

7 Collin'Maillard aux brioches, Pa b'soin 
de Tdîre, teu ti éto ai c'te sauce lai. 

8 Jeu des cruches. Ça féminin plurié ; çai 
ne r'gade pa lés zomme. Honneur é fanne. 

9 Le Passage du Terme aux Piles, Léonidas, 
breule to lai çarvèle daiveu éne code l L'terme 
é pile, çai s'ré l'mardi aipré, ai troi zeure, 
quante lé tirou n'airon pu b'soin d'saivoi, 
daiveu lafutio d'Volta, si ai laivain baillé ai 
gaoche. Combé quai gnian ai aivu d'ceu lai ! 
céto chao d'su laï piainche, ai foio été faré ; 
aussi ça é Bianoi qu'ai gaingnié l'pâtai. O 
moin ai n'san niré pa san pâtai dan son 
lumairo 

Ecampouron no vite, je treu r'grai d'mon 
p'nei. 

Etflevimus cum recordaremur eum (Psaume 
i36, verset i). I voi dici no susdi fusi que 



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— l32 — 

s'bouron Tcanon daiveu not' vougeo. Goui- 
zeute de boo ! Si ai gniaivo évu seulman é pri 
po lé tirou ! Va qu'son don mé vain sou dalé 
ai r'to, si é lé r'teno don dan mai goïeute ! 

Anvié d*aiprousse l'docteu de Comblanchien, 
jai ène pipie de lai foce de quarante uroille. 
San été pieurou dVote naiture, i vo qu'neu, i 
voi d'ici vo zeuï queulai qu'man é pisson 
d'buie. 

I vo lai sare. 

Friquet. 
(Rouget.) 



Extrait de U PuUicHi du 6 juillet 186$. 



•8&* 



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y^Py .*^^>Ç^ lîÇwy^F» J^R irffs, P^ P^ P^ < 



LETTRE 

DE PLBUMBRAN AI MONSIBU DE LA PEURNELLB 




Es Etilleutes, le 4 }ullet. 

Monsieu de lai Peurnelle, 

1 1 vos aivain pri d'aiveu no le baitéà ai 
vaipeur, passai dezeu Tarcancier que 
dreûssire lé Seuroi, saimedi, vo réconterain 
meu que moi ai vos lisou lé désagréman du 
Friquet. Si vo saivain queman el ai gôné 
Tcfuchon de Lazereute, vo 11 flanquerain ène 
poussé. Ça ùdt pidié, compassion. 

Ai dizoo, dan sai lètre du disvute^ que lé 
fêteu de Seur jurain au jeu de bouri dimainche. 
I veu que le lou soi mon uncle, si i saivoo ce 
que ç'aa que ce jeu-lai i Ma Lazereute, qu'a 
suti en fai de quoûe, revochi cetei du bouriy 
ai prin cequi por ein jeu de gouri. Sac ai 
paipié 1 dizi-t-i, le mène de gouri, quan le 
diale i seroo, aigriperai le premei prix, d'aiveu 
son meusiau vargentai et sai quoùe virvachée 
su lai musicle du train de darreï. 

Lé vêlai que préne loz envambée. Ai s'en 
von, brai dessu, brai dezeu, et el airive ai Seur 
sur le cô dez onze heure. 



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Qu'a-çu qu'el éporçure lai ? Mon bitou de 
Friquet, le tirou d'oiizéà, vrai queman i vo 
ledi. 

Regadé lai chetitesse de ce guemipiUe ! Ai 
paloo Faute dé jor de se décatelai por allai ché 

teut ein chécun qui se Tairaiche C'a Touzéa 

du Parc por iqui ; c'a lai beutoille du petiot 
Toni Farget por ilai ; c'a le meuvement per- 
pétuel; c'a Jaiquemar; c'a le diale et son 

train Fiquette, fote en gueule, vai ! Tu te 

met velanteï an quatre (i le saivon ai revande), 
ma te mète en deu ! ce qui t'a défendu que- 
man le Pàter ai l'étalon défun de monsi^u 
Pieferré. 

Monsieu de lai Peumelle, dizé me voi si vo 
Taivé vu dimanche au Parc ? — Pa pu que 
dans mon éuil. £1 étoo ai Seur, planté su 
se queusse queman ène parche du télégraphe é 
lai tf ique ; lai gueue ébânée, sauf vote respai, 
ni pu ni moin que cetei de lai gran Tillaire ; 
beuglan, m'naimin, teu queman ène guépre 
qu'airoo aivu le groin pri dezeu ène pote de 
grainge. 

« Messieu, Médaime, disoo-t-i, vo vie ein 
ingénieu dreulique, décoré patenté, mandé po 
le ministre dez éà et foret, ai seule fin de vo 
baillé l'anfiUe po dreussai ein^pon luméro i su 
lai Saône, seulide queman le pon Sain-Espri 
et pu gai qu'ein treubi. Quan ai voz étainerài, 



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— i35 — 
vo le tirvacherai an hau, an ba, po devan, po 
darrei, san crainde qu'ai pique ène tête dan 
lai riveire, ni qu'el éclafoure vote friture ! » 

Lé Seuroi tarpillaih d'aise. 

Lazereute , qui rébeuilloo , receun Assan 
Friquet, se mi ai le rejaunai, 11 fezan ein pie de 
née : « Are i ma veu tu bé couse tai chêne de 
gueule I Friquentou, Mosieu de lai Crac, dé- 
pandou de pingeon : croo tu no faire pare dé 
pesie po dé lantarne ? Ç'ai ne se peu ; em- 
prunte ein que vau dix ! 

Mon Friquet san lai motade que li monte 
au née ; ai se dreusse dessu ses argaieU : Ce 
qui ne se peu ?... Chetite épinboche du Muze- 
raïn sai tu tan seuleman ai qui tu pale ? Vai 
don te caiché d'aiveu ton épranti, qu'an sai pu 
Ion que le mate d'écueule n'ai pu t'en foré 
dans lai caiboiche. 

« Messieu, Médaime, pu que çaa ce qui, i 
vo débite grati mon secrai, ein secrai qui vau 
de l'argen eustan qu'ai n'en fauroo po remontai 
le Mont-Afrique d'ein étaige. Le vêlai : Fezé 
vote pon su lai gran plaice de Seure. Ne ré- 
parmé ni lai taille ni le ciman. Quan ai serai 
seudé, bé soiché, planté li dé pesie d'ébillé de 
soie dezeu le ventre, en veu tu, en vêlai ; et 
peu trainé le dan lai riveirè. S'el enfonce, i 
veu été claqué, ai perpétuitai, dan lai tec-ai 
por de Lazereute. » 



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« C'a fichetre vrai ! dize lé Seuroi. Rémas- 
son teute lé pesie de couchon qui pouron 
treuvai. En vequi jarre ène qui veu dreussai 
lai quoûe ai note fête ; faison 11 son aifaire. Et 
d'ènA » 

Que fîi di fîi fai. On empogne mon dreulai 
po lai paite; on le cuteinbleute, et le vêlai 
fricaissé en ein viremain. 

Lazereute se recouignoo ; autan ène seurée 
teute enteire. Ma, ai noz aivoo Tair de chan- 
tai : Fanne sansible, Ein pecheu pu an li airoo 
quasiman fai seufflai sai pesie, ma ai s'éverri 
en caicheute, bé mèusse et sûr que lai Tontine 
li épreutoo ène raclée don ai ne paierai, 
messure, dan vote jonau. 

Ai Dieu vo quemane. 

Plbumeran. 
(Lereuil.) 

Extrait de U PMUiU du 6 juillet i86$. 



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LETTRE 

DE FRIQUET AU BABILLA DE LAI PUBLICITÉ 



Pianteligone, nef juïai. 
Mossieu TBâbilla, 

I n'se niaque pa d'iai pette, vot* gro 

fondron d'Pieumeran. Ça é bià peupon, 

man, qu'gaône le Friquet d'éne bel foce. 

Mai la moïouse preuve que TPriquet éto 

d'aiveu lé tirou Tjo du Parc, ça quai nai pa 

tirai du teù. Tire te zan, m'mimi Pieumeran, 

ai pu répon ai ton to. Si tu né poin d'pairan 

ai Noaron, i n'te voi pa bieue tia. Voici enco 

quà bé peï; i vai vo baïé lecture po copie, dé 

çartifica qu'manvie Coquenpâte, quVo fré voie 

qui ne su pa é mantou : 

Chambeu, Morve an, i865, nef jule i est. 

Jette hêla, Friquai, asse heure, sur le bât 

tôt, pour proue vée queue tu niais tes pas. 

Jetan voix une pie est-ce hotte antique, pour 

démontre é lave hérité. 

Paix le pore. 

Coquenpâte. 

Sœur, ça me dit hui jus liés. 

Nous, tous soù, six niais, sain dique des 

12. 



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— i38 — 

maris niais des Sœur oies, jeu des clar queue 
jeune épave hue un mort sot nideux de Fri- 
quai as Sœur, pourtant quo jeu ; mecque des 
vesces scies de Pleumeran, nouzan frondé 
blagues à tas bas. 

Mangemeurette. 
Egalisé lassigna ture. 

Fritureau. 

Bisqué don , M. Pieumeran , çai vo lai 
queufre, larbe ! Charue d'beu bian, si j'aivo 
Ttan. Ma i vai fair lai fête, é i vo zaitan. 

Friquet. 
(Rouget.) 

Extrait de la Publiciti du 13 juillet 186$. 



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LETTRE 
d'ararius a friquet 

M. Friquet, 

JoT* pont o fiambet. Les v'scies ne va- 
lain ran du teù. Au moment lavou 
qu'en" é lancet le pont d'ssus lai riveire, et se 
sont teutes mis et crevet d'aiveu eune péta- 
rade en diel. Et peu, bernique chouquette ! 
pu de pont. El lé étet teut dret au fond de 
riau. Voyé don voi si vo pourrain no baillé 
eune aoutre idée. Si vo pouvaint répondre un 
chemi de fer au bout du pont, ç*ai seret p'téte 
pu solide. Ma foi vo voiré ; ma po moé, i ne 
répond pu ni du ch'mi ni du pont. J'ons déji 
tant de ponts qu'ont crevet qu'men çai l 
Dieu vo b'nisse ! 

Ararius. 

Extrait de k PtêbliciU du 20 juUtet x86$. 



^^ 



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LETTRE 

DE PLBUMERAN AI MONSIBU DK LAI PBURNELLE 



Po devai les Etilleutes, an lai 
mi juUai. 

Jué patarou ! quel train !... Dîzé me don 
Monsieu de la Peurnelle ; ai se revarpo 
brama n no féteu. S'voz étaine ; bé dé padon ; 
ma queman se raiguesiroo-t-on; queman va- 
ruUai sai pote et se contentai de luzanaî po la 
varreire quanteu-t-i vrombi et que lai maizoure 
vo seuffle dé quate quarre ai lai foi ? I ai coûte 
de rebratai l'escadron que m'éfougeule su le 
casaquin. 

Maugré ce tan, i ne serai pa caicheutou 
daiveu vo et, croyé me, na pas fieulan qui 
veu, quan on vo beurroïe de lai sote. San 
vargogne, i voz éroo velantei preutai mai 
pia, en me viant castillé po ein benaton de 
diarche ragaigne. Tarare ponpon, direin vo I 
ça pain brieu ! quan ai vote sarviteu, escusai ! 
Ein pecho pu el étoo vezai. 

Ma, pansé voi : 

Ararius a graigne. 



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— 141 — 

Coqenpâte chante pu hau que s'tu an fer- 
blan qu'a su le clochei de Sain Befeigne. 

Fritureau tein déjaie la quoue de sai caisse 
po me friquetai daiveu lez ëpimboche de son 
varveu, 

Friquet, s'nétoo ai lai fête, me baroo lai 
tapa-çarre. 

Pleumeran, m'naimin, té pleumai, raide. 
Ste tière de deuzaine lai n'ai pu de poifeuleù I 
Ai son rustique, ne sagi pas de barguignai : 
pran ein aivi. Coûte que coûte, vai t-an contai 
Taifaire ai l'aivoué, M. Bonbec. 

Que fu di, fu fait. I champe au chau mai 
grullerie ; me vêlai pati daiveu deuz ou troi 
roue de darrei dan mai pauteneire, — Fau 
que lai bique vive du cho. 

« M. Bonbec, décharbeutai moi ein pecheu 
mon épatic que son vo i ne chaiviroo pa de 
beute su Téchaivou. » 

Diantre! queman el an on dan lote bou- 
geute, lez aivocar l Ç'ai rigueule teu queman 
Feule d'ène bureute. Quei Lizeu ! Fau croire 
qu'ai se graisson le conneu daiplon. 

Quan M. Bonbec queneussi de quei ai 
saigissoo, ai me dizi : 

« Vote histoire a vraie queman ai noige du 
beudin ; ma nipote ; fau lé pare au baitan. I 
baudi qu'ai moin de veni, queman vo échetai 



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— 142 — 

ein aivi, vé moi, ai ne dégoiseron pa pu que 
lé mouteule de lote riyeire. 

« Ein conte quate ; et lé reulai ; çai vau la 
croi d'honneu ! Napoléon , lu même , n'ai- 
t-aivu ste chance lai que dix set foi dan sai 
vie. 

« Queneussai-vo, fi t-ei, lé pronostîcation 
de Pantagruel ? 

— Ça de rébreu po moi monsieu Bonbec. 

— Je vêlai ce qu'ai proneusticoo po lai ve- 
nonge de Tannée 1 545 (ce na pa d'hier) ; retenai 
le bé : 

€ Tei qui cuedoo vessi gâterai se garguesse. » 

« Ai cueudain vo teni, ce monsieu ; qu'ai 
décueudain, l'un aipré Faute. 

« Lumero ein. — Signifiai ai M. Ararius que 
son aimin Friquet ne resti pa la gueule soiche, 
ai Seur. Quéqu'un bé sur, l'ai féchaiti. Ai se 
serai laissé anairai po ne pa claucé lai soi 
treu Ion tan. San celai, el airoo alai faire lé 
quatreure : cheulai sai demie, et frachai, 
daiveu lu, éne leuquette de taitéa. 

« Lumero deu. — Resignifiai ai M. Coquen- 
pâte le pu crâne dez ailibi : Ai nai pu voi, le 
dimainche neuf, son pretégeai à Seur, depeu 
Chambeu an Morvan ; airoo t-ei aivu lai pu 
fote leugneute de repreuche. 

« Lumero troi. — Ai M. Friturau, chiclai li 
ce qui su lai filosomie : Vo patrouillé dan le 



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-143- 

gouîlla, monsieu le sindique dé marignai. 
Queman airain vo vu M. Friquet ? — : Teu- 
t-ein chécun sai lai dan qu'el ai contre Téa : 
çai li yen de naissance ; ai failleussoo le char- 
chai ailleu que su lé baitéa. 

« Luméro quatre. — Ai M. Friquet, colé li 
an douceu st'arguman : Voz étain ai Seur ; lai 
moillouse preuve, c'a que nu ne voz i ai vu. » 

Je vêlai de poin an poin ce que m'ai dégoisé 
M. Bonbec, et i l'ai payé rubi su l'ongle. — 
Rebisquai don i 

M'naimin Friquet, come i ne seu pa homme 
ai vo pare en traite, i messeute su l'arbe que 
Vo m'aivé queupé. An voz aitandan, pu que 
voz été si tan aproussé, i fume éne pipe du 
taba de lai blague de M. Fritureau. 

Teu ai vo : lé brique et lé quate quatei. 
Pleumeran. 
(Lereuil.) 

Extrait de U PiMiciti du 20 juillet 186$. 






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LETTRE 

d'athalinb au babilla de lai puBLiaré 

Saivôle, mieu du monde. 

Monsieu le Babilla, 

ny ai lontan que jentandoo palai de 
lai foire dé moissenei de Mirebèa, et 
jai velu lai voi. 

An airivan, j'ai vu lai foire dé béte. Ai ny 
manquoo pa de béte ai cône ; n'y aivoo ranqu'i 
chevau qu'étoo bone dé deus euïe. Lai vo- 
laille étoo or de pri. J'ai vu vendre i couchon 
de lai disevu fran. 

Jai rencontrai lai Nanniche, i li ai demandai 
lai moyou ootel du paï; elle mai montrai ine 
grande mason toute neuve va quai ny ai dé 
fenaitre ronde quasiman comme en Téglise. 
Quan j'ai été devan lai pote, j'ai vu en écri 
audessu : Gendarmerie impériale. Ah ! comme 
i mai rebâtée. 

Jai vu i bouchon dessu lai piaice, i mai 
aipreuchée ; ça lootel du Biquet. Ai n'y aivoo 
ran que dé louvergna, dé can volan é pu le 
Fouxe daveu Treizené qui beuvain lai goutte. 

Jai décendu le pon, j'ai vu ine grosse 



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-145- 

écrevisse rouge au dessu d'ine pote ; voici mon 
aifaire ; ça me coûterai p'tétre i m'cheu ché, 
ma batte ! Ine foi na pa coutume. Jai bé dé- 
jeunai ché M. Doublet, j'ai migé de la truite 
de lai Baize. Lai Gogote Rigaudai no servoi 
ai tàbe ; elle no zai di dé devinieute que no 
zon fai écratié de rire. 

I Yo rapalerai enco de Mirebeà, si ça ne vo 
fai pa dépiaisi. 

I yo salue. 

Athaline. 
(Chambrettb.) 

Extrait de U PMicHi an 27 juillet 1865. 



l3 



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^'^'^'^'^'^'^^^^^^^^'^'^^^^^'^ 



LETTRE 

DE FRIQUBT AU BABILLA DE LAI PUBLICTTé 

Piantelîgone, vin ne vute juïai i865. 

M'sieu l'Babilla, 

vo prie d'moulai ce meu ci : 
Po c'que r'gade vot' pon, M. Arar, i 
vé dan voi dé ta, expro po peuvoi vo zanvie 
mon aivi. Si vo v'ié fer é pon d'piare, prené 
dé piare de fer, i veu dir dur qu'man du fer. 
On mé jurai quai s'rain pu solide que c'tée en 
ter grasse, mainme lé pu queute. D' mandé ai- 
van ai vot' pon va quai vro été estai, po qu'pu 
ta ai n'se flanque pa dan lai caibôche d'fer eu 
su beurdouille, teu çai po été r'mi dan né 
naote car. On di teu d' mainme qu'lé pon on 
dé tête dur, moi qui croioo quai ni aivo ran 
que... vo saivé. 

Man quai so fait jeuquo mitan, san ébeulai, 
n'vo zévisé pa d'no Vni voi d'su daiveu vo 
malbrou, parce que, paoufiF!... teu chéro dan 
lia ai lai foi ; ai pu vo zairain u bel ai mette 
daivance su vo mambre: lumairo i, lumairo 2, 
aique cetera, on ne retreuvero p'taite pa é 



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— 147 — 
nateu d'iin dVo po li r'queneutre Tné. Çai 
s'ro d'éne petiote écolomie de n*pa rfini, ai pu 
on diroo : que gran sao quai lé fai dan sai 
vie, M. Ararius l I n'vo quéche pa qui n'pran- 
roo pa c'chemi lai po allai poichai vot' fritur. 

Ai s'roo pu qu'mode si vo vlé traivosai lai 
reveire, d'poussai Tpon jeuque de Taote coûtai; 
ça c'que s'fai presque teujo. Quan tai s*ré ilai, 
en bone santai, i veu dire quai lire dé deu bou, 
alai cri ein ome quécri su lé piare, dite li quai 
praine son naccan Tpu grave, ai pu quai 
Tmète su lai premeire lettre ai fianquai su 
vo' pon : ça lai le hic po quai so pu solide. 
Faite passai d'su quéque treupia de meuton 
po voi si ai té bé. Beurdaolé le daipion. Si vo 
naivain pa écoutai vote gossou d'Pieumaizan 
qu'vo zé di d'saigné vo zébillé d'soa (prôve 
béte !) i vo zairo di : maité quéque seurée d'cé 
ouzia lai, ma dé pu nôri, faite lé cour lai 
poste, ai pu si Tôvraige résiste, vo zéte saovai. 

Jeubio d'vo dire qu'ça lai mode aisteur, dan 
bé dé zandroi, de fianquai dé bone pille d'zeu 
lé pon : ai paraitro qu'çai lé soutin bé ; ma 
entremi d'chaiquène , vo laisse ré éne piaice 
qu'man po éne jolie pote de grainge, émecheu 
pu large qu'lai bôcôte d'iai Tilliaire, çai fai 
qu'lai Saône peuré queulai asiman, leï que 
lécôtumance de passai devan ché vo, ai pu 
quel ne s'bratré pa chemi. Vo n'saivé pa enco 



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— 148 — 

révaûtaige quel airo? Corne ça éne grande 
courandière que vof Saône, en fnan tant 
d'paï, el peu écreuché dan se ta de toumivel 
quéque mailaidie, quan çai n'sro qu'lai goale, 
yo bé lai chairmante, c'qua bé lai mainme 
chose. Si ai li pousse dé zanvoyeu, dé beuton, 
el peurai en passan s'graîttai lai pîâ conte lé 
pille de vo piare, vq bé lé piare de vo pille ; el 
choisiré. Quel tâche seulman déte heureuse 
anchoix, salai grâce qui vo souaite ai teurteu. 
Amen ! 

Friquet. 
(Rouget.) 



Extrait de U PMicHi da 3 tout iSé; . 






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nmwsmwnnn 

LETTRE 

DE PLUMERAN AI M. l'pEURNELLÉ 

Po devailes Etilleutes, quatrou i865. 

vos ambraîsse bé lé quate doi et le 
pouce, an vos euffran bé Theur qu'el 
aa, M. rPeurnellé. An cassan d'aiveu vo ine 
creute de conversation, seroo-je étainan et 
rébâchou de vo senongé que Fluméro 33 n'a 
pa réquipolan du luméro 34 ? Ça c'darrei que 
m'baille le Feursin et m'fai graitai Tcreuteu. 
Non d'ein saibeutin de boo l El a pu corandei 
que lai Saône, su lé virvari de lai quei m'naimin 
Friquet di des aitroce auj'dei. Quei chemi ai 
t'ai don pri ? Vai quai traine se queusse ? Ç'aa 
ai lei qu'i vo prie d'flanquai eine pille que li 
ferai voi trente si mille chandelle, po reque- 
neute l'sentei des Etilleutes. 

N'as ce pa i p'cheu vote faute, aiteu ; po 
quoi vote jonnau a-t-ei si dreulai, si rigueuleu? 
Ai tire de sai caiboiche dé calambeurdaine si 
todante, que teut ein chécun s'champe dessu, 
et qu'an s'ai p'téte fait pain-brieu d'égraipai 
mon luméro 34. In' mettroo pa mai main au 
fei que nû n'ai mettu lai seine dan l'penei du 

i3. 



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— i5o — 

factëu. Dieu m'gade de li jetai lai pîarre ai 
c'te brave pieuton, d'autan qu'ai sai piaice, i 
feroo queman messeu lé chaisseu d'Dijon quan 
el on potusai ein lièvre. Teute quante et foi 
que lai Publicité gonfleroo mai carnassière, i 
ane laisseroo pandrillai ine peitte, po lai fante. 

Nonostan, n'plaisanton pa. Vo lizou me 
flanquerain dé cambeule et i n'an ai que faire. 

Vequi queman ai fau arrivai lai cheuse. 
Mette vo jonnau an bouteille ; échetaî dé liège 
ché monsieu Batin Venne, d'iai ficelle ché 
monsieu Barèje, et pei les anvoin airon le né 
cassai, s'ai s'évise de Tmette lai vou ai non pa 
droi. 

Bé dé compliman ché vo. 

Pleumeran. 
(Lereuil.) 

Extrait de U PuUiciti du lo août i86$. 






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7^' 




LETTRE 

DE CASQUENCUIYRE AU BABILLA 
DE LAI PUBLICITÉ 

Puits d'Enay, dize vutedaout i865. 

M'sieu rBabilla, 

Î'ai raiyai teute lai neu 

Qu'jaivo étai évité ai lai danse dé 

pompié d'G Ch Jéto qu'man lé zaotre, 

ébillé en r'na ; on m'fai antrai dan néne grante 
sale rampie d'jôlie fille, mai foa bé, que v'nain 
bé sur de se Tyai, passe quai laivain enco mi 
lo p'tio laisse tô faire bian, daivô dé gran 
pandrillon noa po daré. Lé zome aivain dé 
tête que r'iuzain ostan dé calice : on mé di 
qu'ai n'beuvain pa d'dan ce zaifaire lai, ma 
qu'céto émecheu pu bèu quai zaivain d'quoi 
maite lai danrée. 

Et pourquoi, quoi, quoi, quoi, quoi. 
Boirions-nous de Feau, 
Sommes-nous des grenouilles ? 

Ai son diantre ! 



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— l52 — 

Vlai ti pa que nome parchai d'aiveu é ta 
d'aotre jusque au piancheï, di d'aiveu saî main : 
veune, deusse, troisse, ai peu qu'teu lé musi- 
tiou meune éne polka qu'teu Tmonde en 
trésaoto. Ctu que qu'mando jue du fiston ai 
pompe corne nue. E naotre aivo éne grosse 
aifaire jaone en sarpan, plaine teu tan nanto 
d'beuton creuvai ; ai 11 modo lai quoue, ai li 
graipillo d'zeu Tventre, c'te preuve béte ; i 
veu dire lai sarpan; el faiso ai teu queu : Vou, 
vou ! ma bé fo. 

Ctu qu'mé fai l'pu rire, ça té gran désaossai 
que s'fouro dé queusse de pincette ronde dan 
Tgouseï; ai lé fouro, ai lé r'tiro, ai pu potan, 
çai n'ii soto pa po daré l'creuteu. Bé dé fane 
mon demandai va quai peuvo logeai c*te Ion- 
gaine lai. Que d^oi quel lai piaindu 1 Ai peu 
s'vantai dan naivoi évaolai ai pu randu dan 
sai soarée, c'tu lai, surman qu'man bé daotre. 
J'ai bé vu dé pa propre timbanque mégé dé 
sabre doficié d'guairite, ma pa si Ion qu'çai. 
Ai fodré voie qui d'mande ai no zartisse de 
Meurbia , si lé trombôleï non pa d'dan le 
quéque boïao d'pu qu'laote monde. ^ 

Ça l'gro tambo que TChauvenai i an né flan- 
quai d'su sai pia ! Ç'ai n'fai d'ran, si c'tormaire 
lai éto piaine, Tpotou d'vo aivoi bé mao é 
zépaole. Je treuvai qu'céto dé crâne conou, 
quon randu bel ai bé du son é dansou ; on di 



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— i53 — 

qu'sai ranfraichi bé, ai fzo si chao quon né 
pa pu saivoi va que passai c'son lai. Çai s'ro 
ti dan lo gouseî, lé malureux ? 

Ene mesure faosse mé revaïé, ai pu i m'su 
di riandemain : aiprée tou, céto bià ; ma... 
Casquencuivre. 
(Rouget.) 

Extrait de b PubikUi an 34 août 186$ • 



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V 



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LETTRE 

DE FRIQUET AU BABILLA DE LAI PUBLICITÉ 

Pianteligone, Ttroisse de 
septembre i865. 

M'sieu l'Babilla, 

^ACHÉ voie moïen de n'pa baillé Fqueu 
de r'messe ai c'qui vo di ci d'zeu : 
~Ti possible dan Tmonde, que d'chance qui 
jai don aivu d'iire vote 84 are 28 santiar, i 
veu dire vot' jonao d'iai s'maine dareire, va 
qu'vo dite quo lumairo 45 d'iai rue Varrerie ai 
Dijon, gni parche é nartisse en cor et en lame, 
M. Arno. Jai vu d'van ché lu, dan né cadre, 
dé ta d'sarpeute, dé goui ; ça surman po décor 
quel é flanquai çai d'van sai pote. M. Ch. Be- 
noist no lé tan prônai Ttrante ai iein naou, 
qui m'champe ai lu, cor ai bé, po li baillé d'iai 
besogne. Aussi po bé m'compranre, fodré tire 
lire vot' dareire babille, vo, lé lisou, ai pu lai 
r'iire en cor dur. 
Voici l'chemi quai lé ai fair, vot' M. Arno : 
Uno. — Dalai voi m'naimi Pieumeran qua 
billa déne queusse de daré. Ai fo qu'vo 
qu'neussain aivan sai fignesse. Voici l'iaingage 



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— i55 — 

quai lai ai peu prée t'nu ai c'te prôve queusse. 
Ah l tu billade, Pouson I ai bé po Ppunitre i 
gaderé mon leï, çai fai qu'tu n'peurai pu billa- 
dai. Ai si é si bé fourai, quai ia en cor. Eréché 
H se zeuille.... de paidri, ma laissé li son cor 
qua su Fgro zateu. 

Deuso. — Ai véré m'voie : i l'meuneré ché 
é prôve malureu quai i é venu dé cor é pié dan 
lai bouche, c'que Tfai tirai d'iai paite en diale : 
i vo d' mande voie va quaisteur lé cor nichon ? 
Si ai n'vé pa, i ianvierai é re cor. Jainmerôo 
mieu potan qui chésain d'ai cor. Ma quai 
s'dépoiche, car l'orne seroo an venonge. 

Troiso. — Dite li quai Tépote son pu gro 
instruiman qu'gouisade Tpu peï, passe que 
çai s'ré po estirpai troi cor de chaisse qu'no 
zéténe teu lé soi en no conan teujo lé mainme 
air; ai pu qu'man !! Vo voie que c'na pa dé 
cor saige. Ai lé trôveré lé soi, é pié d'Iai mon- 
tée d'Chambeu : i voiron voie aiprée si ai jue 
en cor. 

I vo rdi en cor net, ça drôle quéne chose so 

tôte difairante du contraire dé naotre : moi 

qui maivoo teujo figurai que TArno céto ein 

fieuve de Litanie. 

Teu tai vo d'cor. 

Friquet. 

(Rouget.) 

Extrait de la FMUiU du 7 scptcmbfe 186$. 



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RONDE DES VENDANGES 



Air : C*«f toU, dmq mis, 

jAU bé fêtai Tjo d'iai venonge, 
Cmaitin j'ion pa mau qu'mancé : 
Ai fau qu'chaicun de no songe 
E bé chantai, bé dansé. 

Chanton, danson : 
Ai &U qu'chaicun danse ein p'cheù : 

Danson, chanton, 
I s'ron bé contan treteù (bis). 

Cmaitin entran dan lai yingne, 
Dans Tanclô de Monsieu Veno, 
On no zé di : Lai consingne 
Aa de n'cueupai que lé no. 

Teu t'aussi too 
Lé pénei en main et Tcout'leii, 

On venangeoo ; 
J'étein bé contan treteii (his). 

Quan vint l'heure de lai soupe 
J'aivein bé l'erroille au guet 
Teu tai cueu v'ia qu'on no z'oupe ! 
J'on dit : coiron déjeunai 1 

Ai foyoo vo 
L'déjeunai sotan du peu, 

Comme on Tfétoo ;, 
J'étein bé contan treteù (bis). 



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-i57- 

Quan j'eure lai panse pienne 
Aussi gai que dé pinson. 
No v'iai treteù en halène 
Po chantai quéque chanson : 

J'on bé chantai, 
Bé mégé, bu dé bon cueù ; 

J'on bé sauté ; 
J'étein bé contan treteù (bis). 

Y r'tonère en not euvraige 
Âipré note déjeunai, 
J'aivien bé pu de couraige 
Et j'aivein le cœur pu gai. 

En venongean 
On rioo come dé feu ; 

Tojo chantan 
J'étein bé contan treteù (bis). 

Teut ai cueù v'iai qu'el airive 
Eine masse de jeun' gen, 
Ma d'eine gaîté si vive 
Quai sautein teut en entran. 

Lé compliman 
Lé salu et lé bon meù ; 

Aimin, pairan ; 
J'étein bé contan treteù (bis). 

Aiveu plaisi, alégresse, 
Chaicun é v^lu v'nongé ; 
Car entre no lai pairesse 
Airoo bétoo son congé. 

An travaillan, 
Teu céz aimable foulteù, 

Teujo braillan, 
Etein bé contan treteù (bis). 



H 



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— i58 — 

Su Tsoi on se r'min ai table, 
Car c'étoo Theur du seupai ; 
Chaicun, po se rendre aimable, 
£ bé chantai son cueuplai : 

On écoutoo 
C'étoo dé vrai ressingneù, 

Et Ton disoo : 
Y son bé contan treteù (bis). 

Ran n'é manqué ai l'office, 
Et quant ai fu bé neù, le sor, 
Ein jeuli feu d'artifice, 
Etiaroo come an plein jor. 

On é dansé 
En rond teut ento du feii. 

On s'embrasse : 
J'étein bé contan treteù (bis). 

Enfan, v'ia Theur qu'el aivance. 

Et j'allon no séparai 

En no faisan lai révérance. 

En no faisan lé pu doux souhai. 

Parton l Parton l 
Que chaicun de no soit heureù. 

Et répéton : 
Reston bé contan treteù (bis). 

Extrait de U PMUiti du 14 septembre 186$. 



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LETTRE 

DE FRIQUET AU BABILLA DE LA PUBLICITÉ 

Pianteligone, dise vute septembre. 

M'sieu TBabilla, 

^L a bon de s'môquai émechô dé zaotre 
d*loin zan loin, ma M. Sel-Cher an 
iiaïbuse an s'maitan su c'pié lai, c'que froo 
croire quai lé Tdiale aux cors. Ai veu m'bre- 
sillé quan tai pale dan vote 34 are 28 centiare 
du 14 septembre du spirituel M. Friquet. Po 
Tespri i no r'queuneusson son débiteur : ai lu 
l'ponpon ; ma potan antre aimi, ai n'seroo pa 
mèchan d'baillé son naivi aivan de s'piaillai 
qu'majl çai. Moi, Vlai c'qui vo di. 

Ai sanne que Tsel n'a pa bon marché ché 
lo, pusquai signe Sel-Cher. I n'métone pa 
quai lai réparmai c'te danrée lai dan c'quai vo 
zé anvie ai moulé. Ai pu c'tidée d'mètre au 
d'su d'sai prose : Ane hier, 12 septembre i865 ? 
I vo d'manderai voie quà quai Tétoo Tlande- 
min i3, si come on Tdi, tô lé jo on némande. 
Gare ai lu ; lai concurance de M. B. peuroo li 
faire bé du ton Vo voie qui jai bé lisu vote 



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— i6o — 

jonao ojedeù, c'que vo foi voie qui n'étoo pa 
Bane ière. 

Si ran qu'mon aivi peu Tcôrigé, on nam- 
ploiyeré pa daote Lane ière. 
Ai vo i^voie. 

Friquet. 
(Rouget.) 

Extrait de U PuUmii du ii septembre 186$. 



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f8eêeêeêeêeêeêeêeêe8eêeêf©fêeê 



LETTRE 

DE LOUPIE A m'siEU l'cAOSOU 
DB LAI PUBLICITÉ 



Saivôle, mitan du monde, dize vute 
d'ocktobre i865. 

M'sîeu le Caosou, 

i'LAi é Thiers an suce qui n'ai babillé 
daivô vo : ma jétoo ai équoure mé 
jarbê" daivone biainche , lai moïouse quai 
gnioo daiprée Tgou dé maquignon an grain. 
Quâ qu'vo v'ié, ai passe tan d' monde ché no, 
qu'jé bel ai bédé piquôtai ai baillé. I craindoo 
qu'vo n'me prenein po é fégnian dirlande, ça 
poquoi i n'me couise pu po vo récontai, pa 
listoire épôvantable, ma c'quein d'mé veille 
équousseï no zé di , an baitan du fiââ , su 
landroi d'Vairoo. Tô çai a bé vrai, vu quai la 
né, native et originao dilai. 

An 1816, va quai létain quatre contre ein, 
c'te saiquèle de tête quarrée nichoo dan lai 
piaine antre St-Aipôlignaire ai Vairoo. Gnian 
naivoo dé quouérie. Tô lé soi, on fîanquoo 
éne gade ai coûtai dé gran sain d'boo, taillé 

14. 



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— 102 — 

ai lai sarpe, dan Tmitan dé cham, bé pu bâ 
qu'lai rante de Suilly. Que né quai laivoo 
c'sain lai 1 Arrié lé Zôtrechien, dan lote igno- 
rance de lai laingue russe, Fépelein rPififard. 

£ soi, y'iai ti pa quai chésoo d'iai pieuge au 
soïô, ai pu que TKaiserlick s'mai ai lésoute 
d'zô l'sain en juran : Herr Gott sacreminte 
tarteiffle Bi Gott! 

Ma, t'couiseré tu chienne de béte, qu'laotre 
Udi? 

L'souda quétoo Prussien, ché su Tséne 
dépôvante ; bé neureu quai nétoo pas d'verre, 
son daré. 

Si tiétoo don qu'man moi, d'peu pu d'cent 
an qui su lai au chaudô, ai lai pieuge, ai lai 
jaolée, tu voieroo voie. 

L'souda yai racontai çai au maire ; on fai éne 
procession, on répote le sain dan lai chaipelle ; 
ma jugé voie d'iétônement d'teu tin choiquain ! 
Ai pone étoo ti dan sai niche, quai lan fai éne 
é zaibitan an disan fo : Ah I esteure é su 
émechô mieu qui nétoo. Et lé fanne de ré- 
braillai au miracle 1 

D'peu c'tan lai, lé fanne de Vaîroo on té 
r'gadai Tsain quaivoo é père née, Ion qu'man 
Sacquenay, quan tai létain dan néne position 
intairessante ? I nan sai ran. Ma voie voie les 
jan d'Vairoo, que pifis ! Ça po çai quon lo di : 
Les Piffards de Vairoo. 



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— i63 — 

Ai pu, vo m'croieré si vo v'ié, gnié poin 
d'iaboureï bé néfémai dé zanviron que n'di- 
sain, aiprée quai Ion mégé lai soupe, bue é 
bon cô : Ah ! aisteure, i su qu'man Tsain 
d'Vairoo, émechô mieu qui nétoo. Ai datai 
dojedô, vo zalé teurteu en dire ostan. 

LOUPIB. 

(Rouget.) 



Extrait de U PuUUm àa 19 octobie i8é$. 




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LETTRE 

DE DU LIGNEU A m'siEU l'cAOSOU 
DE LAI PUBLICITÉ 



Bouilland, 26 octobre i865. 

C'est demain la Saint-Crépin, mon cousin, 
Qu'lé cordonniers se frisent... 

M'sieu rCaosou, 

^AicREDi 25, tôte lé tioche de ché no 
étain ambruïée. L'marilleï s'crampissoo 
d^aipre'e, po faire qu'man bé dé jean, du bru 
dan Tmonde. Dé zeuroille ben exercée ai lé 
Bianoi étain lai po é quô, on di tô d'seute 
que pusquon nantandoo que son ai n'devoo ni 
aivoi quéne tioche. I lo laisse çai ai jugé, vu 
quai son farai su lé d'vignôte. 

Ai dégringôlain d'tô lé chemi, ai lairivain 
d' tô lé zaidroi ai Bouilland, po dignai ché 
l'Titisse-Rose quaivoo quôpai lai tête ai vinte 
ouiôte , saingné é viao , é naibillé d'soae, 
échetai 3o freussure de môton, 40 dôzaine 
dairan ai r'sor, pairai 20 laipin au kilo, ai pu 
mi en parse éne fillette de gamay d'Bévy. No 
zaotre, lé Bouillandin, i no disain : Ma qua 




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— i65 — 

qu'ça qu'çai? Cétoo to béteman lé bouifs 
d'Aubaine, lé ribouis d'Bessey, lé braves de 
Cnigey, lé pontifes de Thomirey, lé bijoutiers 
su r genou d'Oeilly, lé sabourins d'Auxan, ai 
pu \é puans d'Saussey qu'faisain lote antrée. 
Lé mieu couififai, cétoo lé délégué dé niafs de 
Biâne. 

Quant on né étai bé rampi, Vlai le coronel 
de lai Tranche dé veille cuir de Biâne que 
s'ieuve ai pu qu'di : 

« Gniafrons 1 i yai yo faire é discour dan lé 
forme, ossi vrai qui no servon po r'carrelai 
éne saivaite, d'ialène majeure, d'ialène au 
peti boo, ai d'ialène fretilante. Vo zé confiance 
an moi qu'sai faire passai IVeille cuir po du 
neu come poin; qu'mai d'iâme dan tô mé 
zôvraige, moi que tiré dé cuir tô sou, 14 s'mel, 
vu talon et 6 pair de haose. Talonet, l'gendre 
d'Fote-Ampigne, nairoo pa mieu fai su lai selle 
ai troie pié, d'aivô Tsoupirao au mitan, armai 
d'iai queusse du ch'vao d'Hanri 4. 

c I d'mande é congrai d'tô ceu qu'saive le 
dVoi, po que l'carambôlaige d'noo zidée no 
maite su Ttaipi dé jonao, ai pu quai lan sote 
dé tas d'points qu'fron lai quoue ai tô lé répa- 
rateur d'iai chaossure umaine po lé billa. 

€ On décideré qu'san no, nue n'marcheroo, 
pa maime le prôgrai. On discuteré su c'que 
veu dire : TEtole de Saint Crépin vou Ttirpié, 



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— i66 — 

Ttranchai, Tbaquai d'sciance, le pô o rouge, 
épiai : valum coloratus ; lai bique ai piantai lé 
tiô, lai piare-saicrée, lai poi divaigne, l'utilité 

de fer dé quir en société, ai que cetera 

Belle-Alène jaseré lai d'su, TMaochossai dire 
son mô, Saint-MoUar parleré d'iai manicle, 
et Pouce-Rivet du devanteï ai frange verte du 
mâtre. 

c Gniafrons! mouchon no, baiton éne se- 
melle daidieu, rambraisson no qu*man dé 
prôve ; ma laissé me évaolé éne vairée, i crain- 
droo d'paîdre laléne, et î rôteroo le pu piquan 
de no zouti. 

Du LiGNEU. 

(Rouget.) 

Extrait de U Publicité du 2 novembre 186$. 



tt 



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«Sili^Siii^Sili&S^^ 



ENE OSPITAUTAI 



AI BR... D.. 



Pianteligone, vin ne vute nôvambre 
i865. 

M'sieu rCaosou, 

'union borguignone du 17 daré , lu- 
mairo 224, di ai prôpo d'iartic théiatre : 
Ce qui s'est passé à la représentation d'hier, 
mérite d'en parler. Si c'te frase lai a française, 
i veu qu'le R'naa soo mon parain. Son quô- 
tillon passe de M. lécrivain que di çai ; se 
moïen son jugé tô de suite. Ai tô Tmoin, si 
vo piai, dison daivô Bérangé : 

Si Ton est Prussien en Prusse 
En France soyons Français. 

Ai pu tâchon don décrire bé note prôve 
laingaige que c'na pa dé bitou que Flison. I 
qu'neù dé jan quécrivain qu'man çai quan ton 
lo zé fianquai lote sac, i veu dire quon lé zé 
anvié ai lai pote... de lai Rue. 




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— i68 — 

Moi, c'qui vai vo narai mérite quon nan 
pale. Dreussé lé zuroile, oh ! gens de lai Rue, 
yo pôvé rfaire asieman. 

Ureuseman quai fsoo noire neù, san c'iai 
rChaudô airo fai qu'man MM. Pieumeran et 
Ararius, ai sairoo esclipsai. (I rVéeron su no 
deu sujai; c'qua digéré na pa paidu.) Voui, 
c'brave Chaudô airoo vite mi lé piainche su 
sai d'vanture, adié dé nuaige compiaisan, l'vute 
nôvambre daré, ai 7 heures du soa, si ai laivoo 
vu Fto qu'sé passai ai Br... d... c'jo lai. Lé 
zétoile, leï, an fille bé drossée, on fromai loo 
poto, si bé qu'on nan né pa vu lai quoue 
déne. 

Ai leure vaa qu'lé tripe borbe jue lai bouze, 
é nome ai lair crâne, émechô cama, dou, lai 
piure étoo éne biaode bieuve, éne garguesse 
de drai noa, couiffai dé chaipia d'cuir r'iusan, 
antre dan lôbarge d'iai gran barbe, d'mande 
éne demie d'gamay, an névaole lai mitan, ai 
pu antone lai d'su an vrai mairigneï, lai chan- 
son du barquô. 

Çai dépiai ai ceusse quétain lai. Ma r'gade 
don, Ségognio, quMi lui, c'tome lai marque 
mao, c'a TJude bé sur, é vaoran, éréton le. 
Vlai chéquin qu'détéche sai longe de son cô, 
on nantodeville le malureu qua loié come é 
faigô, ai pri come dan néne raitoure. On 
rfouille po trôvai se paipié, ma an £sd d'çai 



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-i69- 

aivoo ran que c'tu qu'ranfromoo éae veille 
chique quan nétoo jar ai sai vutiéme seu- 
cée. 

Su l'cô, rChoula Ttréene dan lai mason 
d'tôrtô, ai pu Ttiaque ai bou jeton su le pian- 
chei. L'tor quai lé aivu, Tmarigneï, ça stu de 
n'pa sétre saôvai quan tai létoo vantre ai tarre, 
po alai pu vite. 

Saré corne éne saôcisse, gadai po quatorze 
gaôloi qu'aivein pri lé fusi, qu'croisain ette, 
lome émechô dégrisai, se mi ai piôrai ai chaôde 
lairme an sonjan ai sai fane, ai se gacenô. 
L'pu pei, ça quan tai lé vu quon nélemoo 
éne fouleire dan lai chenevée. 

« I su pri grillô, quai lé di, ai von me pairai, 
m'rousti, m'mégé quasiman tô cru : ma ché 
que don tribu d'savôaige qui j'ai chu ? 

L'Jean d'iai fête lé détaiché potan, d'iai pi- 
dié quai lan naivoo, ma on né gadai lome 
équôbli tôte éne mortelle nô. Quan ton lé 
lâchai riendemain maitin ai vute heure, 
Tprôve marigneï éfaimai , que sétoo égairai 
dan né ch'mi d'traivosse , san né ansaôvai 
dévaôdurai, se zaibi tô fraché, tô tessatai, ne 
pôvan pu faire éne égambée. 

Çai ce passai qu'man qui vo le di, an lan de 
grâce i863, Fvute nôvambre daré, ai Br.... 
d... 

L'pu bia dTaifaire, (a qu'lé 14 gorman on 

i5 



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— I70 — 
évaôlai, san an baie ai lai victime, éne demie 
fillette de vin bian au mate d'école que n'an 
na pa enco payé. 
Po istoire véridic. 

A, Fric. 
(Rouget.) 



Extrait de U PMùiU du 7 décembfe 186$. 



'Siiè^ 



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' H"H ' HH"H ' H"H ' t ' H ' H ' H 



Dijon, 6 décembre i865. 



Monsieu le rédacteù de lai Publicitai^ 



U'ai lizu lé var d'Aristarque, 
De récoussei dé jan d'espri. 
Dé gaizaitié el an lai parque ; 
Ai loo côpe ai trôtô le fi. 

Ai tôche d'estôque et de taille, 
San pidié po nun que se fu. 
Corne ein tonn'lei su sai futaille !... 
Ai lé t*en tôjor ai Taifu. 

Droi su rétrillé, ce soudar 
Pote* ai tô dé cô d'haulebade. 
Ç'aat ein Démon 1 ç'aat ein Cifar 
Qui an veu moime ai lai moutade. 

El aa le borreaa dé saivan, 
J'antan saivan de note ville, 
Vou ai lé loige au veil côvan 
Vou ai lé jeté ez équeville. 

Qui été vo, Jean de lai Rue, 
Po qu'ai vos oo si moo traitai ? 
Faizein vo don le pié de grue 
Quan ai vo rancontri po lai ? 



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— 172 — 

Fortunio, vo ne monté fraize 
Antre lé main d*ein tei dragon. 
Vo voizé que tôt ai son aise, 
Ai vo parce de Tespadron. 

Po vo, monsieur de lai Bluette^ 
Ai charche ai vo faire lai cor ; 
Gome vo manié bé lai brette, 
Ai crain que vo sein le pu for. 

Et peu l'écrivain blazonné, 
Qu*on di bé saivan et bé saige, 
Aa-t-i po celai meii mené 
Si ai le rancontre au passaige ? 

Vo, anfin, cher Barôzai, 
Vo ne cueùdein pa li déplaire ; 
Et bé, potan, ai tor de brai 
Ai vos é baillé vote aifaire ! 

Ma peut-être me diré-vo : 
t I ne charche poin de coronne, 
f Et ce qu'i di dan le jorno 
t Ne tan ai ôffançai personne. 
« Dé saivan i reste bé loin, 
t Por haibitude i seù modeste, 
t Peuvo-je pensai que ce peste 
f Me bailleroo ein cô de groin 1 » 

Ai ne di ran du Prenellei, 
Sinon qu'ai ressanne ein fîguei. 
Ma quand el aat ai Thômaa Snire, 
Oo poui ! (qu*ai fai) le villain sire 11 



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-173- 

Porquei contre tan d'écrivain 
Braille si fo Jan de Nivelle ? 
Contre lo airo-t-i ein grain 
Qui li fai tonai lai çarvelle ! 

BiSONET. 

(Ch. Benoist.) 

Extrait de U Publicité du 7 décembre z86$. 






i5. 



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ç^;^^;^2;çm^«Mm3;çm^ 



Cf^ Cf^ Cf^ Cf^ Cf^ Cfi Cf^ Çf^ Cf^'^Cf^ 



LETTRE 



AI M'SIEU FRIC PAR LEATENAN 



Dé quate-ven, vin décembre i865. 




Ai M*sieu Fric, 

lo vo évitai lai pone de r'veni su vo 
deu sujai, du chice décembre darrei, 
ICracmann nos ai récontai queman note 
aîmin Ârarius ne s'aibuse pa ai faire dé ron 
dans Feaa, an craichan dan la Saône; encore 
moin poiche-tei des écraibisse ai lai forchette, 
vou des anguilles au eu Tvé. 

I vo dirai, moi, qu'lautre s'ai forai dan 
l'commerce et qu'el aa quemi-viaigeu dans lai 
flanelle de santé. Au leu d'treuvai lai poule au 
po, dans Tpays d'Henri IV, ai n'y ai remoissai 
qu'éne histoire su T Béarnais. Pa dé crac du 
moin. Lai vequi : 

Lé pairan du Roy-vaillan Tpotire ai neurisse 
ché éne grosse dondon d'Coarraze, po Télu- 
chai, dan sai chaumeire, ni pei ni meu qu'sé 
aute anfan. Ai t'zçi son saou; et vo Tairein 
vue poussai queman les asperge d'Fontaine, au 
printan. Oh ! le bel éluchon, Clairine ! qu'li 



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-.75- 

dizain lé fanne du villaigel — I le croi bé, 
madei ! car rplaifon d'iai mazére étoo foussi 
d'cochenaîUe; lé quatei d'iar et de p'tit-sailé 
pandrillain é chevron; les andouilles s'y te- 
nain po lai quoue, et quate jambon montain 
lai gade d'chaique côté du cœurlâme. 

Vlai qu'a bé! Doo lé beurtelle, Tp'tio 
Henry y preni gou queman les autre, qu'sé 
babine an r'iuzain. Pu tar, Trachai veno-tei 
d'dénichai dé pie, dé jacque vou dé quinçons : 
Vlai ein chiffon d'pain d'aiveu ein bou de lar, 
meige, m'n'enfan. Rantroo tei les euille poche, 
lez haibi teut en nâcle , gôné queman ein 
gorei (car c'étoo déjei ein diale ai quatre) : 
vlai du lar et dé tartouche ! Ai s'y foroo le nez 
jeusqu'ez oroilles. 

Ein jor, quan ce dévoduré fu d'venu roy 
d'France et d'Navarre, son peire neurrissié 
dizi ai sai Clairine : Fanne, i m'an vai ai Paris, 
voi qu'a çu qu'fai note petio. — S'roo-ce t-i 
vrai, note home ? — Queman qu'i te l'di. — 
Ambraissé le bé po moi et n'sein pa Ion ai 
man épotai dé novelle. 

Le vêlai pati : l'havre-sac su l'épaule. Ai 
marche tan et tan qu'ai parfin ai s'treuve bec 
ai bec d'aiveu l'Palai - Royal. Ç'aa pei que 
Tchaitéa de Coarraze, dizi tei! et le vêlai 
qu'entre queman chez eu. — Halte-là ! qu'ly 
fi lai sentignelle. — Et maa ! n'as-ce pa lai 



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- 176 - 

qu'geite T Bon-Henry ? — On n'passe pas ! — 
I entrerai, moi, dizi tei qui dizi, Bigore ! Et, 
fezan Tmolinet d'aiveu son gourdin, ai s'metti 
ai esseupai de bourade au soudar. Ç'tu qui 
s'démeune queman ein diale dan n'ein b'nitei 
et crie : Ai lai gade ! — L'Roy qu'entan s'sai- 
bai, met l'nez ai lai varreire, démêle son peire 
neurrissié, Tépeule, li corre au devan, et li 
saute au co. Quan Fesseurfanteman fu époisé, 
ai rebeuilli de tou coûté. Gendarme devan, 
gendarme darrei ; haulebade, sabre et fusi teu 
po teu. Ma, au plainchei, pa tan seuleman ein 
cleu, pa ein creucheu, pa ein todvillon d'man- 
seine por y pandre éne brique de lar ; pa ein 
jambon ai lai cheminée l Çai li creuvi Tcœur. 
Quel cambuse panso tei l Ç'aà-t-éne prison ! 
Ousqu'a don note chaumeire ? « Puablé 
Henricou, dizi-tei , dan Tpatoi borguignon 
d'Goarraze, que t'é l'échéne mouri de hami l » 
Cétoo li dire : R'vé-t an ché no, i n'te lais- 
seron pa meuri de fain l 
Vote sarviteu. 

Leatenan. 

Extrait de U Publicité du 28 décembre 186$. 



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LETTRE 

DE NUE h' SI FRÔTE A M. l'bABILLA 
DE LAI PUBLICITÉ 

Fiaîvignerô, Tpo d'su du monde, 
23 décembre i865. 

M'sieu TBabilla, 

[oTE aimi Fric étandoo éne réponse de 
Br... d... Ai Fan né chu mailaide de 
vôie^uai nan Vnoo poin : çai prouve bé qu'lé 
Gaoloi on r'queuneussu quai laivain marché 
d'su lôte longe. Que tignou ! 

Ai lai piaice du Fric, i vai souaitai ai tô voo 
lisou éne bone ânée, éne parfaite santal, ai 
Tpairaidi ai lai fin d'ioo jo. I lé zantan dici 
dire : Ai vo pareilman, mon nanfan. Dieu vo 
b'nisse, po aivoi Tcoraige d'no zépeuillé tô lé 
vu jo. 

Si ai gnié dé lisouse dan Tcéliba, i lo sotte 
le mairiaige aivan que Tcoucou noo chantai ; 
ma dite lo bé qu'ai n*le f sain pa chantai ai- 
prée. I lo soite é qu'manceman ossi dou que 
d'iai mieguée, que l'heure que véroo de d'soti 
tô fraipan neu de lai baltoure. 

Voïon voie quaa qui vo baroo bé po vo 
xétraine, passe que vo m'piaillerain aotreman. 
I s'ro déjà bé fié si vo n'prenain pa Tfichecu de 



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-178- 

r'messe po man rouillé dé bon queu su 
léchenée. 

Erété qui vo dise. Aisteure vaa qu'lé craa, 
lé zaiguesse son de r'to, qu'lé p'tio friquet 
quon froi é pette n'trôve pa d*teïsse de biai 
po s'niché, c*que lo baille dé zanjaolure, i vai 
vo dire lai mangnière d'étraipai tô ce zousiaa 
lai, ai pu bé d'aotre. Gare lé friquet ; ma tan- 
pire po lo ce p'tio louvairou lai, qu'son diantre 
po picotai lai danrée, ma aitô po bailli ai l'ôca- 
sion dé bon queu de bec. 

Voici don qu'man qu'çai s*fai : Vo r'messé 
dior éne piaice bé prôpe ; vo zécampouré du 
treuquai, dé quievure tô po d'su. Lé zousiaa 
qu'son qu*man Tpouleu du m*lin, quon Tbec 
ai tô grain, voltige, couaille tô tan nanto, ai 
pu mége vote butin. 

L'iandemain ai r'véne d'aivô bé daotre d*loo 
zaimi quai Ion invitai ai dignai : L*sur lande- 
main aitô; tô çai sVampi l'gigié, Tjaibeu, 
s*fîanque éne quieute, tan quai lai bone année ; 
ma rquatrième jo, vo n'maité pu ran du tô ; 
çai fai qu'lé zousiaa son teurteu étrapai, man 
quai r'véne. 

Ça c*qui vo soite, que vo sain qu'man lo, po 
vo punite d'aivôi lisu c'taifaire ci. 

Nue n'si Frôte. 
(Rouget.) 

Extrait de U PublkiU du 38 décembre i8é$. 



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LETTRE 

DE PIERRETTE A m'siEU FRIC 

Br... d... IVute defeuvreï 1866. 

Ai M'sieu Fric, 

[lAiRÉ tantoo é moîe quVo né débaillé 
é meù; ai té poin qu*si jaivoo pue 
Stronai, jairoo étai voie si vo nétain pa am- 
pateurés qu*man Tmarignei qu'no jan aivain 
loïé dareireman d'aiveu loo longe. I m'sroo 
saingné po ôfri éne récompanse ônaite au pifa 
d'Vairoo qu'airoo aivu l'née aissé Ion po décôvri 
d'voo nôvelle, d'M. Pieumeran ai pu d'vo. 
Jan né piain mon dVanteï dVo teurteù ; vo 
zalé vite, ostan dé cancoire dan d'iuile. Ré- 
vaillé vo don, launou, vou bé i vo jure qui 
fourero putoo mai main dan d*lai potée 
bouïante que dvo dire mon nistoire du diàle 
po laiqueï vo t*né voo lisoù Tbec dan liaa. 

I vo r^queumande éne chose, ça d*dire ai ceue 
lai quVo zépeuillon que lai lettre o que au 
d*su d'ieï ein aicçan circonfiaixe, ô, s*prônonce 



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eu. Quai lan fsain bé lote prôfi, aotreman 
on lé zanvieroo ai lai croix d'pardieu, ai lai bi- 
beute, note chaie, etc. 
Tô mon cœur vo sailue. 

Pierrette. 
(Rouget.) 

Istnh de k l^iMrM do t ftnkr 1866. 






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LETTRE 

DE FRIC AI M*SIEU L*BABILLA 
DE LAI PUBLICITÉ 

Pianteligogne , Tvute de feuvreï 
1866. 

M'sieu TBabilla, 

juÉ queu d'corgie, dise don, ai pu po 
qui fo ti s'voie insôlantai ! Aivan d*vo 
difTTistoire du diâle de Br... d..., i vai vo 
baillé lai fisiôlômie d'iai grosse Pierrette, po 
me rVangé d'ieï. Lé raguigne an r'véne teujo. 
Ça éne fille célibataire, pa mairiée, parti vai- 
quan, quairé saicante vute an é praine que 
véne. Âivi é mairiou. Sai frimousse a tôte 
truitée d'taiche rousseute, se zeuille fon bé éne 
bone curiée d'cire tô lé jo; son né cama 
r'sanne quasiman ai deu pié d'chaudeïre ai 
buié ; el é d*lai barbe qua feigne ostan dé ba« 
livô d'châgne de vute an. Ai parai quel iré ai 
Tespôsition lan qu'vain, po disputai Tpri 
d*bôcôte ai lai gran Tillaire d'Noaron d'zu 
Bèze. Sai gorjaire quéche, non pa deu p'tio 
polisson, ma deu gran panda, ai pu vo dirain 

16 




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— l82 — 

po lai taille qu*ça é faigô daivone mao sarai. 
Po échevai lai pointure, el é éne tignace tôte 
anmaolée, qua raide qu'man dlai soâ d'cou- 
chon; tô lé troie moie ai peu prée, el lai 
graisse daiveu du saindou rance. Ai fodroo é 
crâne fauretoue po lai pigné, ça po çai quel 
chante an risan : 

Je po pigne fin, 

Lai raitelle, 

Lai raitelle ; 
Je po pigne fin, 
La raitelle du jadin. 

Ai bétoo lé reste. 

Fric. 
(Rouget.) 

Extrait de U PMUité du 8 février x866. 



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A M. L'RÉCONTEU 



PO METTE EN SEZ ANALES 



Dijon, 28 févier 1866. 

[ ni ai dan lai Bregogne ein pays qu*s'é- 
peule Buncey. Oh ! rdreule de villaige ! 
L'cromin vo ? teut Tmonde s*y aicode. 
M. Tmaire et M. Tcuré n'fon quein d*aiveu 
lote conseil : lé mate et lé vailloo n*fon qu'ein ; 
teu n'a qu'ein. Çaa dreulichon, po l'tan 
qu'cour. M. Tcuré, dizi Tmaire, qu'étoo venu 
au précipitaire ; i croi qu*éne taupe, sauf Tres- 
pai qui vo doi, revache vote jadin l — Héla , 
voui ! et n'y airai béto pu ran d'iégume. — Ce 
qui n'seroo dure : aitandé. 

L'maire, de ce pa, vai chai Ttambor qu'étoo 
crevai d'iaivan voille, et Ty fai son énonce. 
L'épariteu pran ène aicheule (ça lai dindelle 
que lai foresteire fai mète au co dé vaiche), et 
pei drin derlin, drin, drin, drin derlin, é quate 
coin du villaige : L'maire fai saivoi ai teut ein 
chécun qu'rencontrerai ein conseillé munici- 



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— i84 — 

pau, d'ierbratai po devai lai commugne, aîvan 
lez onze heure. 

Nu n'manqui. — La siance a-t-ébânée, 
qu'di l'maire. Et pei, ai loo conte Taifaire, 
d'iai taupe. Teurteu son d'aivi qu'fau mette 
ein planton, dan Tjadin, jeusqu'al tan qu'lai 
béte soo prenne, et qu'on Taipote. 

Quate jor aipré, Tgrand Glaudiche, r'venoo, 
fier corne Ertaban d'aiveu Tozéa dan n'ène 
raitore. 

Je r'velai Fconseil ressemblai. — Ailon, é 
voi, di l'maire, po saivoi lai pu fote punition 
ai li baillé. 

Moi, qu'dizi l'Janno, i seu po qu'on lai dé- 
piote vicante. Fau lai décatelai, dizi TFanfan 
d'Iai carre; çaa méeu. Coula, qu'aqu't-en 
pense ? — M'a t-aivi qu's'roo pu dur d'Iai 
breulai an vie. 

Igneuçan qu'vos été, dizi l'maire l I résume 
les aivi, et qu'man i ai voix propondérante, 
l'meine a qu'vo n'y antandé ran. — Vote 
chaitiman, çaa dé banboche. L'pu creuvan 
d'torteu serai d'I'entarré teute vif, aipré l'y 
aivoi fai parre ène pincée d'poudre ai ver. — 
Que colique, mes enfanl ran qu'd'y pansai 
çai m'farfouille lé tripe. 

Chaicun s'sarri le vantre et dizi : Vo paie 
queman ein livre. Tarre - dessu I — Preuve 
béte, pansoo l'vieu Cadet d'ché lai Nanniche ; 



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— i85 — 

el aa dan Tca d'se migé lé brai jeusqu'au 
coutre, queman lai litargie que m'contoo mon 
gran-peire l 

Ein aibonné au livreu à* M. Bisonnet. 

Extnit ât U PMiciti du i« mars 1866. 



16. 



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LETTRE 

DE FRIC A m'siEU l'CAOSOU 
DE LAI PUBLICITÉ 

St-Pheulba, Tvin ne vutc de 
Feuvreï 1866. 

M'sieu rCaosou, 

l 'ai qu'neusseu é maiçon qu*étoo d*ché lé 
Beni-Fouchetra (Creuse), qu'bailloo 
u'^ôcTgoujà é bou d'paia teu sec po s'dégraissai 
Tcreuchai l'maitin. E biaa jo, Vlai ti pa que 
Tpeutio rtrampe dans liaa tiaire po Trétandri, 
pa Fmaiçon, m^ l'bou d'pain. Ah ! i ti pran, 
couquine, qu'li di l'matre, tu fai dé saterie. 

Ai bé, ai confondoo, c'iouvairgna lai, lai 
piaice de c'prôve diale daiveu lai séné quétoo 
moTouse. 

Aujedeù, lisou d*mon ame, i vée vo dire de 
n'pa faire queman Tlouvergna, de n'pa con- 
fondre Tsieur Friquet que étai trénai son fon 
d'quieute su Tban dé zassise dareireman, d'ai- 
veu l'Friquet d'iai Publicité^ mon cousin ai la 
mode de Borgogne, vo f rain du maole, vou bé 
du tremi, c*que na pa d'saison. 




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- .87 - 

Dé çartaine jan on dreussé lé zuroille ai 
c'noip lai. Ai Ion breulai ITriquet an néfiiegie 
rjo d*lote fête, lai St-Carmantran, dlai raige 
quai Ion teujo d*pu Taifaire de M. Piéfarai; 
ma po vo zempoiché dVo tôrmantai, i vo fai 
qu'neutre qu'lancien Friquet so dior teu sou 
quan tai veu po respirai Vlibre air. 

Po charmai voo loisi, an nétandan pu mao, 
i vo «anvie c'taifaire ci : 

d'vigneute. 

Quan qu'çaa quon prenoo lé messaigerie 
Laifite po s'nétoié lai bouche ? 

Réponce dan vu jo. 

I vo lai sarre aimicableman. 

Fric. 
(Rouget). 

Lai divigneute. 

Réponse d*ojedeù(i5 mars 1866). 

Ça quante on lé prenoo po rainçai se dan 
(Reims et Sedan). 

Eztnût de la PublieiU du 8 mars 1866. 



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LETTRE 

d'un lisou aiffaimé d'm. bisonnet a 
l'imprimeu de lai publicité 

Monsieu rimprimeu, 

^EVON-JE, n*devon-je pu bâtelai les ô dai- 
veù lai mainîgance invantée po les 
lîbngâi, ma qui lé carmantrane, auj'd'heù, ai 
seule fin qu'a dev'nain, so dizan, des eu ? 

Lé poules on teùjor pondu d'iai même ma- 
néîre, dan n'ein tan qu'dan n*eîn autre (au 
respai qu'i vo doi), ma lai langue de no peire 
gran lo viroo dan lai gueule autreman qu'dan 
c'tei de los arrère p'tieu gaich'neù. 

An preuve, r'gadai M. d'Iai Monnaye^ note 
mâtre bareusai ; el étoo Dijonnoi. Auj'd'eii, a 
t-ei Dijonnoi^ oui vou non ? S*ai nos antan- 
noo Taip^lai M. d'Iai Monnaie y diroo t-i qu*i 
rdévauduron ? Oh ? qu'nainnain I Car, lu, 
qu*ai passai ai côté dé béte, devigni Tambrouil- 
lamini, et je vêlai qu'nos aide ai an démarrai. 
Teut ein chécun treuv'rai c'qui, dan son 
Glossaire : Ecrivai vote patoi qeman vo 
Vpalai. Çaa clar et net. Sur et çartain qu'ai 
bailleroo, lu-méme, ein rVire-mairion ai c'te 



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— 189 — 

chaipéaa d'gendarme don ai caTennoo lé susdit 
6, po lo faire pondre éne espèce d'eu qu'i 
n'cneusson pu, ai c't*heure. Por quei ne Tfrein 
je pa, aiteù ? 

I m'di qu*man c'qui qu'ein Borguignon 
aipran sai croi d'par Dieu teù comme ein 
autre ; et i me r'bifife. Çaa po vo dire, an vo 
dizan qu'i vo servirai, d'ochi an aivan, mes 
omelète d'aiveu des eu gaissai au naturel. C'tu 
qules aime brouillé, qu*ai lé tarbeùle ai sai 
£sdçon. 

Bé vote sarviteu. 

Un lisou aiffaimé d*M. Bisonnet, 

Extrait de U PMicUi du aa mars 1S66. 



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aiTMAN L'MAIRE DE TAILAN 

s'gaussi d*ein gausseu 

^ÉTOO du tan qu'lé feurluquai velain 
faire palai lé béte , et qu'monseu 
fmaîrê de Tailan aipeloo lai taule dé duc de 
Bregogne son pâti. 

Ein jor qu'el y étoo essetai jeusqu'au man- 
ton, son voisin, teù galonai, raide qu*man ein 
piqueu, s'metti ai l'raimignandai, ai peu ai Ti 
dizi : Monsieur l'maire, sublai m*don voi 
comme vo sublai po répelai vo meuton, quan 
ai r'vène dé chan. 

L'maire mâchoo dru et levoo Tcoutre idem ; 
ai slaissi priai Ion tan. 

Oh l n'ain pa vargogne ; nû n'doi s'génai 
iqui; i son qu'man ché no; monsieu Tduc 
l'antan et Tprétan. 

Tré bé, qu'répon Tmaire, et peu ai subie si 
p'cheu qu'ran. 

Et ma ! vo sublai pu for que c'qui. 

Oui, quan mai meut'naille s'évarpie; ma i 
subie qu'man c'qui quan lé béte, monsieu, son 
teù pré d'moi. 

Extrait de U Puhlieité du 21 mars iZ66. 



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LETTRE 

DE FRIC AI M. L'BABILLA 
DE LAI PUBLICITÉ 

Pianteligone, vute d'aivri 1866. 

M. l'BabiUa, 

^ote lisou effaimai de Afsieu Bisonet fai 
quance dan vof lumairo 69, de j'tai dé 
piare dan mon jadin passe que j'ai di qu'lé z'ô 
dVain s'prônonçai eu, quan tai laivain éne 
akçant circonfiaixe au d'su Tlo. Ai s'mai an 
queulaire tô rouge, ma çeroo-ce ai câose que 
c'taîcçan lai r'sanne au bat quon mai su Tdoo 
dé bijou d' Provence ? Si louti i'biesse, i n'di 
pu ran. Teujoo soo ti qu'si ai n'veu pa du 
laingaige de lai Monnaie^ ça quai n'veu pa 
chainjai. 

Ai la difficille vote effaimai qui je bé r*queu- 
neusseu au bou d'iuroille l I maitroo mai main 
au pot au feu qu'çaa c'diâle de Pieumeran. 

An Vqui aissé su vos z*oo, i lé laisse ai 
rongeai ai zefifaimai, ai pu po vo occupai, i vo 
répote é verbao de gade qu'n'aivoo pa, qu'man 
bé daotre, étai ai Técôle dé zaiduUe. 



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— iga — 
Suit le procès verbal. 

Ma çaa bé pu pei 1 yo quête fo su lé d'vi- 
gneute, i yo zan nanvie éne que nVo laissré 
pa fromaî lé zulo d'van quVo nain lai réponse 
dan TU jo : 

Peut on donner à déjeuner à quelqu'un en 
frappant un diapason métallique ? 
Amicableman. 

Fric. 
(Rouget). 

I yo répon aujedeu (19 ayril 1866). 
Oui parce qu'à l'aide de cet instrument on 
peut toujours donner un choc au la (chocolat). 

Extrait de U PMUM du la tTril x866. 






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■ *^i^ *^y^ ^'TiTw ^*4!7w ^'îlr^ *'SS **IS% itI!^ **I!^ 



TANAY 



Pianteligogne, Tvintevute mai 1866. 




[*BiAA por de mer qu'on froo don dan 
c'tandroi lail Ma éreté don voie, ai 
n' manque pu qu'deue chose po çai ; Fpor ai pu 
lai mer. Ç'na ran, m'diré vo, çai véré bé vite 
si le ch'mi d'fer san maole ; ai tréene bé daote 
chose que dé mer. Çai véeré c'graïonou d'L^m- 
pion é bé v'nu. 

I vai, an nétandan, vo dire, d'zeu lai dictée 
du Jôsai Noize, qu*a d'Cuzereî, ma que dé 
pairan ai Tanay, c'que se passai ilai ai gnié 
éne vintaine danée. Eprené que TJôsai n'di 
poin d'mente, si c'naa quan tai n'di pa lai 
vérité : la moïouse preuve qui vo zan baaroo, 
ça qu'jon étai no deue écailleutai bé dé foi dé 
bieusson ai queu d'paissiaa d'su dé bieusseneï 
feuillou, vée Tboo lai To. Ecarquillé vo zu- 
roille, i ai deue cheuse ai vo racontai. 

i^ Po lai faite de la St-Matin, dé gaceneu 
d*Mirebià, d'Maigneï, aivain mégé dé craque- 
lin, évaolai quéque litre ché l'gargôteï de 
Tanay, ai pu d'mandai lote compte. On t'iô 
zan fianque é salai. Ma lo qu'saivain aiteu 

17 



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— 194 — 

comptai , n'veuilon pa déguéenai éne dar- 
denne de lote goieute aivan d'saivoi d'quoi 
quai tonoo. On n'sécode pas ; laifaire a tai- 
piée ai lai barre de lai justice de paie. LVandou 
fai é compte bé ranfiai, ma gni aivoo vu fran 
d'trô, qu'ai n'peuvoo pa justifiai. Poussé ai 
bou, ai di : ma foi, ça po i'saibai quVo zé fai 
ché no 1 Lai quitance quon gade bé, pote quon 
né païé po vu fran d'saibai, Vo treuveré çai 
rareman an néfai d'consômation ! ormi ai 
Tanay, potan. 

2» Arié, v'iai ti pa que Tlandemain, éne fille 
devoo s'mairiai contre é gasson, c'que vo zé 
pu voie quéque foi. Ma ai paraitroo qulai 
drôlesse aivoo chantai lé vépre aivan lé mai- 
taigne, quelle aivoo émecheu trô dignai aivan 
le r*paa d'neuce, anfin quelle aivoo fai groo 
vantre aivan d'sessetai ai taôle. Son virli gran 
père quétoo sodé qu'man é raitiaa, d mande 
voie poquoi quel naivoo poin d'courone. Ça 
pu lai meude, quon li rébraille. L'preuve cher 
ome di : i nan saivoo pa pu mé zanfan. Ai 
parai quon naivoo doutance que lai susdite 
aivoo déjai coudu dé baivette ai pu dé culoron 
po rfru ai v*ni. 

Tô d'mainme, l'Jôzai Noize quaivoo étai 
demandai Guillandeù ai lai neuce, mé juré se 
gran Dieu qu'lai donzelle 

Humbieman boissan lai tête 



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^ 195 - 

n'peuvoo pa sampoiché d'dire pandan quon 
m'noo du vieulon dVan leï, d'peu ché lo jusque 
ai lai mairie : 

J'ai perdu tous mes droits à la fleur d'oranger! 

Ai bétoo listoire du Rédouillon. 
Bé Tbonjo. 

Fric. 
(Rouget). 

Extrait de la Publicité du 31 mai 1866. 



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CHEMIN DE FER 

DE CHATILLON A BESANÇON 

Baîze, le 14 septembre 1869. 

Ai mossieu le rédijou de lai Galette 
de Dijon, 

^URPRis po lai pleuge, venredi darrei, y 
nos étain bottai ai Te'ssoute, moi et pô 
d*aute dan lai cahute de mossieu Lagare. 

On se mi ai causai de tôte espèce de chose : 
d'économie chaussiale , de contribution , de 
note conseil que j'allein recomposai le jo de 
lai sain Prudan, eqsétéra, quand mon cousin 
Pierre Croquan, ein gros du pays, qu*aivoo 
tôt écoutai San débâillé ein mô, se leuve : 

De quoi que vo vo maùlez? Ene chose m'oc- 
cupe pu que tô çai ; çaa lai lettre de mossieu 
Renaud, po nos empoicher d'aivoi note chemi 
de fer. 

Qu'à qu'çâa que mossieu Renaud? di le 
gran Lagare, dressé dans ein carre queman 
ein paissiâ. 

Y croi que çaâ ein home de Pouilly, quu 



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— 197 — 
vée du fin fond de lai Russie, et que proche 
po son sain, répondit Croquan. 

Aivan que de no contai dés annôtte, ai feroo 
bé de voi le pays dont ai pale. Ai no traite que- 
man des Russe ! Ses statirique , ses cate poto- 
graphique... Çâa po no blousai. 

Qu'ai venne ! et y Ty ferai voi le pays, moi, 
et y ne paidrai pa lai cate queman lu ! 

Y voiron d'abor Marcilly aivô sai forge tôte 
prote ai marché, et son joli môlin; pu loin, le 
môlin Buguet, ein crâne môlin po le com- 
merce, ousque tôt freguille ; enco ein mechô 
pu loin, ai Tréchétiâ, braisserie, môlin et 
forge, po faire de Tacié pu dur que du fer. Ai 
Lux, braisserie, môlin, scierie ; ai deux pa, lé 
parère qui baille lai piarre non gelivre, dont 
on ai bâti dé palais ai Dijon; puis enco lai 
forêt de Velours, ousque n'y ai dés bos de tôte 
sote, même que mossieu Maria en échète po 
fare dé baitiâ qui von su lai mer. 

J'arrivon ai Baize... on se croiroo au Creuzot 
tan n'y ai de chenevée que feume I Tô po tô 
dé tuilerie, dé mécanicle, dé forge, dé mar- 
teau que tapent, dé roue que tonent, dé ôvrère 
que crie ! Çaa superbe, quoi 1 

Et peu c'te rivère que quemance tô d'ein cô ! 
Elle ne tairi pas, c*t'elle-là l Elle ne débode 
pasc't'elle-làl 



17- 



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— 198 — 

Tôjo ai plein bord vée lai Saône elle descend, 
Aiprée aivoi mi vingt usigne en mouvement. 

Padei l aivô ène force d'iâ de 200 chevaô ! 

En sotan de Baize, et n'y ai ène grande 
décime bôticle ous qu'on fait ène machine 
tôte lé semaine ; pu aivan, on s'estasie devan 
dé coteau qu'on pissai Tan darrei, 3, 000 pièce 
de vin, san contai lai meire gôte tôssée po lé 
veigneron, — dé vrai gorman ! 

Seugan note chemi, voici Noiron aivô son 
fourneau qu'à érêté,son môiin et sai scierie que 
marche queman dès enraigés. Y déjeunon bén 
entendu ai lai truite et es écrevisse ai Mire- 
beau, lai pu jolie ville du monde. 

Là, el y ai ein môlin qu'on diroo ein chai- 
tiâa. Çaa stu-là qu'en éfresille du blé, et que 
fait de belle fairenne ! Ah ! Mirebeau ai tô de 
même ein bon voisin, dan ce môlin lai I 

Ma no vêlai dan lés oublon ; dan lé veigne, 
dan lé blé. Ai faut voi comme ça grène tô les 
an l On y récolte de quoi neuri et désaltérer 
tôte lai Bregogne. 

Faut y palai de Bézuotte, de Charmes, de 
Drambon? Çâa pas lai pone. Vo voyé bé, 
n'est-ce pas, que mossieu Renaud nos ai dit 
dès gasconnades ? 

Çâa vrai, dit le père Pucin. 

Ai c't'heure, si y faisoo queman lu ; si j'en- 
tassoo lé population dan lé station, j'écafouil- 



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— Ï99 — 
leroo son raisonneman dan le gouillai de lai 
risée publique I 

Pensé don : Echevanne, Véronne, Spoix, 
Borberain, Viévigne, Tanay, Cuiserey, Ma- 
gny, Trôchère, Marandeuil, Oisilly, Renève, 
Montmançon, tô dé pays que ne serain pai ai 
deu pié de ney du chemi de fer I 

Et on y fai dés aiffaire dan ces pays-lai ! 

Y croi, sauf vot respect, fit le père Pucin, 
que lé mossieu Bassot et Voisin en fon dix fois 
austan ai eux seuls que tô ceux de lai Vin- 
geanne et de lai Venelle ensanne. 

Çâa enco bé vrai, çai l 

Et tôte l'assemblée de bôttre dé main, comme 
on fait dans lé ville. 

Vêlai, Mossieu le rédijou, ce que j'on di. Y 

vo Tanvie po le recopié dan vote Gaizette : çâa 

ein mochelô d'importance, et Pierre Croquan 

séré bé azille qu'on queneusse son ailoquance. 

Jean Tiercelet. 

Postin^ripton. — Y caichetoo mai lettre, 
quan le Croquan entre, en tarpillan dé pié, 
tôt en colère. Y vée devoo, qu'ai me dit, ène 
lettre d'ein mossieu Perroquet, que pale dé 
superbe usigne du tracé Renaud. Oui, en y en 
ai ène, tôt en gros ! Lés autre, on fait bié tôte 
lai neu, po lé faire toner deu tor tô lé maitin. 
Du reste, çâa queneussu : dan loo riveire, les 
fremi se maîte ai genou po boire. 



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— 200 — 

Propose li cequi : y praron chécun ène 
lieue su lé tracé po lesquels y nosarguignon,et 
c'telle dés lieue que payerai le pu d'impôt, 
que recevrai le pu de lettre qu'ensongne le com- 
merce qu'on y fait, aire le chemi de fer. 

Y croi moi, que mossieu Perroquet, n'é pu 
qu'ai enfilai lai Venelle. 

J. T. 
(Chambrette.) 



Extrait du *Progris dt la CSn-d'Or du 17 septembre 1869. 



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LETTRE 

DE COCO FIEURY AU RÉDACTOU 
DU PROGRÈS 

Pontemry, le 17 feuvreille 1870. 

Monsieu TRédactou, 

Jo saivé bé qu'çaito Tmarché è Dijon 
sanmedi. An faisoit un froid d'iou- 
vâirôû. Ma i m'sé dit: té, lai paille s'vend 
aissez bé, iai quéques sous ai baillé po finitre 
mé zimpôts, an faut en m'nait un millier. Y 
vo répond qu'ça été béto vendu. Youp! çai 
s'no dans lai poche ; en passant dans eu ne petite 
rue teute todue, çai sento rfricot. Y vo jure 
bé qu'ça putot mon nez qu'mé indiquet lai 
pote qu'mé zuyots. Y en è était po mes 
27 seus ; ma que bedaine ! En r'montant lai 
rue qu'vai au ch'mi d'fer, teu prée d'iai pièce 
où s'mettbnt les hommes nibus, i seu entrait 
dans un grand cafet pien d'vitres. En mVoyant, 
teut Tmonde me r'gadoit ; en aitoit teut épa- 
tait de mVoie. Gasson, qui dit: eune demi 
tasse et pu rjournal. Ugasson é bé vu qui 
n'aivo ran qu'lai figure de béete : è mé baillé 
ï Gaulois du 12. 



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— 202 — 

No z'y voiqui monsieu TRédactou. Y r'gade 
d'abord Trecto IVerso. Teut d'un cueu y voit 
dé teutes petiotes lettres. Bé sûr qui m'dit an 
gné d'iai malice iqui. Y n'me trompo pas : çai 
palo d'un r'pas qu'an é fait è Paris dans lai 
maison commune l'io feuvreille. Ohl c'té 
neuce de Bathaza, sainte bonne vierge; an 
failloit qu'jépeuille po lire lé noms dé plats. 
Ma bé sûr qu'an gnaivoit dé zaififaires que n'se 
mégeons pas. 

Teut po un cueu i m'met è rire teut fo. 

— Qu'avez-vous donc à rire ainsi, mon 
brave, que m'dit, en français, un monsieu 
d'Dijon qu'fumo sai pipe. 

— Ah l monsieu, i n'peu pas croire qu'an 
mette dé mentries qu'man çai dans lé gazettes. 

— Des mensonges, et comment cela ? 

— Ma lise dont : VGaulois qu'dit qu'an né 
dignai dé zasperges l'io feuvreille dans lai 
mairrie d' Paris. 

— Et éela vous étonne ; c'est cependant la 
vérité. 

— Allons bon l vo croyé çai vo, qui li dit. 
Lai tare qu'a jaoulée qu'man d'Iai conne, é 
poussont jeuliment lé zasperges. 

— Hé l mon ami, on les fait venir des colo- 
nies. 

— Dé colonies ; ah ! oui, des paï sauvèges. 

— C'est cela l 



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— 203 —• 

— Ma, qui li dit, po dé paï sauvèges, è sont 
dialement en évance : c'nâ pas devant V 1 5 évri 
qu'an n'en cueupe dans nos jadins. 

L'monsieu né ran répondu. 
Un m'cheu pu loin, v'iai qui m'équiète teut 
è fait. Y m'en todo l'ventre. 

— Allons, mon ami ! que m'dit l'monsieur, 
encore des asperges ? 

— Ma non, ma non ; ça encore bé pu dreule; 
ma r'gadé dont, on leue zé sarvi des quoues 
d'écrevisses. 

L'monsieu en aitoit tout ravi. I li dit: ma 
dise m'dont c'que ça qu'dé quoues d'écrevisses. 

— Ce sont des écrevisses sans têtes, qu'ai 
m'répond. 

Moi i n'ai ran répliquet non pu. 

Y croyo aivoi fini l'artique. Ma j'ten fiche ! 
i n'aivo pas li l'endroit là qu'ça palo du vin po 
lé zébreuvai. Que gousiers qu'ai l'ont ces mon- 
sieus d' Paris : i n'ai pas pu lire teut lé noms dé 
vins ; ma i m'répeule bé que l'vin bianc d'Ta- 
lebas n'étoit pas su lai liste. 

Aprée çai i m'diso ; mâtin è l'en dévorrint 
d'iai paille, ceux lai. Vo vo répelé bé qu'çaitoit 
po paillé mé zimpôts. 

Vo n'vourint pas m'croire, è bé l'monsieu 
mé dit qu'<ians lé r'pas dé Tielleries c'aitoit 
encore bé pu pis. 

Ma c'na pas tout : y retonne lai page ; qua 



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— 204 — 

qui voit: que e'tu qu*aivoit baillé le r'pas 
s'éplo M. Chevreau. Bon qui m'dit : quand tu 
s'ré bé formet toi, n'impote c'que tu deveunes, 
chèvre ou biquet, ma t'en évaoulerai. 

Po finitre, v'iai qu'en rentrant ché no, i 
raconte çai é mon voisin dodo Michou ; Tiâ li 
veno dans lai gueule ; è l'en é baivai pendant 
deux jo. 

L'iendemain i poto l'argent d'mai paille au 
précepteur en mégeant un bout d'ia d'iong du 
ch'mi. 

Poté vo bé. 

Q)co FreuRY. 

Extnit da Pngris tU la CôU-^Or da 19 fènier 1870. 



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LETTRE 

DE ZIZI PANPAN AI MOSSIEU DU 
JOURNAL LE PROGRÈS 



Ian note paît ou teut le monde ai la joie 
dan le cœur, ou teut chaiqu'un peu 
goûté le goû du râsin, ai se passe des cheuses 
vraiment dreule. 

Figurez-yo, Monsieur du Journal, qu'in bia 
jo, in gaçon du bia monde, bia luron, ai pri 
ridée d'aller vée sait cousine, dan le but de se 
mairier d'aiveu laille ; pif, paf, les aifares s'é- 
rangent, on vée en famille palai ai Monsieur 
le curé po renseignement su ce qu'ai faille 
fare, et ce brave homme pient de charité, no 
dit : ai no pale français. Mais mes enfants vous 
êtes parents, il vous faut une dispense ; moi 
Monsieur du journal, qui ne sait ran que boire 
et travailler, y ai entendu eune dépense, et 
iai répondu qui aimos mieux le bon vein ; lai 
dessus ce bon Monsieur mai répondu : vous ne 
me comprenez pas, une dispense est une pièce 
à conviction venant des mains de Monseigneur 
l'Evêque qui vous enlève le droit de parenté 

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— 206 — 

que vous possédez. — Ah 1 Monsieur le curé 
qui Vy dit : les enfants ne serant plus pairents? 
Non mon enfant, qu'ai mé répondu, alors il y 
dit : ma los enfans si elle en on plusieurs est- 
ce quai seran tejo frère ou sœur ; ai lai ré- 
ponse quai lé trevée tout de suite, y se en- 
core étal content, encore bé de lai chance que 
nos petits enfants serant pairents. Ma, Mon- 
sieur le curé, vo vo chargerai de cette aifare, 
quaque vo veyez, quant on ne sait rah on a 
bé ai piendre, ai me dit : O, oui, je m'en 
charge, mais seulement il faut payer. Y pa- 
lissos, ma quaque ai faut payé. — 22 francs 
quai me dit. Y gruillos y avos comprein, y me 
dit : ma bougre, sa bé ché, baillé 22 francs po 
ne pu y être pairent , enfin puisqu'ai fo y 
passai. Quaque tien dit Tiennot : Ah y dit que 
sa bé ché ; on ne peuro pa diminué, potant si 
on ne lo prenos ran ai Tairein du cel po long- 
temp, aiveu tant d'argent. Ma figurez vo bia 
frère , sa l'argent qu'on me baille de note 
bique : M. le curé si y lai menein à Monsei- 
gneur TEvêque, quaque vo zen disez : Ai 
mé répondu que sai ne se peuvos pas, lai dessu 
y liai dit : Fasez po le mieux et y son parti. 

Nos enfants se mairient, mon genre me dit 
tejo mon onque, mai fille dit tojo mon onque ai 
mon bia frère, moi yen devée teu bieu, diabe, 
i yon payé en bon écu po qu'on ne so pu 



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— 207 — 

pairent, et que vo n'observein pas les règles 
de M. le Curé, on no ferein peut-être encore 
payé paceque vos disez tejo mon onque, y ne 
veut pas sai, moi, homme de bon san, enten- 
dons no, et disons no Monsieur, sa bé pu bia, 
n'est-ce pa bia frère ? M. le curé a raison. 

Ma, monsieur du journal, puisque sai coûte 
22 francs po ne pu yêtre pairent, combé on 
me barot, po yêtre pairent aveu in camarade, 
vo devez saivoi ses aifares là, vo que vo que- 
naissez tout, tant pecheu que pecheu ; qu'ai 
ribotte, y me faros des pairents teu les jo. 

Yun de vos abonnés du canton d'Ëseurtille. 

Zizi Panpan. 

Encor deux meu. 

Su vote n® du 19 faivreille vo zai écri enne 
laitre d*in marchand de paille quai fa de Fargen 
en lai vendant, i vero bé que vo mettein aiteu 
lai menne su vote journal po qu'on voye qui 
non pas tant de chance que lu. 

Extniit du Progris de la Côte-^Or du x« mars 1870. 



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LETTRE 

DE DODO LAI COOTE AU RÉDACTEU DU 
PROGRÈS DE LA CÔTE-d'oR 

Monsieu le Rédacteù, 

^N ce tan lai, i83o, ein home b'en épri, 
au bon roi Louis- Philippe dizi : 

T Sîre, repôlé vo tôjor que le populo aa aitô 
éne majesté. — Tôte lé foi qu'ai sôffleré dan 
sai cône po tô de bon, dreùssé bé lez ôraille. » 

Vouei, qu'ai répondi, voz été ein ignôçan. 

Ma v'iai qu'ein jor, pendan que lé groo de 
Tendroi, calotte an main, li faisein lo révé- 
rance, lo compliman, — po lé fenêtre que 
r'gade paçai léaa voù Lutèce laivoo se pie, dé 
poulmon bé gonflai IV dizire : 

Vo n'été pu ran mazeu, alez auz annôtte. 

Aujôd'heu , lez home ai langue aussi bé 
pandue son rare ; — ai lai dôzeine, sôvan an 
nan trôve pa ein. 

Lé saivan, léz âne, lé prête on léz épaule si 
bé ouaitée, lé poche si bé remplie, lé paitte si 
deusserôtte, quai ne pense pu quai fiUôtte. 

Lé faute-épaule de 48, qui braillein si for 



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— 209 — 

dans lai gaizôtte le Citoten^ on fai, depei, le pu 
tarbe dé cutimblô, — lo vaîste son revirée, ai 
San deusserô queman dez aigneaa, — ai Ton 
vu de prée, en le fo bé, ceu que teinne lai 
gaule tôjo prête po no frôtai lai péaa. 

Lé reitre dan ce ran lai, mbnsieu le rédac- 
teu, ne maitte pa trôtô dé lunaitte ; — lai 
vache ai coula n'y aa pa aussi rare qu'au Mor- 
van. — Ma bé qu'ai scueudein saivan, ai ne 
pôve que montrai lo dan et no palai latin. 

Pôvre groo jambète qu'ai son, — lai vatu 
de Ciceron, de Virgile n'aa pas dan lo caboche, 
ma bé seuleman lainge Bazile et tô son tri- 
gori, é serein bé aise de no botre dedan encore 
eine foi ; — el on fondu lot' plion, et le code 
Nôvéaa quai noz ôfiFre po no roulée, ne no 
covein pa. 

Ai ne se repôle pu, pranture, noz aivoi 
'di: 

€ Si vo nomé le prince, présidian de lai Ré- 
publique, ai n'an resterai pa lai, ai devinré 
empereur, et, queman son uncle, ai semeré vo 
pu béaa gaçon dan to lé coin de Tugnivar (vo 
saivé c'que ce trôzie lai no répote). — Po 
renôvelai vo vaigne, ai ne vo laisseré que lé 
bôsu, lé todu, lé billa, ai pô vo jolie fille 
bailleron. » 

Po lé faisou de belle charte, i ne son encore, 
monsieu le rédacteu, que lé bonne béte ai 

18. 



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— 2IO — 

levai le maitin aivan Faube, — ai maittre en 
limon tô lé jor po treaai le gran charieù so- 
cial, ai pô, po voi, ai coûtai de no, messieu 
lez honaite et les dévoran faire lai belle 
cueùsse ; no, i son du gibié po lai grande chau- 
deire, — lo ai fairon lé délice du pairaidi. 

Tô ce monde lai ne sai pas que, si le varbe, 
aujôd'heu, c'fai char dan le vantre de no fanne, 
lai faiçon aa lai notre ; — que le fru de not'vie 
aa not* pu chère trésor. 

Tôt éboui, ai no dize : 

Not' charte de i852, çaa vrai, aitoi roide, 
ma not' charte de 1870 aa douillôte, écrite 
d'éne belle main su du parchemin en mérinos 
aivô de l'encre violette. 

Ai seù bon catôlicle, j'ai lai foi de sain 
Thomas, ma i n'écoute que mai jujôtte, voz 
aie voi : 

Les haibitan de Cotanon (lez ancien, pa ceu 
d'aujôd'heu), fire faire éne code au treite Jan 
Bidai, codelei ai lai pote d'Ouche, po recuelai 
lot* église d'ein gaiteau qu'ein méchan sain 
loz aivoi fai le jor de tôt' fête. Ma v'iai ti pa 
que ce diale de Jan Bidai, qui étoo flamaçon, 
loz an fi éne de poi de bequin, et quant M. le 
Maire, pas i maire an miténe, ai son conseil, 
aux haibitan, tô crampi ai lai code eu di : 
Alon zoup..., ran ne bougi, et l'église aa tôjor 
ai sai plaice. 



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— 211 — 

Lai charte qu'an noz envie, n'aa pas éne 
fiçaille de poi de bequin, ma el aa peut être 
encore pu élastique ; i ne croi pas me trompai. 

Dan i poinçon frai, di bon goû, si vo maitté 
du vin meuzi, le vin reste meuzi et le poinçon 
aa gâtai. 

Dan i poinçon meuzi, si vo maité i vin franc, 
qu*chatouille le gôzier en passan, le vin se 
meuzi et le poinçon aa tojor gâtai. 

Lai charte de 1870 ai le gou de c'té de i852 ; 
çaa le moime septambrei que lez ai faite. 

Ai c't'heur, po être bé compri d'ceu qu'fai- 
son, queman moi, veni lé gamai et lez arce- 
nan, i vai écrire le plaibicite de 1870 dan not* 
patoi. I ne ferai pa aussi bé que lé saivan 
choisi po maitre en not' pôvre jargon lai bulle 
iunefabilis de sai sainteté aiguesse, neuvème 
du nom, su Timmacheurée conception; i ne 
paierai pa non pu an avoca ; ce malinz avoca 
on dé drille échaudouge que vire et revire 
si vite ; dé fin an ite^ an nique^ an clique, 

Parapte, plaibicite^ écuménique^ encyclique^ 
que tôte les ôraille ne peuve pa lé pare au 
passège. 

Po moi, voici c'que çaa que le pliaibicite : 

Lai France aa lai métarrerie de Tempéreur 
Napoléon III ; el passeré ai messieu lé Bona- 
parte que vinron aiprée lu. 

Po faire lai garre, quan ç'ai li pliairé, ai paré 



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— 212 — 

tô lez an lé gaçon le pu fo, lé pu dodu ; ai de- 
mandré tô lez écu quan fo po faire ronfiai lé 
canon raïé. — Ai no renvieré ce qu*ai pôré. 

De tanz an tan, ai noz inviterai ai li dire si 
an aa content de lu. 

Ai paré dé ministre compliaisan, bé dizan ; 
dé sénateurs satisfait, bé pensan ; — il y en- 
vieron dé député ôbligean, élôquan. 

Ai no choisirai dé magistra bé épri, ma raide 
quem&n Chabot-Charny. 

Ai noz expédieré dé préfai ai pogne ; — ai 
ne seron pa dé Chaper, ma i lé païeron dix foi 
pu cher. 

Ai no bailleré dé maire po no menai ; — dé 
gade champaitre po noz épiai; — dé jandarme 
po no frottai ; — dé bon prête po no montrai 
l'évangille et lai morale. 

Ceù qu*trôveron tô c'iai joli voteron : oui. 

Ceù que rechigneron voteron : bian. 

Ceù, ai qui tô celai ne convein pas, voteron 
queman moi : 

Non. 

Compliman cordio. 

Dodo de lai Coote, petit cousin de 
Jan Chaingenai, Barôzai de lai 
rue Sain-Pheleba. 

(Coquet). 

6»tn|it du Proffis d* U C^-^Or 4a 6 nui 1870. 



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JEAN CHAINGENAI 

AI SON AIMIN COLA MAURETAPAl, 
DE GEMÉA 



M'n'aimin, 

[oTE curé que fai quance d'ôbliai qu'el 
ai tôjor di : voté po Tampéreu, ç'at ein 
Brave"; voté po sai fenne, ç'at ène sainte ; voté 
po le plébiscite, ç'at ène bone chose ; note curé 
no di ai cVheure : 

Voté po mossieu de Cissey et po mossieu 
Darcy, j'en répon. 

Padei ! comme ai répondoo dés autre ! 

Moi, y n'ai pa queneussu ce monsieu lai. Ai 
son trô hau juché po no. Çà corne lai sainte 
Ternité, ai fau y croire, ma jaimoi lé voi. 

Lo profession de foi on ein arrère goût que 
ne me rêvée pas, ène odeur de dîme et de 
corvée. Veu-tu qu'y te dise ? Ce gen lai no 
senonge bissètre ! 

C'a dé légitimisse, quoi ! 

Hé bé ! y n'aime pa le droi divin. 

Quan ai no fau ein mare au pays, y choisis- 
son le pu renaré, le pu fin de lai comune, et 



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— 214 — 

p6 y récharpon. Tant qu'ai vaî bé, ça vai bé ; 
quand ai clène, plaice po ein autre ! 

Mai si ein jor note mare disoo : 

— Vo m'ai bôti ai lai mason comune ; j'y 
se bé ; j'y reste. Y mènerai vote odon ai mai 
faiçon ; vo n'airé ran ai y voi. Lai prôvidance 
me rebeuïlle, ç'à tô dire. 

Quand y serai mo, mon gaichenô devinré 
vote mare de droi. El a ein mechô béte, ma 
ça n*y fai ran. Y seù son peire ne l'ôbliai pa. 
Le pu gran dé gaichenô de mon gaichenô seré 
étô vote mare, quand moime el airoo enco dé 
culoron, et come ça, jeuqu'ai lai fin dé gremià 
de celinse. 

Si note écharpai de mare no disoo ça, Lou- 
vairou ! que révolution dan le pays ! Come y 
serein tôrtô en patarou ! 

Hé bé, ce que n'a pa bon po no, queman ça 
seroo don bon po lai France ? 

Y me tarbôle lai çarvelle po le comprare, et 
ça ne peu pa me veni. 

Le curé di bé : voté po nos mossieu ! Ma 
vo queneussé le provarbe : 

Quand ein home acoute sai fanne vou son 
curé, ç'at ein home fichu ! 

Ai lai revoyure. 

Chaingenai. 
(Clément-J anin) . 

Extrait du Pro/rrét tU la Cile^Or du 29 juin 1871. 



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LETTRE 

DE MIMI CRÉPIA AI MOSSIEU LE 
REDACTEUR DU PROGRES 



Brazey, le 28 juin 1871. 
Mosîeu le rédacteur, 

^EPEU quon no-z-ai fai rhonneu de par- 
ticipai au choisisse ment dés gouvar- 
nant7"petit et grand de lai France, y n'ont 
jaimai évu aussi peur de mau choisi que c'té 
fois-ci. Lés autre fois j'y alleint presque sans 
seuci ; y no diseint ; emcheu pu emcheu moins 
républicain, ç'ai nà pas eine aifaire ; porvu 
qu'ai teneint bon si lés gros boneus no me- 
naice de quéque équipée, çâ teu ce qu'ai faut, 
pusqu'y ne demandons que lai tranquilitai. 
Ma c'té fois ci, qu'y venon d'être beurdaulai 
d'eine si jeulie faiçon, y voyont bé qu'an faut 
euvri lés euille et peu lés oreille au grahd 
large, y ne no fieront pu ez belle paireule, y 
no méfieront dés allure targivarsante ; y n'ont 
pa confiance en ceux que. se disont consarva- 
teur, et que se résarvont de demandai dés 
changement pu tard ; ai laissont treu parçai 



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— 2l6 — 

lot envie de changeai. Ai v'iiont no faire 
épousai lai monarchie ; y n'en v'iiont point. 
Ça t-eine glorieuse, eine arogante, eine man- 
touse, eine gormande, qu'ai teujo besoin, eine 
beubanceire que fait la vie aiveu ses courtisant 
ez dépens du preuve monde, eine san cœu 
qu*envie ses enfant ai lai tuerie sans rime ni 
raison, teu bonnement pace qu'el â lassée de 
faire lai belle jambe. Ç'ai ne peut faire qu'eine 
mauvaise mère de famille. Lai monarchie, lai 
Maintenon, lai Pompadour, lai Dubarry, et 
cetera, teu ses nom lai sente treu le dévargon- 
dége, méfion no et tenon no bon. 

Lai république, c'a t-autre cheuse, voici 
queman y lai considéront. Lai république a 
t-eine jeune fiUeutte que n'ai pas enco teute 
ses dent ; ai vai sans dire que son inducation, 
n'a pas enco faite ; ai sagit de l'élevai queman 
ai faut po en faire eine bonne mère de famille; 
dont qu'ai faut faire étantion quel n'eu pas de 
mauvaise fréquintation pendant sai jeunesse. 
Queman ç'ai cerai un l)on parti ^ an ferai se 
méfiée dés gaillard que vinront faire lo singe- 
rie auto de lei. J'y voiront dés monarchisse, 
dés socialisse, dés communisse, dés pateijou, 
dés confessou, et cetera, si y seufFront que ses 
gens lai li baille du bonbon, ai li conteront 
fleurette, et peu ai finiront po li cassai son 
sabeu. Eine fois sai réputation paidue, le 



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— 217 — 

monde li tonneré le dos queman ai teute lés 
fille trompée, sans biâmai les trompou. Tandi 
que si y réunissont ai en faire eine honnête 
fille, travaillouse, écolome, pa fiére, pa co- 
quette, baillant l'exemple dés moillou senti- 
ment, aimant teu le monde, lés preuve queman 
lés riche, lés noble queman lés curé, teu 
chécun lai respacteré, et y voiront teu ceux 
que viaint lai manquai eutai lo chaipiâ devant 
lei en criant : Vive lai République. 

J'espéront que lés deux candidat que vo no 
preupeusé sont dés homme de paix, de tran- 
quilitai et de bon ordre, charchant ai con- 
vaincre et rémenai lés récalcitrant dans le santei 
de lai justice, au lieur de lés repoussé, ce que 
no fairai dés ennemi ; y voteron po lo. 

Vote bé dévoué 

MiMi Crépia. 
(Bourgeon). 

Extrait du Progris de la CéU-tPOr du supplément du 30 juin 1871. 






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aiTA au'ÇA 

qu'ein maire républicain? 

M'sieu l'Directeur, 

JSj^îX'na qu'ai lai darrère extrémité qui m'ai- 
Sy^^ dreusse ai vô. 

j'on bé réfléchi, bé ruminai, et j*nons jai- 
mâ pu no figurai quoi qu'c'étôt qu'ein maire 
républicain. Alors, je m'son dit : Dodo ! pusque 
tu seus treup béte po y treuvai, demande zy 
voi ai quéqu*zun qu'en sairont ein pcho pu 
long que toi. 

J'vai VO dire, M'sieu; de mon temps, on 
aipreno ai lire dans le cathéchime et dans lai 
grand-mère, et jaimâ j'n'y ons vu quoi qu'c'é- 
tôt qu'ein maire républicain. Vo, que ça vot* 
métier de tô saivoi, dites no zy donc. D'ailleurs 
vos allez voi mon embarras. 

L'autre jo , v'iai que j'en palein. Je dis 
qu*ment c'qui ai Jeannette, — Ça not' fanne, 
sauf vot' respect, M'sieur l'directeur. — Jean- 
nette, toi qu'seu pas béte, tu pourro pas me 
dire quoi qu'çà qu'ein maire républicain ? 

Ai rumini ein pcho et peu ai m'dit • Te 



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— 219 — 

connais ben nof adjoint, c'grand dépandou 
d'andouilles qu's'en vai teujô Tnez en lai tô 
d'iong des rues, et qu'en tô temps cause de 
lai république ai Tun ai l'autre, si ben que ses 
champs n'en vaillont pas mieux. — Ai dit 
qu'ment c'qui qu'lai république, ça le gouver- 
nement de tôte les vertus ; ein maire républi- 
cain, çai sero jarre ein maire que les airo 
tôte. 

Palez me des fanne, M'sieu le directeur, po 
aivoi d'iai malice. 

Ai voi c'qu'on voit, qui qui s'serot imaginai 
çai ! ça potant bé simple. 

Oui ! ma voici voii j'perdons mon latin. 

Les ceusse de Fouilly-les-Oies disont qu'el 
en on zun de maire républicain : c'no jarre 
potant pas tôt ai fait c'iai. 

Ai n'vouro pu du bon Dieu, pac'que Tbon 
Dieu a pu grand qu lu ; et peu çai Tgéne. 

Ai n'vourai pu de curé, pac'que le curé en 
sait pu long qu'lu ; et peu çai l'géne. 

Ai ne vouro rende compte ai n'un, pac'que 

sai aittendez donc qu'ment qu'el aippeulle 

c'qui... sai... sai dignité. Ah l oui, sai dignité 
en soufiFriro. 

Ai veut, en vrai républicain partisan d*lai 
liberté que tô le monde dise qu'ment lu, voubé 
ai s'fâche. Qu'ment le jo qu'ai v'io baittre 
ein pove cher homme qui le vaillot ben vingt 



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— 220 — 

fois et de reste, pac'que m'sieu le maire ne 
peut pa senti Tgout de Téàa de-vie de mare, et 
peu jarre qu*ai n'en boit point d'autre. Et 
d'aivou qui, mon Dieu 1 d'aivou des gens que 
j'ne Youro pa boire Tdimanche, quand par 
hâza, j'vons ai l'auberge po saivoi les novelles. 

Ai veut ben autorisé des bals dans lai com- 
mune, — ai treuve que ç'ai forme bé lai jeu- 
nesse — ma ai ne vouro bailler l'autorisation 
qu*aî lai condition que Tbal qu'mancero en 
même temps qu'lé vêpres. 

Ai ne veut pu de point du jo, pu d'angelus, 
çai le gène. 

Enfin, je n*savon guère ce qu'ai veut, vou 
ce qu'ai ne veut pas. 

Vo voyez d'aiprez ce tableau, de lai con- 
duite d'ein maire qui s'dit républicain et lai 
définition de Jeannette que j'peux bé me 
trouvai embarraissé. 

Ce brave maire s'fait bé r'ievai quéque fois, 
ma çai ne l'y fait ran. J'compte qu'el a qu'ment 
le bœuf du gros Pierre, qu'aivot pas de cœur, 
ma deux mous. Ai vai son petit bonliomme de 
chemin jusqu'au jo quai ferai lai culbute. Ma, 
el y ai des gens — el a du nombre — qui lai 
saivont si bé faire, qu'ai n'se cassont ran du tô 
en lai faisant. 

J'vos en diro bé pu long, ma çai pourro vos 
ennuyé. 



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— 221 — 

Cque pratique ce maire çai na pas des vertus 
vou bé ça des vertus républicaines et j'décla- 
rons n*y ran connaître. 

Tirez-me donc d'embarras. 

Vot' serviteur, 

Dodo Plantamour. 

Extrait de la CéU-^Or du 22 mars 1873. 






19. 



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"•--•'-• ""^'3i£*3IE*^'*y*3ÎI?*3iE''3Î P* i K' *' * * 




LETTRE 

DE JEAN DELACÔTE A MOSSIEU LE RÉDACTOU 
DE LA côte-d'or 

Lapînville, le i8 avril iSjS. 

Mossieu le Rédactou , 

Îe maire de Fouilly-les-Oies el o jarre to 
pareil au note: an direu quasiment 
qu'ai serin fait to les deusse d'avou le meinme 
bout de bo. 

Le note aitou ne veut pu de point du jo, pu 
d'angélus au médi et au soi. Y ne sait pas si 
çai le gène, ma ai dit qu'ment çai que çai 
trouble le repos public, et peu que çai ne sert 
ai ran du to. 

Portant ai veu bé qu'an y ait un bon Dieu, 
ai preuve qu'ai diseu'l'aute jo, en beuvant sa 
p'tite blanche à l'auberge du Lapin rouge ^ 
qu^el aileu ailé qu'ri ein prête protestan ai 
Besançon. 

Ein prête protestant, qu'a qu'ça que çai, 
mossieu le rédactou ? Est-ce qu'ai disont lai 
messe et les vépes qu'ment les autes ? Est-ce 
qu'ai baillont lai bénédiction qu'ment les au- 



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— 223 — 

très ? Ah ! ce coup lai, le diable y padrait ses 
cônes, si ai ne se convartit pas et si ai ne de- 
vint pas qu'ment défunt son papa, qu'étot si 
saige, si saige, si saige, qu'ai Lapinyille on ne 
Faippelot ran que le Tantum ergo. 

Ma lu n'a pa qu'ment ça. Y crois bonnement 
qu'el ait peu d'iia b'nite et peu que çai le gène 
qu'on ai mis çai ai lai pote de l'église. 

Vo me croirez, si vo v'iez, mossieu le fédac- 
tou, ma po lai Saint-Laurent, qu'a lai fête 
des pompiers, ai n'ai pas Vlu du tô qu'ai 
veunent ai lai messe. Y ne sait pas si ço bé 
rrai, ma mon cousin, qu'a sapeur, me diso 
qu'el y os aiven preumis quêque cheuse, si ai 
v'iint bé ne pas aller dans l'église ce )o lai. Bé 
sur que çai l'airo gêné. 

J'avions enco chez no ein bon chantou le 
mate d'écueule aivo eune voix, qu'ment disen 
mon grand-père, de vrai centaure, et peu surto 
ai lai manio si bé, que c'étot une bénédiction 
de l'entende. Eh bé l ein bo jo, not maire n'a 
pu v'iu du to qu'el aile chanter au lutrin, 
pace que, pourquoi ? pace que ai prétend que 
çai raibaisso sai dignité de mate d'écueule et 
peu que son écueule en souffro. 

Ah ! mossieu le rédactou, ai ne songeo guère 
ai l'écueule, quand ai l'emmeno l'instituteur, 
préque to les jo, arpenter les gaillarde qu'el 
ont défrichée. Ai ne songeo guère ai l'écueule, 



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— 224 — 

quand ai le dispenso de lai fare, po causer ai- 
vou lu pu longtemps des cheuses de lai com- 
mune l Si bé que c'tu qui , pendant pu de 
quinze jo, me £Eiiseu Técueule que les )o de 
pieue. 

Moi y crois putot que si ai n'ai pas v'iu 
qu'el aile chanter dans l'élise, ça pace qu'el 
aiveu peu qu'ai s'enrhume et qu'ai ne peuvo 
pu crier : Vive monsieur le maire ! quand les 
jo de fouère ai met sai belle écharpe. 

Vo me croirez enco si vo v'ié, ma ceusse du 
conseil li baillont même cent écus po ne pu 
chanter. Du temps de mon père, j'avions ein 
p'tiot vaicher po gader nos vaiches, ma je ne 
le payions pas po ne ran fére. An dit même 
que ça le maire qui l'y baille çai de sai borse, 
qu'ment qu'ai nous ai baillé déjà de sai borse 
en bia drapeau, qu'ai même fait si peu, lai 
première fois qu'an l'ai mis à la pote de la 
maison commune, ai lai vaiche du voisin, que 
lai pauve béte ne Vleu jamais soti de la co po 
aller es champs. 

Ma ça bé difficile à croire, portant ai faut bé 
que çai çoi, vu que ceusse du conseil n'ont ran 
voté po çai. 

Je pouro vo z'endire bé pu long, mossieu le 
rédactou, et meinme vous montrer que note 
maire ai retorné sai carmaniole po aivoi lai 
vraie teinte républicaine ; ma ça prou po 



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— 225 — 

eune fois et peu y ne vo aipprenro ran que vo 
ne saivez déjà très bé. J'ainme mieux vo tirer 
mai révérance et vo dire que 
Je vo salue, 

Jean Delacôte. 
V'iai qu'an m'aippôte enco quéque çheuse. 
Y paraît que not maire de Lapinville qui, en 
vrai républicain, n'ainme pas qu'an ne pale pas 
qu'ment lu, meinme quand ça qu'ai dit des bê- 
teries, v'ieut battre ein jo, ein pauve cher 
homme, le pu brave que j'on chez no, paceque 
ai ne li aiveu pas bailler droit dans eune mé- 
chante effére de commune, Taivou qu'ai l'aiveu 
tort. Ai s'envint chez lu, ai Tentrée de lai 
neut, l'aivou qu'ai s'ai mis dans une coulare 
sans pareille. Ai crieu, ai jeureu, ai ribouleu 
des œils qu'ment ein matou ai qui an foule su 
lai quoue, ai frappeu les meubles d'aivou son 
bâton, ai peu ai finit po ly dire que si ai ne 
respecto pas son ruban rouge, ai li baro des 
queuts de bâton. Jeuli respect, monsieu le ré- 
dactou 1 ço bé sûr ein respect républicain. Ah l 
si teus les républicains sont qu'ment c'tuqui 
de Fouilly-les-Oies et peu qu'ment le not, le 
bon dieu f rait bé de ne pas en laiché tresi lai 
greinne. 

Extrait de U CâU-ffOr du ^ mai 1873. 



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LETTRE 

DE DODICHE BOIT-SEC 

Fouilly-les-Oies, 14 mai 1873. 
Citoyens, 

•'ONS li dans vot' jonau des tas de bêtises 
qu'écrivent deux farceurs — ï petit 
Dodo Piantamour et peu Tgroà Jean Delaicôte 
— po blaquer Tmaire de Fouilly-les-Oies et 
peu c'tu de Lapinville, qu'se ressennons tant, 
qu'çai doit être le même. 

On m'ai bé dit qu'on aivot d'ja bé relevai vot' 
Dodo et peu vot' Jean dans ein autre jonau, 
ma çai ne fait ran, ces gens lai sont enrégé et 
ça dans l'votre que j' vouro leu-z-y dire leu 
v'rités. 

Si vo sentes juste, vo-z-y insérerai c'te let- 
tre et y voiron bé, aiprès, si el euzons enco 
palai. 

Est-ce qu'on n'a pas bé libre d'aimai mossieu 
Robespierre, mossieu Félix Pyat, mossieu 
Tridon, mossieu Gailibardi. 

N'y en ai qu' dîsont que teu les goûts sont 
dans lai nature ; ai n'a don pas défendu d'ête 
béte. 



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— 227 — 

Poquoi qu'ai blagont c'pove maire ? Est-ce 
qu'ai leu-z-y fait du mau ? Est-ce qu'el a lai 
cause si les r'nouilles n'ont point de quoue ? 

Et peu, si les kioches le gênent, quoi qu'çai 
leu-z-y fait ? 

Son papa et sai maman — qu'e'teint pas de 
Beaune , potant, — ly ont baillé des airoilles 
qu'ment si el en étot... çai fait qu'el a bé pu 
gênai qu'no po le bru du carillon. 

Ai le blagont su son drapeau : 

Ai devreint pu tôt le remercié de Taivoi pris 
bon teint ; car, si le bieu allot s'effacer, et peu 
Trouge se détoindre, tout le drapeau vinrot 
rouge, et peu, après, ai criereint. Ai serot bé 
temps l 

Ai palons du défriché : Est-ce que ça d'sai 
faute si ai produire pu longtemps des r'nouilles 
et des iodo que des pommes de terre et peu du 
bièl 

Si ai ne veut pas de bon Dieu , vou bé si el 
en veut faire ein autre, el a bé libre, p'tétre ? 
Est-ce que nos ancêtres — ceux que no baille 
M. Littré — en aiveint des bon Dieu ? Mon vi- 
reli grand-père, qu'étot saivant, m'ai dit bé 
seuvent qu'el aivo entendu dire, que dans l'an- 
cien temps, en y aivot des peuples qu'adoreint 
des oignons, des carottes, des sarpents, des 
bétes (de not' temps an ne faut pas allé bé loin 
po en treuvai). Et ben, el a bé libre, ce brave 



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— 228 — 

maire, d'avoi ein bon Dieu ai sai faiçoa ; est- 
ce que teut le monde n'a pas libre en Répu- 
blique ? Prené gade qu'ai ne rende ein arrêté 
po dire qu'en y airai pu de bon Dieu du tô ? 
Qu'ai n'causeint pas tant, vo Dodo et peu vo 
Jean, vou bé y voiront l. 

Ai voureint p'téte que teut seu parfait ? Que 
lé conseillers municipaux seint fait au moule, 
teu bel homme et droit qu'ment des joncs? 
Quoi que d'vinreint alors les beussus et les 
todus ? Est ce qu'en n'y ai pas autant de ma- 
lice chez ein homme pa'ce qu'el ai l'sac po 
daré et lai conscience itou, que chez c'tu qu'a 
bé droit, bé fait, bé moulai ? Po en aivoi ran 
que dé qu'ment c'qui, faurot jare les qu'mandai. 

Vot' Jean dit qu'ai vouro que le bon Dieu 
ne laisse pas trézi lai graine de républicain, 
si le produit doit être qu'ment le maire de 
Fouilly-les-Oies et de Lapinville. Ai bé, ai ne 
seré pas écoutai, pac'que de teut temps dans 
le bié, l'orge, l'aivonne en ai vu poussé lai 
nèle, lai chadons, lai cheneuve, lai jargille. 

J'airo enco bé dé cheiise ai vo dire, par 
exemple, ai coté de not' maire premier y 
pourro mettre nof maire deux^ qu'na pas 
bitou. Ma y crain d'être treup long. 

Po fini, y me permettrai de vo dire, citoyen, 
que vo n'ai pas raison de tiré su note maire ; 
les anciens ne ne souvennent pas d'en aivoi 



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— 229 — 

VU ein paireil dans lai commune ; su ce point, 
Fopinion a générale. 

Et y pairi dix sous contre ein sac de pommes 
de terre du siège que si on veno ai le dégom- 
mai, qu'ment on ai fait de c'tu de Lyon, 
qu'jen ferein quéqu'cheuse teut de suite : ein 
conseiller d'arrondissement po le moins, de 
département p'téte bé. 

Vos deux blagueurs s'reintben ettraipai... 

En attendant ce moment qu'na p'tête pas 
loin, je vo salue bé, citoyen. 

DoDicHE Boit-Sec. 

Extrait de U CâU-éCOr da is nuû 1873. 



20 



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LAI CANDIDATUR 

SMTR' deux éCHELLKS 

Mossieu r Rédacteur, 

N vint d'me fare lire VBien public de 
dimanche damier. — Pov* Bien public \ 
vosliivez aivu, Monsieu TRédacteur, Ttoupet 
d'déculottai publiqu'ment son cher mami 
Tbaron Thénard, en consignant dans vot' jor- 
nal sai lettre en l'honneur de Galibardi et du 
grand Magnin, le grrrand marchand de pommes 
de tarre. 

Ouf!... Ouf 1... l'pôv' Bien public en a souf- 
foqué. et lev'lai que s'démeune ; que se r'varpe 
et qu'gigott* qu'ment ein diab' dans ein eaub'- 
nitier 1 Le v'iai dans son désespoir que pousse 
des soupirs ai fare torner des moulins ai vent I 

D'aiprès c'quai dit, c'a chez lu que s'treuve 
tô l'esprit, tô le bon sens, etc. On diro vrai- 
ment qu'sai çarvelle a-t-ein alambique, ousque 
se dissetille tô Tsens commun, ai l'usaige du 
département et au délai. Comm'ça lu meime 
que s'donne tojô ces compliments, cVa pas 
du tô contagieux, et on peut lu laissai c'te 
graine de consolassion. 



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— 23l — 

Ma y gna ein mot dans c'meime Bien public 
qu'mai ben intrigué. Y paraitro qu'y gna ai 
cotai du baron Thénard eine échelle de Vindi^ 
gnation, et qu'vos eites monté d'ssus c't'écheir 
lai, Monsieu T Rédacteur. 

Qu'a qu'çai veut ben dire, qui m'disos 
qu'ment çai? — Vos n'comprenez pas, que 
m'dit Tgrand Guiaud', mon voisin (ein malin 
allez c'tu lai, qu'ai tôt aippris dans son tour 
de France) ; ma c'a t-eine fleur de rétornique. 
Et ai mai expliqué c'que c'éto que c't'échelle 
de l'indignation sus laiquelle vos eites monté. 
• Y n'm'étonn' pus maintenant, Mossieu l'Ré- 
dacteur, que VBien public se dépoiche tant de 
dressai d'iaut* cotai d'son cher protégé eine 
échelle ben pus grande que l'ai vôtr', l'échelle 
de l'admirassion ! et quai grimpe si lestement, 
qu'ment ein singe jusqu'sus l'darnier échelon. 
C'a d'iai hiaut qu'ai nos fait dés grimasses, ai 
nos aut* paysans, po nos aimusai. Ai voudro 
ben nos fare grimpai tousses près de lu sur son 
échelle d'admirassion. Ma beurniquel pas si 
beites, les paysans ! J'ons aissez d'Galibardiens, 
d'Magnins et d'comédiens! J'n'avonspas envie 
de signai aiveu le Bien bublic lai lettre de 
Brème. Qu'ai reste donc tô seul sus son 
échelle d'admirassion ! 

Quant ai son bijou , son chéri , l'ami de 
Galibardi et de Magnin, le baron Thénard, 



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— a3a — 

j'iui souhaitons bien sincèrement d'restai long- 
temps entr' les deux échelle, ousque que l'ai 
couché le Bien public^ po m'sarvir de sai fleur 
de rétornique, vou ben, qu'ment j'disons sans 
fleur dans not* jargon (sous vot* respect Mos- 
sieu le Rédacteur),' entre deux selles le c... par 
terre l 

J'ai ben l'honneur, Mossieu le Rédacteur, de 
vo tirai mai profonde révérence. 

Le paysan, Nono Passot. 

Extrait de k Céte^Or du ao itimer 1876. 






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Mon brave Moussieu, 

^iMANCHB aipré vêpre, y étaîn cin vou six 
ai no creusai lai tête, pourquoi don 
V Progrès aivo chaîngé sai gairniture : 

« Ma ! dit not* Simon, du noir, du sale, du 
bieu ! Ça bé sur aifin d'potai Tdeuil de Tote 
patron Voltaire, qu'éto un sale patissié, ai 
c'que tô l'monde dit, un naquou d'Prussien 
qu'ai velain resuscitai loo an aipré sai mor : 
Céto trô d'ovraige ! ai se sont évaulai sans en 
veni ai bout. Les raibéti l ai l'airain bé du s'en 
doutai, z'eux qui no chante to les jor que 
quand on a mor on a bé mor I » 

L'Laâeur qua-t-un saivah lu, qu'ai fait ben 
des écoles, n'airopas enco déclaiquai les dents : 
tô d'un cô ai dizi ; « Y me r'mémoire eune 
chose : Bismarck aippeule les journalisse qui 
traveillant po lu, ses bêtes d'encre^ dé sale bête 
noire qu'aivon du sale venin por aibimai tote 
les bonne gens ! 

VProgrès en a-t-une de ces bêtes-lai vo 
l'saivé!... 

— Ma ! pourquoi le bieu ? 

— Ti parmi ! père Jeannot, pouquoi ! ma si 
tote no bête sont marquées ai note nom, Bis- 

20. 



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— 234 — 
marck fait de même : ai Ta trop malin po 
n'pa marqué les sennes ai sai couleur, qu'a 
Tbieu de Prusse, de sote que quand ses com- 
mis passeron ai pourron requeneutre c'té 
d'Dijon, et ai liron teu quemant si c'étot écrî 
su Tdos du Progrès : 
« Bête d'encre d'Birmarck 1 » 

Un Françai de lai Valamon 
commungne de Grobô. 

EaMatt du )ouniâl U Caiboltfm du 8 juin 1878. 




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*l^rlflr^l»$f4|lr<^lf4$l><4i'«$r«$r«^^ 



T^A'BLE 



A M. l'Réconteu po mettre en sez anales, 

. 28 février 1866 i83 

Ai M. le Rédigea de lai Gazette de Dijon, 

20 juin 1824. Sur la rivière de Sui^on* 11 
Ai M. rimprimeu dé Petignôtes-Aiffiches 
de Dijon, 2 juillet 1824. Sur le tombeau 

de Chindonax i3 

Au Mate du journau de Biane, par Jean le 
Boichou, mai i865. Réponse à lé luméro 

dé maison de Béasne 102 

J. Chaingenai veigneron de lai côte ai Simon 
Peulson , 26 janvier 1849. 
Lettre politique Sy 

— es citoyennes fannes et filles, 

mai 1849. "^ l'occasion des 
élections de mai 184g ... % 64 

» au père Marcillet charreton ai 
ChamboUe, 16 novembre 
1849. Lettre politique 68 

^ au même, août i85o. Sur le se- 
jour à Dijon du Président de 
la République 94 

— ai son aimin Cola Mauretapai 

de Geméa, juin 1S71. Sur les 
élections du 2 juillet 1871 . 21 3 
Chanson composée ein pechô devan lé ve- 
nonge de i8i3, par Bezard 7 



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— ^36 — 

Discourt de J. Chaingenai ai se fraire de la 
Bregogne, décembre 1848. Sur l'élection 
du Président de la République 33 

Discussion entre Jaiquemard, Jaiquôte sai 
fonne et Jaiquelinet lôte gaicenô, 3 sep- 
tembre x835. Sur l'établissement du télé- 
graphe aérien 16 

L'Ecueulié et lai Cancoire, fable par Dodo... 
août i85o 90 

Ene Ospiulitai ai Br....d, par Fric, 28 no- 
vembre i865 167 

Lai Candidateu entr* deux échelles, janvier 
1876. Au si{jet des élections sénatoriales • 23o 

De lai loi des écrevisses, par J. Chaingenai, 
juin iSbo.Sur la loi électorale 74 

Lai trinité infernale^ vou simple discours de 
Jean Chaingenai, 24 avril 1849 ^^ 

Lé Bian, chanson patriotique, août i85o • . 87 

Lé luméro dé mason de Béasne, par Friquet, 
3o avril i865 . . . ' 99 

Lé rouge et lé bian, vou simple discour 
de J. Chaingenai ai se fraire veigneron et 
labourei, 7 avril 1849 5i 

Lettre au Rédacteu de la Gazette de Bour- 
gogne au sujet de la Discussion entre Jai' 
quemard, 9 septembre i833 20 

Lettre au Rédacteur du Ca/Ao/f^v^, juin 1878. 
Sur la peinture de la devanture de la bou' 
tique du Progrès 233 

Lettre au Rédacteur du Courrier de la Côte" 
d'Or, 27 octobre 1839. Au sujet des élec- 
tions législatives du 26 octobre 18 3g* . . 26 

Lettres (2) au Rédacteur du Journal de la 
Côte-d'Or, au sujet de Vouverture de la 
porte au Fermerot, i5 mai 1841 28 



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— 237 — 

Lettres d'Ararius au Caousou de la Publicité, 
i3 et 20 juin i865. Sur le comice de 
Beurre ii8, 126 

Lettre du même à Friquet, juillet i865. 
Sur la chute du pont de Seurre 139 

Lettre d'Athaline au Babilla de lai Publicité, 
juillet i865. Sur la foire des moissonneurs 
à Mirebeau 144 

Lettre de Dodiche Boit sec, 14 mai 1873. 
Réponse aux lettres de Dodo Plantamour 
et Jean Delacote 226 

Lettre de Casquencuivre au Babilla de lai 
Publicité, 1 8 août 1 865. Sur la fête des pom^ 
piers de Gevrey i5i 

Lettres de Cque vo véréai mossieuPécrivain 
de lai Publicité, 6 et 18 juin i865 . . 11 5, 121 

Lettre de Chaingenai au rédacteu du Jour" 
nal de la Câte^d'Or, 24 septembre i838. 
Sur l'arrêté du maire de Dijon concernant 
Véchenillage 23 

Lettre de Mimi Creupia ai Jean Chaigenai, 
16 juillet i85o. Lettre politique 80 

Lettre de Mimi Crépia ai mossieu le rédac- 
teu du Progrès, 28 juin 187 1. Sur les éleC' 
tions du 2 juillet i8ji 2i5 

Lettre de du Ligneu à m'sieu Pcaosou de 
lai Publicitai, Bouilland, 26 octobre i865. 
Sur la fête de saint Crépin. . 164 

Lettre de Coco Fieury au rédactou du Pro» 
grès, 17 février 1870 201 

Lettre de Fric ai m'sieu TBabilla de lai Pii- 
blicité, des 8, 28 février et 8 avri 1 1 866. 1 8 1 , 1 86, 1 92 

Lettre de Friquet au Caousou de la Pm- 
blicité, 6 mai i865./it- 
vitation à la fête de 
Gevrey, .•..•..• io5 



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— 338 — 

Lettre de Friquet du 22 mai z865. Sur les 

Baunois m 

— juillet 1865. Sur la fête 

des chevaliers dijon* 

nais i3o 

— 9 juillet i865 ...... iSy 

— 28 juillet i865. Sur la 

chute du pont de 
Seurre 146 

— 3 septembre i865. Sur 

Vaivi ai tô lé billa, • 1 54 
.— 18 septembre i865 . é . iSg 

Lettre de Dodo de lai Côte au rédacteu du 
Progris f mai 1870. Sur le plébiscite, . . • 208 

Lettre de Jean Delacôte ai mossieu le ré- 
dactou de \2l C6te-d*Or, 18 avril 1873. . . 222 

Lettre de Leatenan ai m^ieu Fric, 20 dé- 
cembre i865 174 

Lettre d^un Lisou aiffaimé de M. Bisonnet, 
à rimprimeu de lai Publicitai, mars 
1866 188 

Lettre de Loupie à m'sieu Tcaosou de lai 
Publicité, i8 octobre i865. Sur le miracle 
de Varois 161 

Lettre de Nue n'si frôte à M. TBabilla de lai 
Publicité, 25 décembre i865. Souhaits de 
bonne année. 177 

Lettre de Zizi Panpan ai mossieu du jour- 
nal le Progrès, mars 1870 '• 2o5 

Lettre de Pierrette à m'sieu Fric, 8 février 
1866 179 

Lettre d'un Pleumerou ai monsieu de lai 
Preunelle, 18 mai, 4, i3 juillet et 4 août 
i865 109, i33, 140, 149 



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— 239 — 

Lettre de Jean Tiercelet ai monsieu le redi- 
jou de lai Gazette de Dijon, 14 septembre 
1869. Sur le chemin de fer de Chdtillon à 
Besançon 1 96 

Pièce de vers, par Brisonet, 6 décembre i865, 
en réponse à la ville de Z){;on,parAristar« 
que, publiée dans la Publicité du 3o no- 
vembre i865 171 

Qu'a qu'ça qu'ein maire républicain? par 
Dodo Plantamour, mars 1873 ai 8 

Qu'man Tmaire de Tailan s^gaussi d'ein 
gausseu, mars 1866 190 

Remontrance de Jean Chaingenai es repré- 
sentan républicain peussif^ dits modérés, 
22 février 1849 4^ 

Ronde des vendanges, septembre i865. . . . i56 

Tanay, par Fric, 28 mai 1866 193 

Vive le Présidian! Chanson, août x85o. . . 93 



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le $ juin 1880 




PAR 



DARANTIERE, IMPRIMEUR 



A DIJON 



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